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Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère : l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Mon occupation préférée : la lecture. Mon rêve de bonheur : passer ma vie auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Mon animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
***
Il y a actuellement  4  curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
***
Quoi qu'il en soit, je vous souhaite un agréable moment en ma compagnie.
Antinoüs

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sans oublier Le Temple d'Hadrien, mon empereur bien-aimé.templehadrien.JPG

Mardi 30 janvier 2007

Aujourd’hui, Samir, élève de 5è, vient me voir à la fin du cours, le sourire en coin :

Samir : Monsieur, vous devez avoir 21 ans, c’est ça ?

Moi : C’est gentil de le croire !

Samir : ...?

Moi : Tu en rajoutes dix de plus, et tu connais mon âge.

Samir : Vous avez 31 ans ?! Mais, alors, vous avez connu Hélène et les garçons !

***

Ce même jour, une autre classe de 5è s’installe dans ma salle. Benoît, vient me trouver très vite pour me dire qu’il a découvert sur sa table une inscription me concernant. Aussitôt, je me rappelle les tags sur les murs du collège, l’an dernier, traînant dans la boue plusieurs de mes collègues, le principal et son adjoint. Ca devait finir par m’arriver. En suivant Benoît jusqu’à sa place, je me demande quelle horreur concernant ma personne je vais découvrir. Il me montre du doigt le délit, une écriture maladroite d’élève de 6è ou de 5è : « Monsieur [Antinoüs] est un ange. »

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par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Vendredi 26 janvier 2007

Aussi loin que je puisse m’en souvenir, le dessin a été ma première activité favorite. Déjà, à l’école primaire, je réalisais des petites B.D. et des récits illustrés, adaptés des scénarii de mes personnages télévisés préférés : Le Village dans les nuages, Les Schtroumpfs, Pac Man, la Dorothée du dessinateur Cabu, etc.

C’est en 1988, alors que débarquaient sur feu La Cinq de nombreux dessins animés japonais (Princesse Sarah, Creamy, Jeanne et Serge, Sandy Jonquille, Vas-y Julie, Le Monde enchanté de Lalabel...) que Samira (1) et moi avons réalisé, en lisant les noms des staff en bas des génériques, que les plus réussis des dessins animés qui nous avaient fait rêver depuis notre enfance (Candy, Goldorak, Lady Oscar, entre autres) provenaient tous du Pays du Soleil Levant. Dès lors, nous n’avons plus lâché nos crayons et passions tout notre temps libre à essayer de reproduire les visages aux grands yeux scintillants de ces personnages nippons. Par la suite, je me suis mis à faire des portraits figuratifs, mais je suis toujours resté sensible à certains styles graphiques et codes narratifs des dessins animés japonais.

Je vous présente aujourd’hui l’un de mes plus vieux dessins dans ce genre. Il date de 1990, il s’agit d’une petite danseuse dessinée dans le style de Yumiko IGARASHI, la dessinatrice des manga (2) de Georgie et de Candy (dont une édition couleur était parue en français, via l’Italie, dans les années 80). J'ai intitulé ce dessin Mam'selle.

(1) lire mon Autobiographie temporaire

(2) un manga est une B.D. japonaise et non un dessin animé, contrairement à l'idée véhiculée par les média français depuis les années 90

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par Antinoüs publié dans : Gribouillages
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Dimanche 21 janvier 2007

Aujourd’hui, avec internet, on discute plus facilement avec un Chinois qu’avec son gardien d’immeuble. Pour moi, ça change rien, mon concierge est Chinois.

par Antinoüs publié dans : Enfin bref...
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Vendredi 19 janvier 2007

Vous l’avez entendu comme moi tout à l’heure, de nombreux garçons souffrent plus ou moins d’une relation qu’on a la pudeur d’appeler « libérée ». Ca vous étonne, vous ? Bon, puisque c’est comme ça, je vais vous faire part d’une de mes conceptions du couple qui n’engage que moi et qui va faire hurler certains qui m’accuseront de faire ma Ségolène (notez cependant que je suis loin de payer l’I.S.F.).

La fidélité n’est pas réservée aux réactionnaires, conservateurs et autres culs-bénis, c’est aussi un mode de fonctionnement qui permet de s’investir réellement dans son couple, d’entretenir une relation solide et durable.

Le plaisir sexuel, auquel nous aspirons tous, n’est pas une chose si simple. Au contraire, il peut nous conduire à des situations complexes, causes de grandes souffrance. Par exemple, il peut créer des tensions au sein d’un couple, lorsque chacun des deux partenaires s’autorise à aller voir ailleurs. Même si c’est le résultat d’un commun accord, cela ne peut entretenir une relation solide, sincère et durable. Pour éviter les déboires et les situations de crises, et ainsi accroître le plaisir du sexe, il faut étudier, maîtriser et respecter le désir, ce désir qui peut soulever des montagnes... à condition d’être canalisé intelligemment !

Le sexe est facilement accessible dans les milieux gay, pourvu que vous ayez la chance d’être jeune et de ne pas ressembler à Elephant Man (oui, c’est un minimum). On peut tirer son coup avec un minimum d’efforts, n’importe quand et presque n’importe où. Mais soulagement sexuel et épanouissement sexuel sont deux choses très différentes ! Allez, je lâche ces mots que beaucoup de gays considèrent comme un cliché et une hérésie : baiser, ce n’est pas la même chose que faire l’amour. Un orgasme sans conséquence affective à l’égard d’un partenaire plus ou moins anonyme apporte un soulagement immédiat, tout comme la branlette. Mais il y a peu de chance que cet orgasme soit une petite pierre qui s’ajoutera à l’édifice du bonheur de l’individu. Or, le bonheur n’est-il pas ce que nous recherchons en priorité ?

Une vie sexuelle débridée prive la plupart des hommes de l’expérience unique d’une véritable relation humaine avec leurs partenaires. Cela conduit bien souvent à développer le cynisme, le mépris de soi et de ceux qui ne se laissent pas facilement séduire (mais qui, avec de la patience, pourraient à terme procurer une relation enrichissante). Même s’ils vivent une relation qui pourrait être épanouissante avec un partenaire, certains garçons continuent même à rechercher ce genre de contact fortuit, précipité et sans engagement... pour le plaisir du changement ! Or, si ces rencontres superficielles peuvent être excitantes, c’est tout ce qu’elles sont. Etre obsédé par le sexe « clandestin » conduit presque toujours à l’accablement et à un sentiment profond de solitude, d’isolement affectif. Cet isolement ne fait alors que croître avec l’avancement en âge qui amène une crise majeure quand les inévitables modifications morphologiques limitent le nombre de possibilité de rencontres.

C’est cette prise de conscience qui a poussé nos Anciens (que l’on néglige un peu trop il me semble) à se battre pour leurs droits et, donc, pour nos droits en tant qu’héritiers. Selon moi, si les homosexuels, depuis les années 60, ont lutté pour se faire une place dans la société, c’est notamment pour se libérer du carcan de leur propre sexualité, parce qu’ils étaient fatigués du sexe qu’il fallait cacher dans des endroits sordides et dangereux. C’est ça la libération gay ! Et renoncer à l’épanouissement d’une vraie relation humaine au profit de relations qui ne s’apparentent au final qu’à de la masturbation à deux (ou plus), c’est en partie renoncer aux progrès des mouvements gay, renier notre Héritage et oublier notre Histoire, avec des grands H.

Mais je m’éloigne de mon sujet et vais recentrer tout cela en me montrant un poil prosaïque.

D’abord, lorsqu’on est en couple, ce que l’on donne à un autre que notre conjoint, on en prive ce dernier : je parle aussi bien de quelques gouttes de sperme que des émotions que l’on éprouve avant, pendant et après l’acte sexuel.

Ensuite, renoncer à ces instincts primaires (ne me dites pas que c’est impossible à cause des hormones, sinon considérons le viol comme pardonnable !), ce n’est pas seulement donner une preuve d’amour à l’autre en faisant passer son bonheur avant sa propre jouissance, c’est aussi le protéger. Pas seulement du SIDA et des autres IST (Infections Sexuellement Transmissibles, pour mes plus jeunes lecteurs), mais aussi de ce qui s’attrape avec ou sans capote : hépatite B, morpions, maladies de peau contagieuses (pas toujours visibles), etc.

J’insiste en faisant remarquer que je ne dis pas que c’est « mal » dans l’absolu de coucher avec quelqu’un d’autre que son conjoint, quand le conjoint est d’accord (je ne suis pas un moralisateur et ne me revendique d’aucune religion), mais le message que je veux faire passer, en espérant qu’il évitera peut-être à certains d’entre vous des souffrances inutiles, c’est qu’il ne faut pas s’attendre à connaître une relation durable et épanouissante quand au sein du couple on ne considère pas la fidélité comme allant de soi. C’est autant valable pour les hétéro que pour les homo, bien sûr ! Pour les bisexuels, c'est différent, puisque par essence ils ne peuvent choisir entre l'un et l'autre sexe ; le papillonnage semble alors inévitable. Mais c'est un autre sujet.

En conclusion, je dirai que lorsque les hommes accroissent leur respect d’eux-mêmes et des autres (en commençant par leur partenaire, pour ceux qui en ont un), leur chance de connaître le vrai bonheur, d’améliorer leur qualité de vie, s’accroît par la même occasion. Mon plus grand rêve est de passer ma vie entière avec mon homme. Je peux comprendre que ce ne soit pas votre rêve à vous, mais cependant je vous souhaite de connaître au moins une histoire d’amour sérieuse et durable dans votre vie : c’est une expérience passionnante et valorisante à laquelle tous les êtres humains devraient avoir droit. Alors, vous qui avez la chance d’accéder à cette expérience, ne gâchez pas tout pour quelques éjaculations supplémentaires...

Vive l’amour et le sexe !

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The Bath, peinture de Paul Cadmus (Etats-Unis, 1951)

par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Jeudi 11 janvier 2007

Ne me faites surtout pas croire que jamais la question ne vous a effleuré l’esprit : un Schtroumpf maniéré qui passe son temps à s’admirer dans un miroir, une fleur accrochée à son bonnet, et qui vit parmi un peuple composé uniquement d’individus de sexe masculin, parmi lesquels le Schtroumpf Costaud qui déborde manifestement de testostérone (voix rauque, musculature développée, bagarreur, un tatouage sur le biceps). Comment celui-ci épanchait-il ses pulsions avant l’arrivée de la Schtroumpfette, créature artificielle du sorcier Gargamel ? A votre avis ? Tout juste : pan ! sous la petite queue du Schtroumpf Coquet ! 

Et puis, il va de soi que, même après l’arrivée de la Schtroumpfette, celle-ci ne peut satisfaire tout le monde : les Schtroumpfs sont une centaine à vivre au village. Il faut donc qu’elle se partage la besogne avec le Coquet. Ce qui ne semble pas déplaire à la plupart des Schtroumpfs, tant ils paraissent épanouis et joyeux.

J’irai même plus loin : la Schtroumpfette est-elle jamais tombée enceinte ? Je vous rappelle que le Bébé Schtroumpf est le fruit d’une livraison de cigogne... Ce qui signifie que, même s’ils font les jolis cœurs avec elle, les Schtroumpfs négligent la Schtroumpfette sur le plan sexuel, au profit des uns et des autres...

Donc, non seulement le Schtroumpf Coquet est homo, mais tous les Schtroumpfs le sont également, et la Schtroumpfette n’est guère plus qu’une icône gay !

C’est le Grand Schtroumpf qui ne doit pas s’ennuyer au milieu de ces petits jeunes, le vieux cochon...

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par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Jeudi 11 janvier 2007
Pour un écornifleur, un bon comte fait un bon ami.
par Antinoüs publié dans : Enfin bref...
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Mercredi 10 janvier 2007

Je me sens léger, léger, léger... à l’instar du Professeur tournesol vantant les mérites de l’huile Lesieur. Parce que j’ai franchi la ligne d’arrivée après quatre mois de traversée du désert. J

Les élèves sont contents de me revoir, je dois m'en rendre à l’évidence bien que j’en sois surpris. D’ailleurs, lundi, certains sont venus à mon bureau en fin d’heure pour me le dire (les fayots !). Même les gros caïds de 3è me mangent dans la main (mais faut quand même faire gaffe à ses doigts avec eux).

Et surtout... j’assure ! Je n’ai plus peur d’être face à eux ! Désormais, je me sens capable de faire trembler des montagnes comme si j’avais ouvert le Livre des secrets, et le gentil Antinoüs qui s’écrase quand on l’embête, c’est fini ! Si quelqu’un me cherche, il va moucher tout rouge !!

Je vous écrirais bien plus longuement, mais je vais plutôt me consacrer au chapitre IX de mon autobiographie, ainsi qu’à la publication de la suite du manga dans Le Temple d’Eros (ça va devenir cochon), car je pense que c’est ce que vous attendez, non ? Et j’ai envie de vous faire plaisir pour vous remercier de votre soutien...

Avant de finir, j’ai tout de même envie de vous avouer que, libéré de ce poids, je ressens avec encore plus d’intensité l’amour que je porte à l’homme de ma vie et, depuis trois jours, je ne cesse de fredonner en pensant à lui :

Il a mis dans ma tête un tout petit vent léger

Deux jolies sauterelles à chacune de mes pensées

Trois ballons rouges et bleus à chacun de mes poignets

Et des ailes, et des ailes... et des ailes à mes souliers.

Il va falloir que je m’applique à découvrir comment on met des petites « barrettes » de MP3 sur un blog : mon sanctuaire n’en sera que plus vivant !

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par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Dimanche 7 janvier 2007

Les Rois Mages étaient trois : 176-671, 176-167 et 176-716. Ah, non ! Ca, ce sont les Rapetou.

par Antinoüs publié dans : Enfin bref...
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Samedi 6 janvier 2007

Eh, bien, voilà ! Nous y sommes : après-demain, je retourne au collège.

Pour les nouveaux qui débarquent dans mon sanctuaire (bienvenue), je résume la situation. Je sors d’une grosse dépression qui a été provoquée par une phobie sociale qui consiste à avoir peur de... l’attention d’autrui ! D’une certaine façon, c’est comme de la timidité, mais puissance 1000 (chiffre arbitraire). Etant enseignant depuis sept ans et prenant sur moi depuis autant de temps (car je n’étais pas conscient de mon mal), j’ai fini par craquer en septembre dernier, ne supportant plus la pression que constituait trente paires d’yeux et d’oreilles braqués sur moi vingt heures par semaines. Grosso modo, pour comprendre l’aberration et le comble de ma situation, imaginez un type arachnophobe dont le métier serait de s’occuper d’un vivarium rempli d’arachnéens. Voilà donc, ce que je dois affronter lundi.

Vous pensez peut-être : « Mais alors, ta thérapie est un échec, Antinoüs ? »

Pas du tout ! Au mois d’octobre, j’en étais à ne plus pouvoir sortir de chez moi de peur de devoir dire bonjour à un voisin, ni répondre au téléphone. Aujourd’hui, j’arrive à avoir l’air (parfois même à me sentir) à l’aise avec une, deux ou trois personnes à la fois, à faire de l’humour et à ne pas trembler comme une feuille. Au-delà de trois, j’ai le vertige et n’ouvre plus la bouche, y a encore du boulot.

Là, vous me dites : « Mais, tu es fou ! Ne retourne pas travailler lundi ! Ca va être un massacre ! »

Ce à quoi je vous répondrai : « Merci pour ces encouragements, je me sens mieux. »

Non, pour vous répondre sérieusement : si j’y retourne, bien que mon problème ne soit pas complètement résolu, c’est parce que j’ai besoin de me prouver que je suis à nouveau capable d’affronter mes démons intérieurs. Je ne supporte pas le sentiment d’impuissance ou d’échec. Autrement dit, j’ai en horreur l’idée de retourner au collège et je préfèrerais n’importe quel emploi de bureau (un bureau dans lequel je serais seul et où personne n’entrerait, bien sûr). Mais je veux POUVOIR y aller : je ne renoncerai à ma profession que lorsque ce sera par choix et non par peur. Je ne supporterais pas de partir vaincu...

Bon, ceci était censé être une introduction de quelques lignes et, là, on ne voit déjà plus le rapport avec le titre. Je reviens donc à mes ovidés laineux. J’aurai désormais moins de temps à consacrer à ce Sanctuaire mais, comme vous le savez peut-être déjà, je n’ai aucune envie de l’abandonner, ne serait-ce que parce que vous êtes nombreux à avoir la gentillesse, via vos commentaires ou courriels, de me demander de continuer.

Voici donc quelques recommandations en mon absence :

- Je vous laisse la clef du Sanctuaire sous le paillasson, vous penserez à bien refermer derrière vous.

- Il faudrait que vous vous occupiez un peu de mes articles afin qu’ils ne dépérissent pas ; pour cela laisser quelques commentaires au moins deux à trois fois par semaines, je suis sûr qu’il y a plein d’articles depuis le 10 octobre sur lesquels vous n’êtes pas intervenus, les pauvres ! Comme toujours, j’y répondrai.

- Abonnez-vous à ma lettre d’info (garantie sans pub) afin d’être prévenus immédiatement chaque fois que je serai de retour (ce qui arrivera aussi souvent que possible, promis).

Bon, il ne me reste plus qu’à préparer mon cartable et à remplir mon lecteur mp3 de chansons de Dorothée pour le trajet de lundi (notamment Bats-toi, Toutes les guitares du rock and roll, Dorothée rock et Toutes les chansons du monde... on se donne du courage comme on peut).

Merci sincèrement à tous ceux qui ne restent pas dans l’ombre et qui bavardent avec moi dans mon Sanctuaire ! A très vite !

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illustration de Kinu SEKIGUSHI

par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Jeudi 4 janvier 2007

- On n’est pas dans la même classe, me confirma Damien, visiblement déçu.

- Oh ! répondis-je simplement, avec un peu de dépit.

- Mais non, j’déconne, on est ensemble !

C’était une bien agréable nouvelle pour commencer l’année. La même nouvelle était nettement moins favorable à mes résultats scolaires qui allaient se ressentir de mon attention en classe détournée par Damien. De la première place en français en classe de 4è, j’allais passer à la cinquième, avec le même professeur que l’an précédent, celui qui me donna envie d’enseigner cette matière. J’aimais toujours les travaux de rédactions, mais je m’appliquais un peu moins dans l’apprentissage des règles de grammaire et d’orthographe ; je préférais, sans commune mesure, passer tous mes loisirs en compagnie de Damien qui me faisait découvrir de nouveaux mondes, comme par exemple celui du tennis.

Il m’apprit à tenir une raquette dans un club réservé aux nantis de notre ville. Très vite, je me passionnai pour ce sport. Etait-ce parce que Damien devait souvent se serrer contre moi, au début, pour maintenir mon bras et m’apprendre les mouvements adéquats ? Sûrement, car plus jamais à l’avenir le tennis ne me paraîtrait aussi stimulant. Autre intérêt, non des moindres : les cours de tennis étaient occupés par les plus beaux garçons des environs. Un jour, Anthony Dupray, qui commençait à être déjà bien classé et qui déjà écoutait avec fascination Hélène Rollès chanter Dans ses grands yeux verts et Ce train qui s’en va, ce qui le conduirait quelques mois plus tard à chanter pour elle et à décrocher un rôle dans la sitcom Premiers baisers diffusée dans le Club Dorothée, Anthony, dis-je, intervint gentiment sur notre cours pour me donner quelques conseils, sous le regard agacé de Damien qui se sentait sûrement dépossédé de son rôle réservé d’enseignant. Nous nous revîmes quelquefois, de façon anecdotique, mais je le perdis de vue, ce qui me causa bien des regrets, non que ses cheveux bruns et ses yeux bleus me manquassent, mais parce que le jour où je le vis chanter aux côtés de Dorothée, je compris que je venais de manquer l’occasion d’entrer en contact avec mon idole.

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Premiers baisers, tel était le titre de cette série mièvre à souhait dans laquelle je le retrouverais, me lamentant de ne plus le revoir sur les cours de tennis. Premier baiser, tel était l’un des sujets de conversation favoris de Damien.

- Alors, quand est-ce que tu vas sortir avec une fille ? me demandait-il souvent. Moi, ça fait déjà deux ans que j’ai embrassé une nana pour la première fois. Il est grand temps pour toi !

- Bah, tu sais bien que ça me fait flipper, je ne sais pas comment on embrasse. Et te fous pas de ma gueule !

- Non, je me moque pas, tu sais, moi au début, je me suis planté : je bavais, nos dents se sont cognées, c’était nul. Ca s’apprend sur le terrain, ça vient avec l’expérience.

Le jour où j’allais rencontrer la fille qui me permettrait de prouver à Damien, et surtout à moi-même, que j’étais « normal », j’étais loin d’y songer. Toute ma pensée était focalisée sur les fesses de Damien contre lesquelles j’évitais, difficilement, d’appuyer mon pénis en érection. Tous les deux en short, sur la selle de son vélo, moi derrière, enserrant ses cuisses nues entre les miennes, nous nous rendions sur un cours de tennis, en passant par une piste cyclable qui traversait une grande étendue verte, propice à la promenade.

Quand Damien s’arrêta brusquement, je crus, inquiet, qu’il allait me regarder et me dire : « Bon, je te sens bander contre mon cul. T’es pédé ou quoi ? ». Mais, pas du tout.

- Regarde les deux filles, là-bas, me dit-il en regardant dans leur direction. La blonde est super mignonne !

- Oui, c’est vrai, elle est canon, admis-je.

- Ca te dirait qu’on essaie de les draguer ? Si tu veux, tu prendras la brune : elle est trop grosse pour moi.

- Pourquoi la grosse est pour moi ?

- La blonde, elle est faite pour moi, c’est sûr ! répondit-il, triomphant d’avance.

Nous nous assîmes dans la pelouse, tournés vers elles, essayant d’élaborer un plan qui se résumait par :

- Vas-y !

- Non, vas-y, toi.

- Non, toi, vas-y !

etc.

Installées sur un banc, de leur côté, les demoiselles semblaient également tergiverser à notre sujet et, ne nous lâchant pas du regard et impatientes devant notre hésitation, nous envoyèrent une petit môme brun et bouffi.

- Ma sœur, elle m’a dit de te dire que tu pouvais venir lui parler si tu veux, me dit-il.

- Elle s’appelle comment ? demandais-je, l’air dégagé.

- Raphaëlle.

- Hein ? C’est pas un prénom de fille ! s’exclama Damien, avec infiniment de tact.

- Va lui dire qu’on arrive, dis-je au gamin.

- Ben , tu vois, conclut Damien, on n’a même pas eu à choisir, la brune te veut, c’était couru d’avance, je suis certain que la jolie blonde en pince pour moi. Allez, on y va !

- Non, attends, elle ne me plaît pas ! En plus elle a un prénom affreux. Comment une fille peut-elle s’appeler Raphaëlle ? Tu me vois sortir avec quelqu’un qui porte un prénom de mec ?

- Justement, si elle ne te plaît pas, tu t’en fous d’elle, ça te permettra de t’entraîner à galocher ! me proposa Damien, pragmatique.

J’acquiesçais, pas mécontent de trouver l’occasion de me hisser au rang des autres garçons de mon âge. Maladroitement, nous nous approchâmes des deux midinettes qui minaudaient (essayez de le répéter plusieurs fois, rapidement).

- Ton petit frère nous a dit que tu voulais me parler ? demandais-je à la brune.

- C’est mon petit frère à moi, répondit la blonde.

- Alors, c’est toi, Raphaëlle ? l’interrogea Damien qui espérait avoir mal compris.

- Oui, confirma la jolie fille aux yeux clairs.

Nous passâmes un peu de temps à discuter de choses et d’autres propres à des adolescents gênés qui se rencontrent pour la première fois. Puis, Raphaëlle et moi convînmes d’un rendez-vous, au même endroit, le jeudi suivant, après nos cours respectifs.

« Je suis un peu dégoûté, m’avoua Damien ensuite, elle est super mignonne. Mais bon, je suis content pour toi. Moi, c’est pas grave, je peux me trouver des canons quand je veux, mais toi c’est une occasion inespérée. » Ce n’était ni la première ni la dernière fois que Damien faisait une allusion peu délicate à mon physique et à mon « cas désespéré ». Moi, qui depuis bien longtemps était convaincu d’être aussi laid que ce que la nature pouvait concevoir en matière d’esthétique, j’approuvais Damien, me demandant ce que Raphaëlle pouvait bien me trouver. Peut-être qu’elle n’arrivait pas à avoir de petit copain à cause de son prénom ?

Jeudi. Début du printemps. Un printemps estival, comme je n’en ai plus jamais connu depuis. Après les cours, Damien m’invita chez lui pour « la dernière touche ». Il me prêta des fringues à la mode, telles que mes parents ne pouvaient m’en offrir, m’aida à me coiffer, m’accompagna jusqu’à la porte de la boulangerie. Ses parents étaient là : ils les avaient prévenus de l’événement.

- Fonce, ne laisse pas passer ta chance, elle est trop bonne cette fille ! m’encouragea Damien.

- Oh ! Damien ! Tu es grossier ! s’offusqua sa mère qui me regardait comme une matriarche regarde partir son aîné à la guerre.

- Tiens ! me dit son père en glissant un préservatif dans ma main, j’ai eu ton âge, c’est le printemps, je sais ce qu’il peut se passer.

- Papa ! Tu vois pas que tu le fais rougir ? Il va juste la galocher, ils seront en plein air.

- Alors, n’oublie pas qu’on embrasse aussi avec les mains, renchérit son père en me faisant un clin d’œil.

- Oh ! Jean ! Tu es plus grossier que ton fils ! se lamenta la mère.

Je m’éloignais, la tête basse, après avoir promis de repasser à la boulangerie avant de rentrer chez moi, pour tout leur raconter. J’étais tout étourdi de me rendre compte que ma mère n’avait pas le monopole quant à la honte que des parents sont capables d’infliger à leurs enfants et à leurs copains.

Je fis à pieds le trajet que Damien et moi avions fait sur son vélo le week-end précédent. Je me demandais dans quelle mesure je pourrais renoncer à ce rendez-vous sans passer pour un lâche aux yeux de Damien, de ses parents, des deux Franck et de tous ceux à qui Damien, discret comme un poissonnier sur un marché, avait pu en parler. Je transpirais plus que de raison, j’avais les mains moites comme des pieds après un footing, je repassais dans ma tête tous les scénarii qui pourraient se produire, répétait mes mouvements de langue, la bouche plus ou moins entrouverte. Enfin, lorsque mon regard croisa celui de Raphaëlle, je sus qu’il était trop tard pour reculer.

Nous nous fîmes chastement la bise, puis je lui proposai de marcher un peu, histoire de profiter du beau temps. Un silence de plomb s’installa rapidement. Elle le rompit en me racontant, sans le moindre préambule, un rêve insignifiant qu’elle avait fait la nuit précédente. Comme pour lui témoigner de l’intérêt, je confirmai que je rêvais aussi la nuit.

Le silence, de nouveau.

- Ca marche le collège ? lui demandais-je, me moquant éperdument de la réponse.

- Oui, sauf en math. Et toi ?

- Oui, sauf en math aussi. On a des points communs ! Tu connais le groupe Queen ? continuais-je, me sentant bien parti. J’aime beaucoup !

- Je n’aime pas du tout, moi c’est plutôt Genesis. Tu aimes ?

- Ben, j’aime pas du tout la voix de Phil Collins. Tu aimes les B.D. ? m’empressai-je de demander pour camoufler mon accès de sincérité concernant la voix de son chanteur préféré.

- J’aime pas lire, mais mon petit frère lis Tintin.

Le silence, de nouveau.

Je la détestais, pas seulement pour ne pas aimer ce que j’aimais, mais surtout parce que mon malaise grandissait de seconde en seconde et que je l’en tenais pour responsable. Il n’y avait plus qu’une chose à faire, ce pour quoi j’étais venu : en finir.

- On s’assoit ? lui proposai-je en lui désignant un coin de gazon que le soleil n’avait pas encore roussi.

- Oui, dit-elle, baissant la tête, gênée, comme si je lui désignais un lit.

- Tu es déjà sorti avec un garçon ? lui demandais-je, en étant cette fois-ci intéressé par la réponse.

- Oui, plein de fois ! se défendit-elle. Et toi ? Tu es déjà sorti avec une fille ?

- Bien sûr, à mon âge, tu penses bien !

Nous nous sommes alors regardés et, faisant appel à tout ce que j’avais pu voir à la télé, je me penchai vers elle et pausai mes lèvres sur les siennes. J’avais bien en tête les recommandations de Damien fondées sur sa « grande expérience » et j’introduisis ma langue dans sa bouche, de façon un peu brutale. Première impression : c’était visqueux, gluant, répugnant. Mon dégoût fut tel que je ne surveillai plus mes mouvements qui devinrent chaotiques, ce qui amena nos incisives à s’entrechoquer brutalement.

Elle recula, l’air éberlué.

- On s’en va ? J’ai plein de devoirs, dis-je.

- Oui, s’empressa-t-elle d’accepter.

Avant de se séparer, elle me donna son numéro de téléphone, je lui en donnai un faux et promis de l’appeler très bientôt. Puis, après m’être assuré que j’étais bien en dehors de son champ de vision, je jetai sans hésitation le numéro de téléphone dans la première poubelle venue.

Mon humeur était mitigée : je me trouvais heureux d’avoir enfin franchi le pas, mais j’étais inquiet en me demandant pourquoi je trouvais dégoûtant ce que tous les garçons et les filles semblaient rechercher. Je trouvai un début de réponse en arrivant à la boulangerie. En voyant le visage de Damien, ses lèvres, en songeant à sa langue, je me sentis transporté en l’imaginant à la place de Raphaëlle. Je lui racontai que ça c’était super bien passé, que c’était géant, mais que cette fille était trop conne, n’avait pas de conversation et que je n’avais pas l’intention de la revoir.

« C’est pas grave, maintenant tu es un homme, me dit Damien fièrement en me prenant par les épaules ».

Ce premier baiser avait-il bouleversé quelque chose en moi ? Le fait est que le moindre attouchement, le moindre frôlement de Damien me rendait désormais fébrile. Chaque fois que son corps touchait le mien, un flash s’imposait en mon esprit, réécrivant le souvenir de ce baiser en y substituant Damien à Raphaëlle. Sa salive devenait alors savoureuse, son haleine excitante, nos langues frétillantes de désir. Confusément, sans penser à ce tabou qu’était l’homosexualité, faisant passer à mes yeux cette envie pour de l’amitié profonde, je recherchais alors un maximum de contact charnel avec Damien. J’y réussis sans trop de difficulté, celui-ci ne se montrant guère farouche et la chance étant de mon côté...

© Antinoüs. Ce texte ne peut être reproduit sur aucun support autre que ce présent blog sans mon autorisation explicite. Merci.

par Antinoüs publié dans : Autobiographie
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