Le 14 juillet 1789, au lieu de prendre la Bastille, si les Français avaient été voir le feu d’artifice, on en serait déjà à Louis XXII. Bah ! oui.
Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère :
l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Occupation préférée : la lecture. Rêve de bonheur : passer ma vie
auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le
bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
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Il y a actuellement 1 curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
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Quoi qu'il en soit, soyez les bienvenus, je vous souhaite un doux moment en ma compagnie.
Antinoüs
Si vous aimez ce Sanctuaire, visitez aussi Le Temple d'Hadrien, mon empereur bien-aimé.
Le 14 juillet 1789, au lieu de prendre la Bastille, si les Français avaient été voir le feu d’artifice, on en serait déjà à Louis XXII. Bah ! oui.
Etait-il possible de se réveiller à ce point excité ? L’érection de mon pénis devenait un supplice comme si j’étais resté ainsi toute la nuit. Mais... c’était le cas, réalisais-je soudain en prenant mes repères et en réalisant que j’étais dans le lit de Damien. Je m’étais mis totalement nu, et le contact sur ma peau de ses draps imprégnés de son odeur me rendait fou. Je m’y frottais, en pensant que lui-même s’y était enveloppé et s’y envelopperait le soir-même.
Comme je l’ai raconté précédemment, j’ignorais tout de l’art de la masturbation, j’aimais me caresser, mais les seules éjaculations dont je profitais se produisaient dans mon sommeil. Je ne pouvais donc que constater, ce matin-là, la dureté de mon engin, collé inexorablement à mon ventre, en me demandant comment j’allais pouvoir me montrer à mon beau mitron sans qu’il ne s’aperçoive de mon émoi. J’étais dans sa chambre, tandis que, lui, dormait dans le canapé-lit du salon. Pour le rejoindre, une seule solution : bien serrer tout ça dans la ceinture de mon jean.
Je passais la tête par la porte :
- Tu es réveillé ? demandai-je timidement malgré l’évidence de la chose
- Oui, tu vois, je regarde la télé, y a des dessins animés. Viens, c’est Batman, m’invita-il en soulevant la couverture.
Il ne portait qu’un caleçon et la façon dont il était à-demi allongé, calé contre les oreillers, mettait en évidence des abdominaux impressionnants qui me faisaient ressentir encore plus douloureusement l’étroitesse de mon jean. Je m’apprêtais à me glisser près de lui, lorsque je surpris son regard étonné : « Bah ! Enlève ton pantalon, tu seras mieux ! »
Je ne pouvais refuser sans avouer mon état qui semblait vouloir devenir permanent. Je commençai donc à déboutonner ma braguette, le plus lentement possible, en m’efforçant de songer à des choses désagréables, la prof d’anglais, le brevet à la fin de l’année, les révisions avec Damien, les révisions avec Damien en caleçon... Rien à faire. Je baissais mon jean, regardant mes pieds et priant intérieurement pour que mon ami soit déjà absorbé par les fantaisies du Joker. Mais je n’eus pas besoin de relever beaucoup les yeux pour m’apercevoir qu’il regardait mon caleçon former une bosse énorme écrasée contre mon bas-ventre. Il rit et me demanda pourquoi je bandais comme ça. Je lui répondis que j’avais rêvé toute la nuit d’une camarade de classe et que je n’arrivais pas à me débarrasser de ça. « Si tu veux, tu peux te branler dans mon lit si tu n’en mets pas partout. Ou alors, va faire ça aux chiottes. » Je m’empressais de refuser tout net, prétextant la gêne que je ressentais en sachant ses parents en-dessous, au fournil et à la boutique.
Je ne dormais pas souvent chez lui, mais les quelques fois où ça arrivait, l’intimité où nous nous trouvions mettait complètement mes sens ainsi en alerte. J’avais l’impression d’en perdre la tête, jamais encore mes hormones ne m’avaient travaillé à ce point. Toute situation de contact plus ou moins rapproché avec Damien me causait un émoi qui aurait pu faire défaillir un garçon encore plus fragile que moi.
Au printemps, mon ami eut une fameuse idée : transformer le grenier, entrepôt à farine, qui n’était plus utilisé pour des raisons d’hygiène, en un loft que ses parents nous abandonneraient sans contre-partie. Son père trouva l’idée fantastique : de toute manière, il devait faire nettoyer ce grenier, et il trouvait là une main d’œuvre motivée et non syndiquée : « Le grenier est à vous, à la condition qu’on ne puisse plus y trouver le moindre instrument rouillé, que vous ne vous blessiez pas, et surtout que vous me débarrassiez de la moindre particule de farine ! » Le contrat nous semblait tout à notre avantage.
Nous déchantâmes très vite en découvrant un grenier... tout blanc ! Damien m’expliqua qu’on aurait dû s’y attendre car son père lui avait raconté qu’autrefois on livrait la farine au boulanger, non dans des sacs aux normes françaises comme aujourd’hui, mais en la déversant directement dans le grenier par une sorte de lucarne qui donnait sur le marché. Je commençais à me dégonfler en imaginant l’ampleur du travail à fournir, lorsque Damien me dit :
- Tu vois, là, dans le coin, on mettra notre lit : mes parents vont racheter bientôt un canapé, ils nous donneront sans problème le canapé-lit du salon.
- Notre lit ? m’étonnai-je.
- Bah, oui, à moins que tu préfères qu’on dorme par terre ! Je n’avais pas songé que lorsque Damien et moi passerions nos week-end dans notre appart’grenier, nous coucherions dans le même lit. Cette pensée me donna des ailes, jamais je n’avais balayé, essuyé, frotté, porté de tels poids avec une telle vigueur. Bien sûr, par moment, l’idée, fugitive comme une brise, que ce que je ressentais pour Damien était une manifestation homosexuelle, me traversait le crâne, mais je la repoussais hypocritement en me disant qu’il était mon meilleur ami et que tout ce que j’éprouvais pour lui n’était qu’une affection particulière et puissante.
Ces moments d’allégresse étaient régulièrement vaincus par de profonds abattements, comme lorsque Damien m’expliqua, alors que nous en étions à notre troisième jour de ménage, le code que l’on mettrait à la porte, ou plutôt à la trappe, lorsque l’un ne voudrait pas être dérangé par l’autre.
- Comment ça ? demandai-je naïvement.
- Ben, tu veux pas rester puceau toute ta vie, hein ? Notre loft, il va nous servir à y ramener des filles. Par exemple, si tu débarques alors que je ne suis pas seul, tu vas tout gâcher.
Je repris mon balayage en silence. Au bout de quelques minutes, je déclarai à Damien que tout ça me gonflait, qu’on n’aurait jamais fini et que je me voilais la face. Je parlais de l’aménagement du grenier. Je crois. Mon ami, stupéfait, me regarda partir : rarement avais-je manifesté l’envie de rentrer chez mes parents aussi prestement. Je ne sais pas combien de temps je passai à pleurer dans ma chambre toutes les larmes de mon corps. J’ignorais, ou plutôt je croyais ignorer, la raison de mes pleurs. Des pleurs qui ressurgissaient de plus en plus fréquemment à mesure que les mois passaient.
Quelques jours avant le brevet, nous fûmes invités à l’anniversaire de Sandrine, une camarade de classe qui organisait une boum, comme on disait alors, dans le garage de ses parents. Comme toujours, dans ce genre de circonstance, j’étais assez mal à l’aise : je détestais danser, hormis les slows, me sentant embarrassé de mes bras qui me semblaient s’allonger de dix mètres à mesure que la musique incitait de plus en plus aux mouvements. Je n’étais pas jaloux de voir Damien danser avec des jolies filles : il me semblait encore aller de soi que seules deux personnes de sexes opposés pouvaient danser ensemble. En revanche, je ne pouvais observer les parties de son corps qui entraient en contact avec la demoiselle choisie, sans m’imaginer ce que celle-ci ressentait. Si j’avais pu savoir, dans c’est moments-là, que quelques heures plus tard, je serais physiquement plus proche de Damien qu’aucune de ces filles ne l’avait été tout au long de la soirée !
A cause des garçons, Flashdance, Reality ou encore Vamos a la playa s’enchaînèrent. Alors que les derniers invités s’en allaient, attendus pour la plupart par leurs parents, Damien et moi aidions Sandrine à ranger, puisque nous avions convenu de dormir chez elle après la fête. A une heure où il n’est plus possible de déterminer s’il est tard ou tôt, elle nous conduisit à une chambre d’amis, dans laquelle se trouvait un unique grand lit : « J’espère que ça ne vous dérange pas de dormir ensemble ? » interrogea-t-elle, par convenance. Aucun de nous deux ne protesta.
Enfin seuls, nous nous déshabillâmes et fûmes amusés de constater que nous portions un slip identique de la marque Athéna. Ce serait notre seul pyjama pour la nuit. Epuisé, je ne me vis pas m’endormir. Je fis un rêve étrange : nous étions encore en plein rangement du garage de sandrine, lorsque les immenses enceintes que j’essayais de débrancher me tombèrent dessus. J’étais étendu sur le dos, écrasé par le poids d’un de ces monstres qui continuait à déverser sa musique. Puis la musique devint respiration. Et je me réveillais. J’attendais que mes yeux s’habituassent à la semi-obscurité afin de comprendre comment il était possible qu’une enceinte soit réellement posée sur moi, car je ne rêvais plus !
Mes idées et ma vue s’éclaircissant, je constatai qu’en fait d’enceinte, c’était Damien qui était couché sur moi, profondément endormi. Nous étions ventre à ventre. Ou presque : ses cuisses enserraient une des miennes et ses cheveux me chatouillaient le menton. Comme il était lourd ! Le sang me montait aux oreilles. Si mon cœur n’avait pas été ainsi comprimé, il se serait sûrement décroché de ma poitrine tant il s’emballait. Croyant le faire se déplacer un peu afin que je puisse respirer, je remontai mon genou entre ses cuisses, l’obligeant dans son sommeil à les écarter. Mon sexe, en durcissant, s’était coincé douloureusement contre ses abdominaux, et je finis par réaliser qu’il bandait aussi : je sentais son membre, comme une matraque, écrasé contre le haut de ma cuisse. Je devinais que son slip ne le contenait plus et que son gland, nu et brûlant, était appuyé sur le pli de mon aine. Il dormait. J’aurais pu accomplir tout ce que je désirais depuis de longs mois. Je m’imaginais promener une main sur son dos et caresser ses fesses. Il n’en saurait jamais rien ! Mais je me l’interdis. Il se disait mon meilleur ami, et s’il dormait ainsi à poings fermés, c’est qu’il avait une totale confiance en moi. Comment aurais-je pu abuser de la situation et le regarder en face le lendemain ? Nous restâmes ainsi durant des heures ; la frustration et le poids de Damien avaient beau m’étouffer, je ne pouvais me résoudre à écourter ce pur moment d’extase qui ne se reproduirait peut-être jamais. Plus tard, lorsque je découvrirais l’histoire du supplice de Tantale, je me souviendrais immédiatement de cette aventure.
Le lendemain, j’étais d’humeur joyeuse : je me sentais terriblement fier de moi, capable de résister à mes plus fortes pulsions. Cette joie ne dura pas.
Passé le brevet, que nous obtînmes de justesse pour n’avoir pas révisé sérieusement, il fallait décider une fois pour toutes de ce que nous allions faire l’année suivante. J’avais les résultats suffisants pour aller en classe de seconde générale, ce qui correspondait au parcours logique, puisque mon professeur de français, que j’avais depuis la 4è, m’avait déjà suggéré ma vocation : je voulais faire comme lui, à défaut de devenir dessinateur de B.D. et de dessins animés, rêve futile et sans consistance, comme me l’avait expliqué ma mère le jour où j’avais essayé de lui parler des studio Disney implantés en France... Pour Damien, c’est une toute autre voie qu’il choisit : il opta pour une BEP-CAP hôtellerie, à quelques kilomètres de là, car il se voyait déjà comme un grand cuisinier de renom.
Notre séparation semblait par conséquent inévitable. A moins que je ne concède à commettre une folie.
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