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Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère : l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Mon occupation préférée : la lecture. Mon rêve de bonheur : passer ma vie auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Mon animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
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Il y a actuellement  4  curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
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Quoi qu'il en soit, je vous souhaite un agréable moment en ma compagnie.
Antinoüs

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Jeudi 18 octobre 2007
Suite à la victoire des rugbymen français contre les Néo-zélandais (vous savez, ces espèces de gorilles ridicules qui commettent une danse de la pluie avant les matches pour faire mourir de [rire] peur leurs adversaires), j’ai offert à Hadrien le fameux calendrier Les Dievx dv Stade, mouture 2008. Tous les prétextes sont bons : s’ils avaient perdu, je l’aurais acheté quand même. Par compassion et/ou patriotisme. 

Bref, me voici en mesure de vous infliger la critique du produit, puisque personne ne me le demande. Cela se fera sans photo à l’appui, par souci du respect des droits d’auteur et parce que je ne désire pas me poser en contrevenant et me retrouver en prison où mes codétenus ne pourraient résister à la tentation d’abuser de mes charmes. Quoique. Mais revenons, à nos moutons imberbes et tout en muscles. Je dois admettre que ce calendrier m’a déçu, dans l’ensemble. Je vous en propose un résumé, page par page, afin de vous expliquer pourquoi. Prenez votre exemplaire et suivez-moi. 

La couverture recto, tout le monde l’a vue. Le photographe, Steven Klein, a été bien inspiré en jouant sur l’éternel fantasme de l’homme attaché (avec des chaînes, qui plus est) à la merci du premier geôlier sadique venu. Ca donne envie d’acheter. Pourtant, un indice devrait nous faire hésiter. Pourquoi, dans ce triangle que forment les points de l’Apollon et les menottes, n’apercevons-nous pas ses attributs qui le distinguent d’un bœuf ? (N.B. pour les nuls en zoologie, un bœuf est un taureau émasculé.) Rien ne devrait empêcher notre œil de capter le centre de gravité de l’individu si ce n’est un trucage photographique, peu subtile, puisque chacun admettra d’emblée qu’il y a trucage. Mais, bon, on se dit que c’est pour la couverture, pour éviter le déchaînement des associations de la protection de la famille, de l’enfance innocente et de la morale judéo-chrétienne. Queue nenni ! 

Du 1er au 15 janvier, Mirco Bergamasco dévoile des fesses qui seraient tout à fait appétissantes si elles n’étaient pas trop imberbes. Par « trop », j’entends que l’absence même d’un simple duvet donne à ce pourtant joli cul un caractère esthétique, peut-être, mais pas érotique pour deux sous : on dirait soit du plastique bien lissé, soit de la femme, voire (pire) de l’enfant. Il est face à un miroir et on devrait donc voir si lui est un bœuf ou un taureau. Pas du tout ! Devant le dit miroir est posé un buste de femme manchote dont le moignon d’épaule cache la vérité du beau Mirco à la chevelure d’ange. Remboursez ! 

Du 16 au 31 janvier, Marcelo Bosch, un Schtroumpf (si, si, il est tout bleu. Ou alors, il a très froid.) tient dans une main (une seule) ce qui est censé agrémenter le haut de ses cuisses. Là encore, entre ses doigts, nous devrions distinguer ne serait-ce qu’un début de scrotum. Là encore, trucage gros comme une maison : dans sa main, rien qu’une grosse tache noire. Remboursez ! 

Du 1er au 15 février, Sergio Parisse a abusé de l’équitation. Il se tient debout, les jambes exagérément arquées que c’en est ridicule. Comble de l’originalité : il dissimule la preuve de sa virilité derrière un ballon de rugby. Pourquoi est-ce que personne n’y avait pensé avant ? Petit plus : la photo étant prise en contre-plongée, on devine un peu ses fesses côté périnée. Bon, c’est déjà ça. 

Du 16 au 29 février, c’est Gildas Moro qui s’y colle. On ne peut pas l’accuser d’essayer de prouver quoi que ce soit quant à sa virilité : une simple chaîne (très fine, une chaînette pour ainsi dire) suffit à dissimuler complètement son pénis et ses bourses. A se demander s’il y a vraiment quelque chose derrière les petites mailles. 

Une page bonus nous montre Loïc Jacquet, serrant des petites fesses sympa grosses comme mes poings, en train de filmer Pierre-Emmanuel Garcia qui lui dissimule les objets de sa gloire masculine en le regardant d’un air hébété, genre : « Eh ! Oh ! Tu me filmes alors que je ne porte que des chaussettes, vilain ! Hi ! Hi ! Hi !. Notons que Pierre-Manu, s’il a une belle gueule, est trapu comme un haltérophile monomaniaque. Y en a qui aiment, pas moi. 

Du 1er au 15 mars, David Skrela a accepté de poser pour une photo si originale qu’on se la mettra dans les anales : il est debout, de face, et cache son entrejambe avec un ballon de rugby. Bon, certes, ses pieds sont enchaînés, mais ça fait très « détail ajouté à la dernière minute, sinon la photo va ressembler à mille autres. » 

Du 16 au 31 mars, on sombre dans le cliché risible : Vincent Clerc, huilé à mort, coiffé sixties, enjambe une grosse moto. Sans commentaire. 

Du 1er au 15 avril, enfin une photo réussit ! Non, ce n’est pas un poisson. Miguel Avramovic dévoile ses fesses sous trois angles différents grâce à un ingénieux jeu de miroirs. Il semble vouloir étreindre la glace face à lui, tel un Narcisse désespéré devant sa propre beauté. 

Du 15 au 30 avril, Loïc Jacquet a accepté de poser pour une photo si originale qu’on se la mettra dans les anales : il est debout, de face, et cache son entrejambe avec un ballon de rugby. Bon, certes, il tient des éclairs en fer forgé dans son autre main, mais ça fait très « détail ajouté à la dernière minute, sinon la photo va ressembler à mille autres. » Vous trouvez que je me répète ? Ce calendrier aussi. Remboursez ! 

Encore une page bonus : Nicolas Jeanjean, de face, se fait filmer par une caméra numérique dont le petit écran de contrôle dissimule à notre vue... devinez quoi ? Tout juste ! Cependant, on devine le contour de son scrotum !! (Aaah !) Nicolas n’est pas mal, la photo n’est pas mal, mais l’écran de la caméra est vraiment petit. Minuscule. Que c’en est décevant. Mais, bon, c’est un rugbyman, pas un acteur de X. 

Du 1er mai au 15 mai, Guillaume Boussès fait des pompes, exposant des fesses très sympa, rondes à souhait, poilues juste ce qu’il faut pour être excitantes et laissant deviner une légère chair de poule. Pour mon anniversaire, je ne serai pas déçu, donc. 

Du 16 au 31 mai, Thomas Combezou s’exhibe dans une peau d’ours des pyrénées. J’ai cru reconnaître Cannelle et son petit. Si les rugbymen se mettent à faire la promo du port de fourrure, faut pas s’étonner que le monde aille si mal ! Point fort de la photo : Thomas n’est pas épilé, enfin un homme, un vrai ! 

Du 1er au 15 juin, Christophe Dominici fait plaisir aux amateurs de « Bears. » Il en faut pour tous les goûts. 

Du 16 au 30 juin, un hommage au mime Marceau ou au moonwalker de Jackson, sans doute : Clément Poitreneau fait semblant de marcher pour dissimuler la seule chose qu’on attend depuis janvier. Ca se voit qu’il fait du sur-place. Détail : il porte un ballon de rugby, c’est important. 

Un page bonus : Ignacio Corleto porte un slip. Intérêt ? Remboursez !! 

Du 1er au 15 juillet, il est blond, il est beau, c’est Jean Monribot. Il est de face, en contre-plongée. Déception n° 1 : son annulaire et son auriculaire suffisent à camoufler ses outils. Déception n° 2 : ses poils sont bruns (il y a tromperie sur la marchandise). 

Du 16 au 31 juillet, Arnaud Mignardi et Pëïo Som, enchaînés l’un à l’autre par la cheville, s’affrontent (ou s’apprêtent à se rouler une pelle, j’hésite). Arnaud à un cul superbe, bien arrondi, bien duveteux. Hélas le photographe devait être bourré, le cadrage est raté, Peïo est coupé : il a pas de cul, au sens propre comme au figuré. Toutefois, il s’agit d’une des rares photo réellement plaisantes du calendrier. 

Du 1er au 15 août, Dimitri Szarzewski (à retenir pour le Scrabble) porte un slip et a été maquillé au point de ressembler à Ken, l’ex de Barbie. Passons, je n’ai pas envie d’être méchant. 

Du 16 au 31 août... Aaaaah !! Matthieu Nicolas, beau comme un dieu, dégoulinant de sueur, se masturbe et prend visiblement son pied. Dommage, ce qu’il est en train de secouer est masqué par une statuette qui est malencontreusement placée devant lui. Comble de la malencontreuseté : la statuette représente une adolescente ramassant des fleurs avec un enfant en bas-âge. A moins d’être pédophile, ça rompt le charme. Matthieu, si tu me lis : à l’occasion, refais d’autres photo avec un artiste aux fantasmes moins douteux. 

Une page bonus, encore (au prix du calendrier, 28 euros TTC, c’est la moindre des choses) : le beau Julien Arias est allongé sur le dos, sur une glace, et soulève ses reins, ce qui permet de découvrir le reflet de ses muscles fessiers tendus au maximum. Très plaisant. On regrettera qu’il ait piqué les éclairs de Loïs Jacquet : détail saugrenu qui n’apporte rien à la photo. 

Du 1er au 15 septembre, Juan Martin Berberian est livré à nos regards, poings enchaînés à une grille. Il est très bien foutu (pas trop musclé) et le cadrage laisse voir la base de son pénis (petite queue grise dont on serait curieux de voir la suite) et l’attache de son scrotum. Evidemment, vous l’aurez compris désormais, il y a un détail qui vient tout gâcher : JM s’est fait maquiller et coiffer à outrance jusqu’à ressembler à un chanteur de pop française des années 80 (genre ceux qui n’ont fait qu’un tube). 

Du 16 au 30 septembre, Geoffroy Messina (c’était lui l’Apollon de la couverture) a accepté de poser pour une photo si originale qu’on se la mettra dans les anales : il est debout, de face, et cache son entrejambe avec sa main (même pas un ballon de rugby). Et cette fois, il n’y a même pas un détail qui vienne faire genre « ajouté à la dernière minute, sinon la photo va ressembler à mille autres. » Mais, il faut l’avouer, Geoffroy se suffit à lui-même. 

Du 1er au 15 octobre, Julien Fumat, un bel éphèbe, peut-être le plus beau mec du calendrier, est allongé sur le dos, dans l’herbe. Au-dessus, Pau-Djibril Camara, jambes écartées de part et d’autre de Julien lui pose un long miroir sur le pubis, ce qui permet d’admirer le délicieux jeune homme sous deux angles différents. La photo est recherchée : le miroir et un chemin de graviers forment une croix verte et ocre, le tout procurant une impression de vertige. A moins que ce soit le superbe Julien (je vous ai dit qu’il a un corps et une gueule de rêve ?) qui induise cet effet. Bref, une photo très réussie pour ma fête ! 

Du 16 au 31 octobre, Mauro Bergamasco, un Schtroumpf (encore un), gras, frisé et portant une cape (!), n’offre aucun intérêt, sinon faire regretter la première quinzaine d’octobre. 

Une page bonus, et une ! Thomas Bartoloni jouit d’un corps magnifique, avec des poils juste ce qu’il faut de bandant. Hélas ! on ne voit que sa coiffure à la Star Académicienne qui donne l’impression qu’il a la tête pansée avec ses propres cheveux ! Il faut pendre par les c... le coiffeur qui a fait ça ! 

Du 1er au 15 novembre, Rémi Martin, debout, de semi-profil, aux cuisses et aux jambes rasées de trop prêt que ça en a un côté féminin réfrigérant, ne présente aucun intérêt. Comment ça ? Moi, « lapidaire » ? Bon d’accord : Rémi Martin a de superbes cheveux blonds comme je les aime et un beau visage. 

Du 16 au 30 novembre, Denis Dallan porte une capuche genre « racaille » et éclipse son entrejambe avec... un ballon de rugby (trop fort le type qui a imaginé un truc pareil !) Décidément, ce début d’automne va être difficile. 

Du 1er au 15 décembre, l’Italien Matteo Pratichetti fait la gueule. Vraiment, ça donne envie de tourner les pages du calendrier. Faut dire aussi que Steven Klein aurait pu le prévenir qu’il allait le photographier avec un bonnet de bain sur la tête ! Ah, bon ? Ce sont ses cheveux ? 

Du 16 au 31 décembre, on finit l’année en beauté avec les sublimes Thomas Bartolini et Julian Hans (un visage d’angelot) qui s’affrontent tels des lutteurs de la Grèce antique. Ils ne semblent pas détester ce corps à corps, la lutte suggèrerait presque une étreinte amoureuse. Pendant ce temps, Romain Raine n’en perd pas une miette avec sa caméra qu’il ne va pas tarder à lâcher pour aller les rejoindre (si, si, j’en suis sûr.) Bref, une belle photo qui suggère des galipettes à trois. 

Dernière page bonus : Nicolas Jeanjean, debout, statique, avec un éclairage dégueulasse façon tunnel routier. Sans intérêt. 

Page des crédits : encore une photo du beau Guillaume Boussès qui nous montre encore ses jolies fesses mais, cette fois, par devant (il est accroupi et pris en contre-plongée.) Petite curiosité : ses attributs mâles sont, bien entendu, dans l’ombre (ombre provoquée par un bois de cerf !), mais devraient pendre et dépasser de la ligne de ses fesses. Mais... rien ! Guillaume aurait-il été victime d’un très gros accident de mêlée ? 

La couverture verso : un blond très bien foutu que je ne reconnais pas (Jean Monribot ?), face à quatre mecs de dos qui présentent des paires de fesses dont une seule est à croquer (celle surmontée d’un tatouage). 

En conclusion, vous l’avez compris, j’ai trouvé ce calendrier très décevant : il est parfois inesthétique, souvent insipide et presque jamais érotique. Un calendrier pas gay du tout, cette fois-ci, que les dames pourront acheter sans rougir. Pour être sûr de ne pas me tromper, l’année prochaine, j’offre à Hadrien le calendrier de Bel Ami !

 

par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Jeudi 21 juin 2007

Il y a tellement de choses que vous ignorez encore à mon sujet ! Savez-vous, par exemple, que je suis subjugué par les minéraux et que je les collectionne ? Non pas pour leur valeur pécuniaire – je vous entends penser, bande de mauvaises langues cupides – mais pour leur beauté. Depuis peu, je m’intéresse aussi à leurs propriétés médicinales ou mystiques, ayant découvert que des civilisations passées (asiatiques notamment) leur attribuaient certaines vertus. Evidemment, j’étudie tout ça d’un œil cartésien et d’un autre amusé (mais bleus tous les deux). Je vous présente aujourd’hui trois joyaux de ma collection. Les photographies sont d’Hadrien. 

Voici d'abord une superbe améthyste du Brésil. L’améthyste est un quartz de couleur violette, dont l’intensité varie en fonction de la quantité de manganèse et de fer présents dans chaque gisement. Elle est associée à la sérénité, à l’équilibre et à la tempérance. Elle inciterait à la méditation et renforcerait l’intuition. Symbole de sagesse et de force, conformément à son étymologie (du grec amethustos = qui n’est pas ivre), elle aiderait à combattre toutes les ivresses et chasse les pensées obsessionnelles. Sa présence dans la chambre à coucher favoriserait un sommeil paisible après des activités intellectuelles intenses.

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Ceci est un cristal de roche d’Arkansas. On appelle « cristal de roche » le quartz incolore. L’oxyde de silicium qui le compose est l’un des minéraux de base de notre sol, mais aussi de notre structure cellulaire. Il est conseillé en association avec les autres minéraux pour amplifier leurs propriétés. Porter un cristal de roche (en pendentif, par exemple) intensifierait notre rayonnement et notre aura.

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Enfin, cette pierre est un quartz rose. Sa couleur est donnée par des traces de fer et de titane. Ce cristal est considéré par certains comme une présence débordante d’amour qui vient combler les carences affectives (cependant difficilement trouvable sous forme phallique). Pierre de pardon et de paix, elle guérirait les peines de cœur les plus profondes. Doux et apaisant, le quartz rose favoriserait un sommeil paisible, en bloc ou en boule à côté du lit.

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par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Jeudi 14 juin 2007

Chers amis, chers futurs ennemis, 

l’article que vous vous apprêtez à lire est la joyeuse conséquence d’un reflux biliaire exceptionnellement acide qui me perfore les entrailles de ses griffes véhémentes. Ce qui suit est politiquement incorrect pour un blog classé « gay et lesbienne ». 

En effet, je ne puis m’enfermer dans un mutisme carpesque à l’heure où se prépare cette grotesquerie déambulatoire annuelle. Je veux parler, évidemment, de la Gay Pride, ce défilé de dindonneaux qui parviennent à usurper la première place du ridicule aux dindes de l’éleveuse avicole chapeautée de noir et blanc. 

Quand j’étais ado, la Gay Pride contribua ignominieusement à conforter le sentiment de honte qu’une société judéo-chrétienne avait fait naître en mon cœur encore malléable à l’égard de ma sexualité. En voyant ces pauvres garçons pas finis se trémousser à poil, en cuir ou avec des plumes, sur des chars et sous l’œil badin du quidam goguenard regrettant de ne pas trouver dans ses poches quelques cacahuètes projectibles avant de lâcher aux journalistes de France 3 « Faut êt’ tolérant, on est quand même en [année en cours], tout le monde a le droit de s’esprimer, même les tap... même les gens comme eux », en voyant ces parodies épilées de l’homosexuel moyen, dis-je, je songeais que je ne pouvais pas être homo. « D’accord, je crève d’envie de me taper mon meilleur pote, mais cela signifie-t-il qu’il me faille tortiller du cul, adopter le dernier uniforme bariolé tout droit sorti de l’imagination embuée d’un créateur de mode cocaïnomane et vociférer ma fierté d’aimer mes congénères du même sexe ? Pas question, plutôt mourir ! » Voilà qu’elle était ma réaction adolescente devant cet affligeant carnaval sexué. 

Pour les derniers anglophobes, je rappelle que « gay pride » se traduit par « fierté gay ». Quelqu’un saura-t-il m’expliquer en quoi sa sexualité, qu’elle soit homo, hétéro ou bi, peut être une source de fierté ? C’est comme si on était fier d’être blond ou brun. La fierté doit porter sur ce qu’on est capable d’accomplir, non sur un état de fait dont seuls la Nature et le Hasard peuvent s’enorgueillir. Un enfant est fier de l’affreux collier de nouilles qu’il a peint pour sa mère. En revanche, un adulte empreint d’un peu de bon sens, n’aura aucune raison d’être fier de se sentir attirer par « il » ou « elle ». Cette fierté proclamée par un certain nombre de gay est aussi puérile que la honte que j’éprouvais étant gamin. 

Comprenons-nous bien : si des types à moitié nus prennent plaisir à opiner du chef frénétiquement sur leur char comme un chien en plastique sur la plage arrière d’une voiture ou à faire coucou aux badauds comme s’ils se prenaient pour la reine d’Angleterre, libre à eux. Mais je préfèrerais (vraiment) que ces petits drôles ne se croient pas investis de la mission, trop pesante même pour leurs épaules body-buildées, de représenter les homosexuels en général. Je suis gay, mais je ne me reconnais nullement dans cette parade de clichés sur pieds qui fait, à n’en pas douter, plus de mal que de bien à l’avancée de nos droits, véhiculant des images d’Epinal dégradantes qui deviennent des pierres de lynchage (ou des cocktails Molotov) entre les mains des homophobes. 

Pour finir sur une note moins acide, le pansement gastrique que j’ai ingéré commençant à agir, je soulignerai tout de même que je suis heureux de vivre dans un pays où ce genre de bêtise peut avoir lieu en toute liberté. Si le déroulement de la Gay Pride venait à être empêchée (par une droite sarkozyste, par exemple), je serais le premier à protester. Je-ne-sais-plus-qui a dit, en paraphrasant quelqu’un-dont-il-avait-oublié-le-nom : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrais pour que vous puissiez le dire. »

par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Samedi 14 avril 2007

Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à pousser des coups de gueule, je suis un garçon plutôt lisse. Généralement, je tends même l’autre joue. Mais, là... Y EN A MARRE ! Marre d’être pris pour un pigeon par les Vincent Poursan de tout poil, sous prétexte que je suis gay ! Pour les inconscients qui ne lisent toujours pas Achille Talon, sachez que Vincent Poursan est l’archétype du commerçant sans scrupule et âpre aux gains.

Récemment a ouvert un magasin qui est le prolongement d’un autre relativement célèbre qui tire son nom de sa proximité avec l’Hôtel de ville de Paris. Tous les vêtements et accessoires pour homme qui se trouvaient initialement dans ce dernier ont été déplacés dans ce nouveau temple de la fringue, dont l’entrée se situe... aux portes du Marais. Pour les privilégiés qui ne le fréquentent pas, sachez que le Marais parisien est aux gays ce que Disneyland est à Mickey : on y porte des habits très voyants pour faire sourire les gens ; la seule différence étant que, dans le Marais, les personnages ont cinq doigts. Bref, je digresse.

Pour en revenir à nos fripes qui ont traversé la rue, ce qui me met en rogne, c’est qu’en se déplaçant de quelques mètres vers le quartier gay, leur prix ont approximativement doublé ! On ne m'avait pas prévenu. J'ignorais que le Marais n’était pas passé à l’euro en même temps que les autres pays de la communauté européenne. Les gays et lesbiennes ont dit « non » aux accords de Maastrich ? Toujours est-il que d’un trottoir à l’autre, le change monétaire nous conduit à des tarifs hallucinants. Quelques exemples constatés : pas une veste (toute simple, en tissu, sans fioriture) à moins de 190 euros, pas une chemise à moins de 100 euros, pas un pyjama à moins de 75 euros, la première paire de chaussette coûte 10 euros !

Pourquoi de tels tarifs ? Parce qu’il s’agit de marques exceptionnelles et rarissimes ? Non : vous trouvez les mêmes aux Galeries Lafayette. Parce que c’est fabriqué en France (il est vrai que si l’on contribue à la survie de l’industrie textile française, je suis prêt à payer plus cher) ? Pas du tout : « made in India », « made in Turkey » sont les origines que vous lirez sur les étiquettes. Rappel : pour les pays d’Asie, lisez en filigrane « made by children ».

Voici la seule explication, dans une retranscription fidèle, n’en doutez pas, de la pensée du P.D.G. du magasin que j’incrimine : « C’est bien connu, les homos ont un pouvoir d’achat sensiblement supérieur à celui des hétéros ; c’est aberrant que nous soyons implantés si près du ghetto gay et que nous n’en profitions pas davantage. Nous allons déporter nos rayons homme vers le Marais, les mettre à part, pour que les gays aient l’illusion de ne pas sortir de leur ghetto et y soient un peu plus attirés. Bien sûr, les prix vont flamber, nous allons nous aligner sur toutes les petites boutiques de vêtements du quartier. Après tout, ils ne se gênent pas eux-mêmes pour pratiquer des prix exorbitants. Alors, pourquoi pas nous ? »

Là où je rejoins M. le Président Directeur Général du bazar, c’est sur les prix hallucinants et, surtout, injustifiés pratiqués dans les boutiques de fringues du Marais. Meilleure qualité ? Non. Fabriqués en France (on y revient) ? Toujours non. S.A.V. efficace (genre pull garanti 1 an sans bouloches) ? Ne rêvons pas.

Le « truc » le voici : dans des magazines qui se veulent les « Elle » des gays, on nous assomme de pages de mode que les rédacteurs ont « omis » d’estampiller « publicité », nous laissant croire qu’elles sont le fruit d’un long travail de journalisme d’investigation. Une fois que les Vincent Poursan ont assuré la pub de leurs produits dans ces revues-attrappe-couillons (ne vous méprenez pas, je fais périodiquement partie des dits couillons), ils peuvent vendre ceux-ci (les produits, pas les couillons) à n’importe quel prix, ou presque. Nous, pauvres cons, achetons des vêtements « made in Taïwan » à prix d’or, simplement parce qu’on les a vus portés par des mecs hyper-bandants dans les pages d’ « Entêté ». Alors, faites comme moi, préférez Science et vie, Le Canard enchaîné ou National Geographic... Je vous assure que, aussi pédé que nous le soyons, notre cerveau s’alimente de la même façon que celui d’un hétéro.

En résumé, malgré des digressions qui m’ont fait passer d’un « nouveau » magasin pour homonaïfs aux boutiques du Marais pour ceux qui ne savent pas quoi faire de leur pognon, en passant par les « préf » bêtifiantes en matière de lecture, vous aurez compris mon message : ce n’est pas parce que nous aimons nous faire traire qu’il faut nous prendre pour des vaches à lait !

par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Vendredi 9 mars 2007

Mesdames et Mesdemoiselles, puisque j’ai l’immense plaisir de recevoir en mon Sanctuaire des représentantes de la gente féminine, je vous demanderai exceptionnellement de bien vouloir sortir. Je dois, en effet, m’entretenir avec mes visiteurs mâles d’un sujet ayant trait à notre anatomie intime ; je ne voudrais pas vous choquer.

Messieurs, maintenant que nous sommes entre nous, j’ai une question profondément existentielle à vous poser. Nous savons qu’en règle générale le testicule gauche est légèrement plus gros et pend plus bas que le droit. Ceci pour les droitiers, l’inverse étant vrai pour les gauchers. Bon. Mais... pourquoi ? Rien dans la nature n’est laissé au hasard, tout a une raison d’être dans la constitution du corps humain. Or, si l’on trouve des descriptions très précises de notre appareil génital, sur internet ou dans des encyclopédie, je n’ai trouvé nulle part l’explication à cet état de fait. Qui saura me donner la réponse à cette question qui me tarabuste les synapses depuis quelques temps ?

Je me marre à l’avance en imaginant les mecs les plus étourdis se précipiter aux toilettes, après avoir lu cet article, pour vérifier ce que j’affirme.

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Vendredi 23 février 2007

Je suis plongé dans l’Univers Marvel (1) depuis que je suis gamin. Ca a dû commencer avec les vieux dessins animés des Quatre Fantastiques et de L’Araignée (2) diffusés dans Croque Vacances. Je me souviens aussi avoir lu quelques B.D. de Thor, le dieu d’Asgard, et de Hulk dans le magazine Télé Junior. Et puis, évidemment, je me suis mis aux comics (3) Marvel via les éditions Lug, grâce aux pochettes promotionnelles (4) dans lesquelles on trouvait des Strange, des Spécial Strange, des Nova et des Titans. A ce stade de mon article, si vous ne comprenez pas une seule de mes références, vous êtes autorisés à arrêter là, je comprendrai.

La première chose qui m’a fasciné dans cet univers, c’est justement qu’il s’agit... d’un univers ! Il a beau comprendre des centaines de personnages, il n’y en a pas un qui lève le petit doigt sans que cela ait des répercutions plus ou moins importantes dans une autre série que la sienne. De plus, contrairement aux personnages des B.D. franco-belge (que j’apprécie beaucoup, au demeurant), ceux de l’univers Marvel vieillissent et évoluent, tirant leçon de leurs expériences auxquelles les scénaristes, qui se succèdent sur les séries, ne manquent pas de faire allusion pour assurer la continuité. Enfin, les personnages de Marvel ont une vie privée, souvent tout aussi importante pour les scénarii que leur carrière de héros aux super-pouvoirs. Bref, l’Univers Marvel est unique dans le monde de la bande-dessinée, car elle constitue une véritable mythologie moderne, avec des ramifications interminables, des liens de parenté improbables, des causes et des conséquences qui traversent les aventures des différents héros.

Après avoir découvert les éditions Lug dans les pochettes promotionnelles, je me suis fait offrir des abonnements à Strange et à Nova, goûtant un peu plus à chaque numéro les péripéties de Tony Stark (alias Iron Man) sombrant dans l’alcoolisme ; de Rom le chevalier de l’espace qui a renoncé à son humanité pour défendre l’univers contre les Spectres Noirs ; des X-Men, ces mutants affrontant les préjugés et les discriminations de la société, dans laquelle il essaient de trouver leur place, pour avoir les même droits que tout le monde (Tiens ! ça ne vous rappelle rien ?), etc.

Si j’ai décroché dans les années 90, c’est d’abord parce que , objectivement, les scénarii étaient en baisse de qualité. Ensuite, mes hormones me titillaient et j’étais déçu de m’apercevoir que la vie privée de Peter Parker s’arrêtait au seuil de sa chambre. Enfin, subtilement, j’ai fini par être agacé de voir tous ces beaux gosses musclés exclusivement attirés par des super-héroïnes aux gros seins.

Quelle ne fut pas ma surprise, au début des années 2000, en apprenant que Véga (5) venait de faire son coming out ! Oui, ce beau mutant ténébreux qui vole à le vitesse de la lumière, annonce devant les caméras, après avoir remporté un énième trophée de ski, qu’il est gay ! Depuis, les personnages gay (super-héros ou non) pleuvent dans l’univers Marvel. En fait, ils ont toujours été là, mais les scénaristes se gardaient bien d’être explicites à une époque où la chose aurait été mal vu par les médias. Me raccrochant au train à partir de 2003, je m’aperçois non seulement que les scénarii ont gagné en profondeur (6), mais aussi que les personnages ont gagné en crédibilité grâce au gommage de certains tabous. Bref, c’est « gagnant-gagnant », comme dirait une certaine dame pour qui il faudra peut-être voter afin de contrer un certain opportuniste assoiffé de pouvoir, mais ça n’a rien à voir avec mon sujet, désolé.

Oui, super-héros rime avec libido comme le prouve la planche suivante qui met en scène Jan van Dyne (alias la Guêpe) et son ex-époux Hank Pym (alias l’Homme-fourmi) ? Celui-ci utilise son pouvoir de modifier sa taille non pas pour combattre un ennemi, mais pour... donner du plaisir à sa chère et tendre !

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Et, comme je vous le disais plus haut, les personnages gay ne sont pas en reste. Dans l’extrait suivant, Billy (alias Wiccan) et Teddy (alias Hulkling), couple d’adolescents, se demandent s’ils ne devraient pas avouer à leur parents qu’ils font partie de l’équipe des Jeunes Vengeurs avant que Captain America ne le fasse à leur place. Alors que Billy s’apprête à dire aux siens qu’il possède des super-pouvoirs, un quiproquo inattendu survient...

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Magazines en kiosques que je vous conseille : Marvel Icons, Spider-Man (à ne pas confondre avec Spider-Man magazine !), Marvel HeroesSuperman & Batman (ce dernier titre, c'est l'Univers DC et non Marvel), le tout édité chez Panini Comics. 

(1) univers constitué par l’ensemble des séries de super-héros éditées chez Marvel

(2) traduction de Spider-Man dans les années 70

(3) B.D. nord-américaines

(4) pochettes à 20 francs comprenant quatre ou cinq magazines invendus, dans les années 80

(5) alias de Jean-Paul Beaubier, membre de la Division Alpha (Alpha Flight), équipe de super-héros canadienne

(6) Par exemple, certains scénarii critiquent ouvertement le gouvernement Bush en faisant réfléchir le lecteur sur l’ingérence internationale !

par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Jeudi 15 février 2007

Pourquoi suis-je si heureux lorsque l’un(e) d’entre vous me laisse un commentaire, aussi court soit-il ? Vous trouverez la réponse dans cette petite histoire des Schtroumpfs... Ben, quoi ? Qu'est-ce qu'elles ont mes références littéraires ??

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par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Vendredi 19 janvier 2007

Vous l’avez entendu comme moi tout à l’heure, de nombreux garçons souffrent plus ou moins d’une relation qu’on a la pudeur d’appeler « libérée ». Ca vous étonne, vous ? Bon, puisque c’est comme ça, je vais vous faire part d’une de mes conceptions du couple qui n’engage que moi et qui va faire hurler certains qui m’accuseront de faire ma Ségolène (notez cependant que je suis loin de payer l’I.S.F.).

La fidélité n’est pas réservée aux réactionnaires, conservateurs et autres culs-bénis, c’est aussi un mode de fonctionnement qui permet de s’investir réellement dans son couple, d’entretenir une relation solide et durable.

Le plaisir sexuel, auquel nous aspirons tous, n’est pas une chose si simple. Au contraire, il peut nous conduire à des situations complexes, causes de grandes souffrance. Par exemple, il peut créer des tensions au sein d’un couple, lorsque chacun des deux partenaires s’autorise à aller voir ailleurs. Même si c’est le résultat d’un commun accord, cela ne peut entretenir une relation solide, sincère et durable. Pour éviter les déboires et les situations de crises, et ainsi accroître le plaisir du sexe, il faut étudier, maîtriser et respecter le désir, ce désir qui peut soulever des montagnes... à condition d’être canalisé intelligemment !

Le sexe est facilement accessible dans les milieux gay, pourvu que vous ayez la chance d’être jeune et de ne pas ressembler à Elephant Man (oui, c’est un minimum). On peut tirer son coup avec un minimum d’efforts, n’importe quand et presque n’importe où. Mais soulagement sexuel et épanouissement sexuel sont deux choses très différentes ! Allez, je lâche ces mots que beaucoup de gays considèrent comme un cliché et une hérésie : baiser, ce n’est pas la même chose que faire l’amour. Un orgasme sans conséquence affective à l’égard d’un partenaire plus ou moins anonyme apporte un soulagement immédiat, tout comme la branlette. Mais il y a peu de chance que cet orgasme soit une petite pierre qui s’ajoutera à l’édifice du bonheur de l’individu. Or, le bonheur n’est-il pas ce que nous recherchons en priorité ?

Une vie sexuelle débridée prive la plupart des hommes de l’expérience unique d’une véritable relation humaine avec leurs partenaires. Cela conduit bien souvent à développer le cynisme, le mépris de soi et de ceux qui ne se laissent pas facilement séduire (mais qui, avec de la patience, pourraient à terme procurer une relation enrichissante). Même s’ils vivent une relation qui pourrait être épanouissante avec un partenaire, certains garçons continuent même à rechercher ce genre de contact fortuit, précipité et sans engagement... pour le plaisir du changement ! Or, si ces rencontres superficielles peuvent être excitantes, c’est tout ce qu’elles sont. Etre obsédé par le sexe « clandestin » conduit presque toujours à l’accablement et à un sentiment profond de solitude, d’isolement affectif. Cet isolement ne fait alors que croître avec l’avancement en âge qui amène une crise majeure quand les inévitables modifications morphologiques limitent le nombre de possibilité de rencontres.

C’est cette prise de conscience qui a poussé nos Anciens (que l’on néglige un peu trop il me semble) à se battre pour leurs droits et, donc, pour nos droits en tant qu’héritiers. Selon moi, si les homosexuels, depuis les années 60, ont lutté pour se faire une place dans la société, c’est notamment pour se libérer du carcan de leur propre sexualité, parce qu’ils étaient fatigués du sexe qu’il fallait cacher dans des endroits sordides et dangereux. C’est ça la libération gay ! Et renoncer à l’épanouissement d’une vraie relation humaine au profit de relations qui ne s’apparentent au final qu’à de la masturbation à deux (ou plus), c’est en partie renoncer aux progrès des mouvements gay, renier notre Héritage et oublier notre Histoire, avec des grands H.

Mais je m’éloigne de mon sujet et vais recentrer tout cela en me montrant un poil prosaïque.

D’abord, lorsqu’on est en couple, ce que l’on donne à un autre que notre conjoint, on en prive ce dernier : je parle aussi bien de quelques gouttes de sperme que des émotions que l’on éprouve avant, pendant et après l’acte sexuel.

Ensuite, renoncer à ces instincts primaires (ne me dites pas que c’est impossible à cause des hormones, sinon considérons le viol comme pardonnable !), ce n’est pas seulement donner une preuve d’amour à l’autre en faisant passer son bonheur avant sa propre jouissance, c’est aussi le protéger. Pas seulement du SIDA et des autres IST (Infections Sexuellement Transmissibles, pour mes plus jeunes lecteurs), mais aussi de ce qui s’attrape avec ou sans capote : hépatite B, morpions, maladies de peau contagieuses (pas toujours visibles), etc.

J’insiste en faisant remarquer que je ne dis pas que c’est « mal » dans l’absolu de coucher avec quelqu’un d’autre que son conjoint, quand le conjoint est d’accord (je ne suis pas un moralisateur et ne me revendique d’aucune religion), mais le message que je veux faire passer, en espérant qu’il évitera peut-être à certains d’entre vous des souffrances inutiles, c’est qu’il ne faut pas s’attendre à connaître une relation durable et épanouissante quand au sein du couple on ne considère pas la fidélité comme allant de soi. C’est autant valable pour les hétéro que pour les homo, bien sûr ! Pour les bisexuels, c'est différent, puisque par essence ils ne peuvent choisir entre l'un et l'autre sexe ; le papillonnage semble alors inévitable. Mais c'est un autre sujet.

En conclusion, je dirai que lorsque les hommes accroissent leur respect d’eux-mêmes et des autres (en commençant par leur partenaire, pour ceux qui en ont un), leur chance de connaître le vrai bonheur, d’améliorer leur qualité de vie, s’accroît par la même occasion. Mon plus grand rêve est de passer ma vie entière avec mon homme. Je peux comprendre que ce ne soit pas votre rêve à vous, mais cependant je vous souhaite de connaître au moins une histoire d’amour sérieuse et durable dans votre vie : c’est une expérience passionnante et valorisante à laquelle tous les êtres humains devraient avoir droit. Alors, vous qui avez la chance d’accéder à cette expérience, ne gâchez pas tout pour quelques éjaculations supplémentaires...

Vive l’amour et le sexe !

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The Bath, peinture de Paul Cadmus (Etats-Unis, 1951)

par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Jeudi 11 janvier 2007

Ne me faites surtout pas croire que jamais la question ne vous a effleuré l’esprit : un Schtroumpf maniéré qui passe son temps à s’admirer dans un miroir, une fleur accrochée à son bonnet, et qui vit parmi un peuple composé uniquement d’individus de sexe masculin, parmi lesquels le Schtroumpf Costaud qui déborde manifestement de testostérone (voix rauque, musculature développée, bagarreur, un tatouage sur le biceps). Comment celui-ci épanchait-il ses pulsions avant l’arrivée de la Schtroumpfette, créature artificielle du sorcier Gargamel ? A votre avis ? Tout juste : pan ! sous la petite queue du Schtroumpf Coquet ! 

Et puis, il va de soi que, même après l’arrivée de la Schtroumpfette, celle-ci ne peut satisfaire tout le monde : les Schtroumpfs sont une centaine à vivre au village. Il faut donc qu’elle se partage la besogne avec le Coquet. Ce qui ne semble pas déplaire à la plupart des Schtroumpfs, tant ils paraissent épanouis et joyeux.

J’irai même plus loin : la Schtroumpfette est-elle jamais tombée enceinte ? Je vous rappelle que le Bébé Schtroumpf est le fruit d’une livraison de cigogne... Ce qui signifie que, même s’ils font les jolis cœurs avec elle, les Schtroumpfs négligent la Schtroumpfette sur le plan sexuel, au profit des uns et des autres...

Donc, non seulement le Schtroumpf Coquet est homo, mais tous les Schtroumpfs le sont également, et la Schtroumpfette n’est guère plus qu’une icône gay !

C’est le Grand Schtroumpf qui ne doit pas s’ennuyer au milieu de ces petits jeunes, le vieux cochon...

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par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Jeudi 26 octobre 2006

J'ai longtemps était un fan absolu de Stephen King. Mais, il faut bien le dire : il est capable du pire comme du meilleur. Ces dernières années, il se contente de publier des romans stéréotypés pour honorer le contrat qui le lie à son éditeur. Il ne met plus ses tripes dans ses bouquins. Mais, dans les années 70, 80 et même jusqu’au milieu des années 90, il a pondu, çà et là, des ouvrages destinés, selon moi, à devenir des classiques de la littérature américaine. Vous n’avez jamais lu l’un de ses livres ? Et il a été si productif que vous ne savez par lequel commencer ?

Aujourd’hui, je vous en propose un, que je considère comme l’un des meilleurs King, je lâche le mot : « un chef-d’œuvre ». Différentes saisons. Ce livre de 1982 est un recueil de quatre histoires qui sont trop longues pour être des nouvelles et trop courtes pour être des romans. Peu importe leur genre, ces histoires vont vous estomaquer par leur originalité et l’excellence de la narration. Le mystère qui entoure un innocent condamné au pénitencier, un vieillard et un adolescent enfermés dans un rapport sado-masochiste macabre fondé sur un parasitisme réciproque, quatre gamins de la campagne partis en excursion à la recherche d’un cadavre, et un club de gentlemen étrange au cours duquel on raconte le récit d’un accouchement des plus saisissants : voilà tout ce que je peux vous en dire puisqu’il me faut résumer, mais cela dénature quelque peu le véritable propos de chacune de ces histoires que vous devez absolument découvrir par vous-mêmes.

par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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