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Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère : l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Mon occupation préférée : la lecture. Mon rêve de bonheur : passer ma vie auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Mon animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
***
Il y a actuellement  2  curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
***
Quoi qu'il en soit, je vous souhaite un agréable moment en ma compagnie.
Antinoüs

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Vendredi 30 mars 2007

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En 1995, je regardais une série télé produite par Steven Spielberg, Seaquest, police des mers, notamment pour Jonathan Brandis, un acteur que vous avez peut-être vu plus jeune dans le rôle principal de L'Histoire sans fin II. Je le trouvais tellement mignon que j'ai essayé de réaliser un portrait de lui devant mon petit écran. Comme vous pouvez le voir, le dessin figuratif n'est pas mon point fort ; je ne peux m'empêcher de recourir à mes réflexes « manga » : cheveux et traits réduits à quelques traits évanescents.

Bon, j'avoue, j'ai découvert la série précitée parce qu'elle passait le dimanche peu avant (ou après ?) Des Millions de copains, l'émission de Dorothée à but humanitaire.

Dernière minute : en cherchant une photo de lui sur internet, je viens de découvrir que Jonathan Brandis s'était donné la mort par pendaison le 12 novembre 2003, à l'âge de 27 ans. Je suis sonné, j'ai du mal à y croire.

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par Antinoüs publié dans : Gribouillages
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Vendredi 23 mars 2007

Depuis que nous ne pratiquions plus la lutte, les cours d’Education Physique et Sportive étaient devenus pour moi un calvaire, dont j’essayais de me faire dispenser le plus souvent possible. Tout au long de ma première classe de seconde, Damien n’étant plus là pour me choisir, j’étais toujours parmi les derniers sélectionnés par les élèves qui constituaient les équipes de football ou de basket-ball : le vilain petit canard maladroit qui ne marquait jamais de point et avait peur du ballon, c’était moi. L’année suivante, pour ma deuxième « chance » en seconde, les choses s’étaient un peu arrangées, puisque Cédric me prenait systématiquement dans son équipe, en contrepartie de quelques remarques, à l'humour particulier dont il avait le secret, chuchotées à mon oreilles, du type : « T’as intérêt à marquer un but, p’tit pédé ! »

Les premiers cours d’E.P.S. en classe de première furent marqués par une épreuve d’endurance très pénible, dont j’ai depuis oublié le nom. Il s’agissait de courir par groupe, franchissant des paliers de vitesse, et de rester le dernier debout. Je dois dire que, contrairement aux sports d’équipe, j’appréciais ce genre d’exercice qui, comme pour la lutte, permettait à ma volonté de compenser ma déficience musculaire. Mon secret ? Rien de plus simple : j’ignore la douleur, les points de côté et je dois continuer, sous peine de m’infliger des sanctions que je me promets de mettre à exécution, par la suite, si j’échoue. J’avais appris cela de Julien Sorel, le héros du roman de Stendhal, Le Rouge et le noir.

Tandis que je commençais à manquer de souffle, aux voix des quelques filles que je connaissais de l’année précédente et qui m’encourageaient, se mêla celle d’un garçon qui ne m’était pas encore familière. C’était Mathieu qui me supportait en scandant mon prénom. Je restais toujours résolu à l’éviter : on ne fréquente pas un si beau mec quand on veut réfréner ses envies homosexuelles. Cependant, je ne pouvais me résoudre à plier l’échine devant le dieu des éphèbes et, à mes propres injonctions mentales, s’ajoutèrent le désir d’être admiré en vainqueur par le bienveillant Mathieu. C’est ainsi que je remportai l’épreuve. Lorsque ce fut à son tour de courir, je l’encourageai également, oubliant pour quelques minutes la distance que je tenais à faire perdurer entre nous. Mais, c’était l’encourager doublement, d’une part à gagner l’épreuve, d’autre part à se rapprocher de moi.

Au cours suivant, en mathématiques, il vint me demander la permission de s’asseoir à côté de moi. J’acceptai de bonne grâce, touché notamment par son côté fragile. Il faisait bien une tête de moins que moi et paraissait étonnamment frêle pour un garçon dont je savais pourtant le corps si bien fait. S’il était aimé des filles, comme on aime un mignon petit frère, les garçons qui pourtant ne le détestaient pas, ne manquaient jamais de se moquer de lui et son aspect gracile. L’un d’entre eux le surnommait « P’tit doigt », ce qui avait le don de le rendre furieux, à cause du double sens. Il ne me quitta plus d’une semelle et je m’imposai alors comme son protecteur, me persuadant que mon attitude à son égard n’était que pure charité. Il m’expliqua que ce surnom qu’il haïssait était injustifié, au moins sur le plan de son anatomie intime : « Je te la montrerai, si tu veux, tu verras, ce n’est pas parce que je ne suis pas très grand qu’elle est petite. »

Depuis l’année précédente, il sortait avec une jolie fille, d’une autre classe, qui se prénommait Marie. Fier de prouver à tout le monde que « P’tit doigt » avait un certain succès, il l’a câlinait et la couvrait de baisers dans les couloirs du lycée. Je les trouvais mignons, tous les deux, et attendait patiemment mon tour. En effet, depuis quelques temps, Mathieu empiétait sur mon espace vital, dès que Marie avait tourné les talons pour rejoindre sa classe. Pas du tout gêné des qu’en-dira-t-on, que ses embrassades publiques avec Marie tuaient dans l’œuf, il n’hésitait pas, devant nos camarades, à se coller lascivement contre moi pour me parler, à entourer ma taille de son bras et à me faire des bisous en me répétant que j’étais devenu son meilleur ami.

A ce stade de notre relation, je pressentais déjà ma défaite. Jamais un garçon ne s’était montré si proche de moi physiquement et chacun de ses baisers, chacune de ses caresses me faisait décoller. Je ne touchais plus terre, essayant de garder en tête que ne se manifestait là que pure amitié. J’ignorais s’il se souvenait de notre première rencontre au stage des délégués et n’osais lui poser la question, tant j’associais ce souvenir à un profond sentiment d’érotisme.

Une camarade de notre classe, Sandrine, qui connaissait Mathieu depuis le collège, se permit, confidentiellement, de me mettre en garde : « Je vois bien que tu l’aimes beaucoup, mais fais attention, derrière ses airs angéliques de poupon se cache un garçon très égoïste et hypocrite qui n’agit que pour ses seuls intérêts. Il te charme car il te sent faible. Il te fait croire qu’il est faible pour mieux endormir ta méfiance. J’ai vu Mathieu causer de grandes souffrances à des filles et à des garçons, méfie-toi. »

Si j’accueillis ces paroles avec bonhomie, trouvant charmant que Sandrine se souciât ainsi de moi, j’en rejetai immédiatement toute crédibilité, persuadé qu’elle n’avait pas idée de ce que Mathieu et moi ressentions l’un à l’égard de l’autre. Bien plus tard, je me souviendrais de cette mise en garde, apprenant qu’il ne faut pas mépriser les conseils de celle ou celui qui possède l’expérience.

Au mois d’octobre se déroulèrent les élections des délégués de classe. Mathieu et moi souhaitions nous représenter. Mon ami prit la décision de ne pas le faire, de crainte qu’une rivalité porte atteinte à notre nouvelle amitié. Il s’arrangea pour me présenter les choses de telle sorte que je le contredisse : « Ca m’aurait beaucoup plu d’être encore délégué, mais si je me présente, je sais que toutes les filles vont voter pour moi, et beaucoup de mecs aussi, et je n’ai pas envie que tu sois triste à cause de moi. » Je lui répondis que s’il pensait avoir toutes ses chances, si les élèves désiraient tant qu’il fût leur délégué, il n’y avait aucune raison pour qu’il ne se présentât pas. « Ca m’est égal si je ne suis pas élu », conclus-je. Il ne se le fit pas répéter deux fois.

Je votai pour lui, de crainte qu’il n’ait pas assez de voix et que la défaite ne le renvoie à son statut de « P’tit doigt ». Je me fis laminer sans concession, n’obtenant qu’une seule voix... celle de Sandrine, apprendrais-je quelques minutes plus tard. Il n’était pas faible, les filles ne l’aimaient pas avec condescendance mais avec fascination, les moqueries amicales de certains garçons n’étaient motivées que par la jalousie qu’éveillaient en eux l’extrême beauté et la popularité de Mathieu. Ma grande naïveté me fit honte. Je me braquai et ne voulus plus lui adresser la parole.

Toutefois, une partie de moi se disait qu’il tenait vraiment à moi, qu’en l’ignorant ainsi, il viendrait de lui-même me parler, avec son air de chien battu qui me fendait le cœur, et que tout s’arrangerait. Il n’en fit rien. Sans réfléchir aux conséquences, je piétinai ma fierté après avoir battu froid Mathieu pendant deux jours, et offrit à celui-ci un chocolat au distributeur du hall du lycée, m’excusant pour... mon manque de fair-play. Quelle autre cause aurais-je pu lui donner quant à mon attitude ? Il m’assura que c’était sans gravité et, fort de mon sentiment de culpabilité, se laissa désormais chaque jour offrir des chocolats chauds. J’avais perdu la première bataille. Dans ce genre de relation, elle est la plus décisive.

Au cours de l’automne de la même année, 1993, une violente dispute éclata entre nous. Tout commença par son attitude fuyante à mon égard, du jour au lendemain : plus aucune caresse, plus aucun baiser, pas le moindre mot tendre. Sandrine, à qui il s’était confié, m’expliqua : « Il pense que tu es homo et qu’il vaut mieux mettre de la distance entre vous, pour que tu ne souffres pas. Pour ma part, je crois qu’il l’a toujours su, mais qu’il ne sait pas ce qu’il veut, alors il fait comme s’il venait de s’en apercevoir. »

J’assurai Sandrine qu’elle faisait erreur, que jamais, ô grand jamais, je ne serais pédé et que Mathieu allait devoir s’excuser de colporter ainsi des rumeurs sur moi. Dans un petit passage champêtre, derrière le lycée, chemin boisé, souvent désert, qui conduisait aux riches pavillons parmi lesquels vivaient les parents de Mathieu, je profitai d’un moment calme de l’après-midi pour y surprendre le jeune homme qui faisait bouillir mon sang. Je l’agrippai au col :

- Comment tu as pu raconter à Sandrine que j’étais pédé ?!

- Elle m’avait promis de ne pas te le dire !

- C’est ça, ton excuse ?

- En fait, on se fait des bisous, des câlins, et je me suis dit que ce n’était pas très bien. Deux garçons ne devraient pas faire ça. On en a parlé au catéchisme et...

- Je me fiche du caté’ ! explosai-je, tu te disais mon ami et maintenant tu vas raconter aux autres des saloperies sur moi !

- Pardon ! Pardon ! se mit-il à pleurer, sans doute affolé par ma puissante colère.

Je le lâchais. Il fit un pas en arrière, me regardant comme s’il me voyait pour la première fois, puis il se jeta dans mes bras, me donna des baisers dans le cou, répétant qu’il ne méritait pas mon amitié. Je le serrai dans mes bras, si bien que je senti que, comme moi, il bandait. J’avais gagné la deuxième bataille, ce qui n’eut pour effet que de renforcer mon sentiment de culpabilité dont je n'entrevoyais plus vraiment l’origine. Il me faudrait plus de dix ans pour comprendre que ma mère m’avait « dressé » de telle sorte que je ne puisse pas tenir tête à autrui sans m’en affliger. Pour soulager cette désagréable impression, j'allais me montrer aux petits soins pour Mathieu, faisant disparaître mes économies pour le couvrir de petits présents.

Avec l’hiver, il tomba malade. Je débarquai chez lui, après les cours, avec des Mars, des Bounty et une B.D. de Thorgal : tout ce qu’il aimait. Sa mère, femme au foyer, était partie faire des courses avec sa petite soeur ; son père, ingénieur agronome, n’était pas encore rentré du travail. Il sembla ravi de me voir, m’embrassa malgré ses microbes.

Quand il passa devant moi pour me faire visiter la maison, j’aperçus un accroc dans son pantalon de survêtement qui lui servait de pyjama, au niveau des fesses. J’y passai mon index et sentis sa peau d’une douceur étonnante.

- Non seulement tu portes un pantalon troué, mais en plus tu es à poils en dessous ! C’est quoi cette tenue ?!

- Il y a une déchirure aussi devant, me montra-t-il en riant, c’est pratique pour me branler quand je suis au lit !

Je me gardai bien de lui faire remarquer que le trou de devant était plutôt petit. Nous nous installâmes dans sa chambre pour bavarder et plaisanter, en dévorant des barres chocolatées et en admirant les muscles de Thorgal. Au bout d’un moment, il déplora de se sentir collant ; il avait transpiré à cause d’un montée de fièvre. « Je vais aller prendre une douche, rapidement, me dit-il. Je te proposerais bien de venir avec moi dans la salle de bains pour qu’on continue à parler, mais si ma mère rentre, elle va se poser des questions. »

Je voulus rentrer chez moi, mais il me pria de rester. Il laissa la porte de la salle d’eau ouverte, elle faisait face à sa chambre dans laquelle je demeurai. Tandis qu’il continuait à me parler tout en se déshabillant, j’évitai de le regarder pour lui répondre, ou plutôt je veillai à ne fixer de loin que son regard, laissant tombé un voile flou sur le reste de son corps, par un subtile jeu d’optique qui me faisait peut-être loucher. Il revint rapidement dans la chambre, encore mouillé, la taille enveloppée d’une serviette. Il se jeta sur son lit, se cala contre son oreiller, un genou levé qui entrebâillait la pièce de linge en éponge bleue. Je me dépêchait d’engager une conversation pour occuper mon esprit.

- Marie est venue te voir ?

- Oui, ce matin. Mais j’étais trop fiévreux, elle n’est pas restée longtemps.

- Tu étais vêtu un peu pus décemment ?

- Bien sûr ! Ma mère était là ! Dommage, ça aurait pu être l’occasion pour qu’on franchisse le pas... Ah, ben merde ! Faut qu’on parle d’autre chose, regarde, je bande maintenant ! s’exclama-t-il alors que sa serviette se soulevait sensiblement.

Le bruit d’une clef dans la porte d’entrée nous fit sursauter. Mathieu se jeta sur son pantalon et enfila un pull. Il était temps : la mère et la petite soeur débarquaient.

Un soir de ce même hiver, il débarqua chez mes parents. Ma mère ne l’aimait pas, sans doute préssentait-elle que je l’aimais trop. Comme à notre habitude, nous nous enfermâmes dans ma chambre. Il s’installa sur mon lit, avec sa nonchalance coutumière et virile, appuyé contre le mur qui faisait office de ciel de lit, les cuisses largement écartées. « J’ai une grande nouvelle à t’annoncer ! me dit-il avec une certaine fierté dans la voix. Cet après-midi, Marie et moi, on a fait l’amour. »

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© Antinoüs. Ce texte ne peut être reproduit sur aucun support autre que ce présent blog sans mon autorisation explicite. Merci.

par Antinoüs publié dans : Autobiographie
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Mercredi 21 mars 2007
Si je me suis permis ce petit pastiche innocent, c'est parce que j'aime la Bible, en temps que texte littéraire. Si elle peut paraître irrespectueuse, en réalité cette nouvelle  ne m'a été inspiré que par mon esprit fantaisiste, sans aucune arrière-pensée revancharde à l'égard d'une religion qui m'a rejeté uniquement parce que mon âme-soeur est un homme.
 
***
 
 
Traditionnellement, dans la Bible de Jérusalem, une semaine de six jours est nécessaire à Dieu pour créer le monde, à chaque jour correspondant un sixième de la Création. Plus schématiquement encore, on peut distinguer deux temps.
Le premier, qui s’étend sur les quatre jours initiaux, est consacré à une œuvre de séparation : Dieu sépare la lumière des ténèbres, le ciel de la mer, la mer de la terre, puis le jour de la nuit. Le second temps, qui s’étend sur les cinquième et sixième jours, est consacré à une œuvre de rassemblement : Dieu rassemble dans la mer tous les êtres vivants qui grouillent dans les eaux, dans le ciel tous les oiseaux qui volent contre le firmament, et sur la terre tous les bestiaux, les bestioles et les bêtes sauvages qui, comme les poissons et les oiseaux, seront dominés par l’ultime créature de Dieu, faite à son image, couronnement de la Création : l’homme.
Il convient ici de parler du jour suivant car, enfin, une semaine judéo-chrétienne ne comporte pas six jours, mais sept.
Ce septième jour est bien embarassant puisque, habituellement, on le justifie par la prétendue fatigue de Dieu? En effet,qui n’a jamais entendu dire que le créateur s’était reposé ce jour-là ? Quelle énormité ! Comment ? Dieu, qui est tout puissant, aurait eu besoin d’une journée pour récupérer ? Et pourquoi pas des congés payés ? Non. En se référant, dans un regain d’Humanisme, à la Bible-même, sans avoir recours au prisme déformant de l’institutrice ou de l’émission télévisée à but pédagogique, on lira, non pas que Dieu au septième jour se repose, mais qu’il chôme. Il chôme. Il glandouille, il ne branle rien, si vous préférez. Pas parce qu’il est épuisé, mais parce que le septième jour, il décide de ne rien faire. Tout simplement. Quel mal y a-t-il à cela ? Dieu ne peut-il s’autoriser quelque chose que l’homme ne se refuse jamais à la moindre occasion ?
Mais, justement, revenons à l’homme.
Dieu, qui se passionnait pour la poterie depuis qu’il avait vu le film Ghost (il connaissait tout de l’avenir, est-ce nécessaire de le préciser ?) dans lequel Patrick Swaze et Demi Moore s’en donnent à cœur joie avec une tour de potier, Dieu, dis-je, modela l’homme (Adam en hébreux) avec de la glaise du sol. Pour faire de lui un être vivant, il lui insuffla dans les narines son haleine ; heureusement, à cette époque, Dieu n’était pas encore alcoolique.
Ensuite, il créa un merveilleux parc pour y faire vivre Adam : il y avait des manèges, une grande roue, des animaux (des vrais, pas avec des gens sous-payés à l’intérieur) et, en son milieu, l’arbre de la connaissance du bien et du mal (c’est-à-dire un bête pommier).
Dieu dit à Adam : « Tu peux becter tous les fruits des arbres du parc. Mais t’as pas intérêt à toucher à mon pommier, sinon t’oir ta gueule ! »
Puis il pensa : « Je me ferais bien un barbecue, moi. » Alors il fit tomber une torpeur sur Adam, qui s’endormit – ce fut en quelque sorte la première anesthésie de l’histoire de l’humanité. Le Saigneur prit une des côtes du dormeur en salivant, et referma la chair. La côte lui sembla bien maigre, et il décida, faute de mieux, de se rabattre sur un cochon qui passait par là. Ne sachant plus que faire de la côte d’Adam, il la transforma en un second homme qui tiendrait lieu de compagnon à Adam – ce fut en quelque sorte le premier clone de l’histoire de l’humanité.
En le voyant, Adam s’écria : « Tu t’appelleras Evain, du verbe « haya » qui signifie « vivre », car je sens que tu es un bon vivant et qu’on va bien se marrer tous les deux ! » Dès lors les deux hommes, nus, passèrent leurs jours et leurs nuits à forniquer ensemble comme des cochons, au risque de se faire piquer leurs côtes par l’Autre.
Tout allait pour le mieux, c’était le paradis, lorsque le serpent, le plus rusé des animaux que Dieu avait créés, dit un jour à Evain : « Alors, comme ça Dieu a dit que vous ne deviez pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance ? Quel rat ! En fait, il veut tout garder pour lui. » Furieux d’entendre parler ainsi de son maître, Evain se jeta sur le serpent et lui arracha les pattes en criant : « Connard ! Je vais te faire marcher sur le ventre, tu vas bouffer de la terre ! »
Adam qui assistait à toute la scène entendit, avec terreur, le pas de Dieu qui se promenait dans le parc pour profiter de la brise matinale.
En voyant Evain, les pattes du serpent à la main, Dieu s’écria : « Tu quoque, fili ! » (Toi aussi, mon fils, pour les non-latinistes). Evain lui dit : « C’est le serpent qui a commencé ». Alors, Dieu trancha les parties d’Evain et lui dit : « Parce que tu m’as défié en faisant justice toi-même, je te condamne à être une femme, Eve ! Votre petite tranquillité, à Adam et à toi, est finie : vous ne pourrez plus faire l’amour sans engendrer d’autres humains ».
A Adam, Dieu dit : « Parce que tu as laissé Evain mutiler une de mes créatures, je te condamne au travail : pour trouver subsistance tu devras prendre le métro tous les jours et faire des heures supplémentaires pour ne pas être viré. Tu seras si stressé qu’à trente ans tu auras des pellicules, à quarante ans tu ne banderas qu'avec difficulté, et à cinquante ans tu crèveras d’un infarctus du myocarde » .
 
***
 
C’est ainsi que le pauvre Adam, ayant perdu son joyeux et luxurieux compagnon, fut chassé du parc d’attraction le plus chouette qui eût jamais existé, embarrassé d’une femme.

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par Antinoüs publié dans : Griffonnages
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Samedi 17 mars 2007

Je dois l’avouer : je n’ai jamais été très doué pour la mise en couleurs de mes dessins. J’en ai gâché un certain nombre chaque fois que je n’ai pas souhaité me contenter du noir et blanc ! Pour ma défense, il faut dire que je n’ai jamais pris de cours d’arts plastiques, hormis ceux du collège s’entend.

C’est assez tard, un jour de 1999, que je me suis enfin trouvé assez satisfait par la coloration d’une de mes « œuvres ». Pourtant, j’ai utilisé des matières premières non académiques, à tel point qu’un prof de dessin se trouverait peut-être pris de nausée en voyant le résultat ! J’ai employé, pêle-mêle : du crayon à papier, de l’aquarelle, un stylo-plume à encre rouge, un stylo noir, du feutre noir, du pastel et... du blanc correcteur !! Mais, j’arrête mes bavardages et vous laisse admirer l’étendue des dégâts, inspiré d’un personnage de Haruhiko MIKIMOTO (qu’il me pardonne)...

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Vendredi 16 mars 2007
Une explosion de rires retentit. Comme d’habitude.
Trois centimètres de neige, au moins, recouvraient le boulevard, si bien que les rares voitures qui le parcouraient ce jour-là roulaient avec une prodigieuse lenteur, à tel point qu’il aurait fallu s’arrêter de marcher pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’une illusion d’optique et que les véhicules avançaient bel et bien. Les passants, considérablement moins nombreux qu’à l’ordinaire, emmitouflés dans d’épais manteaux, marchaient, d’un pas incertain, baissant la tête et fronçant les yeux pour éviter d’être aveuglés par les flocons, un petit nuage limpide et fugitif au coin des lèvres, comme une bulle de bande-dessinée.
La blonde et jolie Cathy n’évita pas la plaque de verglas dissimulée sous la neige et, en un instant, se retrouva ridiculement assise sur le trottoir blanc et poudreux, une jambe de collant noir et un bras de fausse fourrure fauve suspendus dans les airs, le mascara écarquillé de stupeur, un O carmin dessiné sur les lèvres.
Elle ne fut pas surprise lorsqu’ éclatèrent ces rires multiples et lointains qui, elle le savait, n’appartenaient pas aux passants, inquiets, s’affairant autour d’elle.
Depuis maintenant six mois environ, ce phénomène se répétait sans cesse : chaque fois que Cathy avait le malheur de dire ou de faire quelque chose d’amusant ou de grotesque, des rires effroyables, qu’elle était seule à entendre, retentissaient, tantôt riant avec elle, tantôt riant d’elle. A qui appartenaient ces rires fantômes aux échos caverneux surgissant, semblait-il, d’outre-tombe ?
Elle avait confié son problème à Margaret, l’agent artistique de Monsieur Travis, qui était une femme lettrée.
Celle-ci lui apprit que Rabelais, dans le Quart Livre, racontait une aventure similaire. Tandis que Pantagruel et ses compagnons sont en haute mer, l’air résonne soudain de voix, de cris, de heurts guerriers. Le capitaine du navire explique que l’hiver précédent, lors d’une bataille navale, il a fait si froid que tous les sons ont gelés et que, maintenant, les rigueurs hivernales passées, ils fondent et peuvent être entendus. Margaret conclut qu’il suffisait d’attendre l’hiver pour que les rires gèlent de nouveau et redeviennent inaudibles.
Cathy ignorait qui était râblé et se demanda : « Pourquoi un car livre, alors qu’en général c’est une fourgonnette qui se charge des livraisons ? Et c’est quoi le rapport avec mon problème ? » Toutefois, elle remercia avec sincèrement Margaret qui, jalouse depuis que Cathy s’était installée chez Brian Travis, s’était évidemment moqué d’elle en lui donnant ce conseil.
Cathy avait patiemment attendu le début de l’hiver et la chute des températures mais, les rires ne cessant pas, elle décida de rencontrer un psychiatre. Elle se rendait à sa première consultation quand elle se retrouva dans la neige, les quatre fers en l’air.
 
 
Sur la porte, une plaque de cuivre gravée annonçait :
DOCTEUR SIGFRIED DUFER
PSYCHIATRE – PSYCHOTHÈRAPEUTE
PSYCHANALYSTE – PÈDOPSYCHIATRE
ZOOPSYCHIATRE – NECROPSYCHIATRE
PSCHOTIQUE PSYCHONEVROSÈ
PSYCHOPATHE PSYCHÈDÈLIQUE
Cathy, fronçant ses sourcils soigneusement dessinés, s’étonna à haute voix : « Mais, comment fait-il pour faire tenir tout ça sur sa carte de visite ? », ce qui eut pour effet de déclencher une nouvelle déferlante de rires.
Ce fut un homme chenu, à la barbe méticuleusement taillée, qui la reçut fort civilement dans son cabinet. Chacun prit place autour du bureau, Cathy hésitant à s’asseoir.
- Je vous en prie, installez-vous et dites-moi ce qui vous amène, je suis à votre écoute, dit le docteur Dufer en se calant confortablement dans son fauteuil, les genoux sous le menton, et enfournant son pouce dans sa bouche.
- Qu’est-ce que vous faîtes, là ? demanda Cathy d’un ton dubitatif, haussant un sourcil d’un air incrédule.
- N’y prêtez pas attention. Je me suis disputé avec ma mère avant-hier, et depuis j’ai régressé jusqu’au stade oral. Mais parlons un peu de vous. Que vous arrive-t-il ?
- Eh bien, voilà, docteur, commença Cathy d’une voix exagérément plaintive, depuis des mois j’entends des rires. Il y a sans arrêt, autour de mois, des gens qui rient à s’en décrocher la mâchoire, mais je ne les vois pas.
- Mmmmh ! Parlez-moi de vos situations familiale et professionnelle.
- Je suis célibataire. Mais je ne vis pas seule. Est-ce que vous connaissez Brian Travis ?
- L’acteur ?
- Oui ! Eh bien, j’habite chez lui. Il y a quatre ans, il m’a embauchée pour être la nanny de ses sept enfants. C’était une aubaine pour moi : je n’ai pas fait d’études, et jamais je n’aurais cru qu’un jour j’habiterais dans un quartier résidentiel ! En plus, les enfants sont adorables, je les aime comme si c’était les miens. Vous savez, leur mère est morte quand l’aîné avait douze ans, et je crois qu’ils me considèrent comme leur seconde maman – ceci dit, notez bien que je serais trop jeune pour avoir des gosses de leur âge, ajouta Cathy sur le ton de la confidence, d’un air entendu.
- Est-ce que vous êtes amoureuse de Mr. Travis ? interrogea le médecin, de butte en blanc.
- Quoi ! Amoureuse de mon patron ! s’indigna Cathy. Peut-être un peu, oui, finit-elle d’un ton plus doux, après un court moment de réflexion. Je ressens comme un manque quand il n’est pas là. Il va bientôt partir en tournée pour jouer Hamlet : ça me rend aussi triste que les enfants…
- Que voulez-vous, on ne fait pas Hamlet sans casser des œufs !
- Hein ?
- Non, rien. Ecoutez, ce qui vous arrive est très clair.
- Vous savez pourquoi j’entends ces rires ? s’exclama Cathy, pleine d’espoir.
- Bien sûr. C’est une pathologie assez récente dans l’histoire de la psychiatrie : vous souffrez de sitcomite aiguë. Je m’explique : votre vie est digne d’un scénario de sitcom, à un tel point que vous êtes persuadée d’entendre les rires du public.
- Et que dois-je faire pour que ça cesse ? Est-ce qu’il y a un espoir, docteur ?
- Ma foi, c’est assez simple : vous devez avouer vos sentiments à votre patron. C’est toujours comme ça que se termine une sitcom. Ainsi, les rires cesseront.
- C’est peut-être simple pour vous, répondit pensivement Cathy. Si vous croyez que c’est facile.
 
 
Quand Cathy revint d’accompagner les enfants à l’école, elle trouva Brian Travis seul, installé dans le canapé du salon. Tant mieux ! Elle était bien décidée à lui ouvrir son cœur !
- Je vous attendais, Cathy, dit Mr. Travis d’un air décidé.
- Vous m’attendiez ? s’inquiéta Cathy. Oh, écoutez, je suis vraiment navrée pour ce vase, je sais que vous y teniez beaucoup, mais je vous en achèterai un autre dès que j’irai dans une brocante.
- Vous ne faites pas allusion à mon Ming, j’espère ? Mais oui, au fait, où est-il ?
- Oups ! lâcha Cathy, comprenant sa gaffe.
Une cascade de rires ininterrompus se répandit autour de la jeune femme.
Sans aucune transition, Brian Travis saisit délicatement les mains de Cathy, et lui parla d’une voix douce :
- Avant mon départ en tournée, je voudrais mettre certaines choses au point avec vous. J’ai récemment pris conscience que j’éprouvais des sentiments tendres pour vous, et je crois avoir deviné qu’ils sont réciproques, n’est-ce pas ?
- Est-il possible que cela m’arrive à moi ? s’étonna Cathy. Une fois dans ma triste, ma pauvre enfance, j’ai fait sans doute une bonne action, puisqu’ aujourd’hui vous êtes là, près de moi, vous mon premier bonheur.
- Y a t-il quelqu’un à qui je devrais aller demander la permission de vous épouser ? s’enquit Brian.
- Pourquoi ne pas le demander aux enfants ? répondit Cathy, avant de lui donner un long baiser.
Pour la première fois, les rires cédèrent la place à des sifflements complices et des applaudissements de félicitations.
 
 
Tous étaient réunis pour la dernière : réalisateurs, scénaristes, cameramen, maquilleuses, coiffeuses et comédiens. Un long buffet recouvert de mets appétissants traversait de part en part le décor. L’ambiance était à la fête, mais aussi à la mélancolie.
- Et voilà, Judith, dit Brian Travis à Cathy, une coupe de champagne à la main, cette fois, c’est bel et bien fini. Le dernier épisode d’Une Nounou nommée Cathy sera diffusé dans deux mois.
- Je m’étais habituée à bosser avec toi, John, et avec les mômes, répondit Cathy. Quatre ans de tournage ensemble, ça représente quelque chose ! Je crois que j’ai un peu le cafard.
- Tu sais, peut-être serons-nous réunis dans un an : il est possible que ce ne soient que des bruits de couloir, mais j’ai entendu parler d’un téléfilm spécial qui relaterait le voyage de noces de Cathy et Brian. Ca te tenterait de le tourner ?
- Pourquoi pas ? Si je n’ai pas signé entre temps avec Coppola ou James Cameron… ajouta la jeune femme ironiquement en clignant de l’oeil.
Son sang se pétrifia alors dans ses veines tandis qu’un public fantôme vomissait de bon cœur un torrent épais et tonitruant de rires.

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© Antinoüs. Ce texte ne peut être reproduit sur aucun support autre que ce présent blog sans mon autorisation explicite. Merci.

par Antinoüs publié dans : Griffonnages
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Vendredi 9 mars 2007

Mesdames et Mesdemoiselles, puisque j’ai l’immense plaisir de recevoir en mon Sanctuaire des représentantes de la gente féminine, je vous demanderai exceptionnellement de bien vouloir sortir. Je dois, en effet, m’entretenir avec mes visiteurs mâles d’un sujet ayant trait à notre anatomie intime ; je ne voudrais pas vous choquer.

Messieurs, maintenant que nous sommes entre nous, j’ai une question profondément existentielle à vous poser. Nous savons qu’en règle générale le testicule gauche est légèrement plus gros et pend plus bas que le droit. Ceci pour les droitiers, l’inverse étant vrai pour les gauchers. Bon. Mais... pourquoi ? Rien dans la nature n’est laissé au hasard, tout a une raison d’être dans la constitution du corps humain. Or, si l’on trouve des descriptions très précises de notre appareil génital, sur internet ou dans des encyclopédie, je n’ai trouvé nulle part l’explication à cet état de fait. Qui saura me donner la réponse à cette question qui me tarabuste les synapses depuis quelques temps ?

Je me marre à l’avance en imaginant les mecs les plus étourdis se précipiter aux toilettes, après avoir lu cet article, pour vérifier ce que j’affirme.

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par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Vendredi 9 mars 2007

Si, ce matin, je me suis levé du pied gauche, c’est que je n’ai pas fermé l’œil (ni l’autre) de la nuit. « La fortune vient en dormant », paraît-il... Moi, j’ai perdu une fortune en achetant le week-end dernier un oreiller à mémoire de forme, pour une somme à dormir debout. L’oreiller qui ne se déforme pas et qui maintient parfaitement votre colonne vertébrale. Un parpaing, oui ! Seul un fakir peut dormir là-dessus ! Ils utilisent les mêmes à l’aérospatiale et à la NASA, y avait écrit sur la boîte. Moi qui rêvais d’aller sur la Lune, je vais y réfléchir à deux fois ; les astronautes doivent très mal dormir ! Si ce soir, j’ai envie de m’casser la voix de dormir du sommeil du juste, dans ma position préférée, à moitié sur le ventre, j’ai plutôt intérêt à me procurer un oreiller qui autorise ma nuque à prendre voluptueusement la forme d’un « S »... bref, un oreiller à mémoire difforme !

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Je profite de cet article, dont la portée va révolutionner la face du monde, pour lancer un sondage édifiant. Si vous avez un âge mental (ou réel) inférieur à 18 ans, vous pouvez participer.

QUE PORTEZ-VOUS POUR DORMIR ?

A vos commentaires !

par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Mardi 6 mars 2007

La publicité mensongère !!

Au Buffalo Grill, on te sert du bison grillé. A La Criée, on te propose du poisson frais. Mais, à l’Hippopotamus ? Tu peux toujours l’attendre ton entrecôte d’artiodactyle !

par Antinoüs publié dans : Enfin bref...
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Dimanche 4 mars 2007

Bon dimanche, sous vos applaudissements ! Bienvenue au Théâtre de l’Empire, vous êtes ici chez vous. Un programme exceptionnel vous attend :

11h20 – Entrez les artistes. Découvrez l’actualité de l’opéra, du cinéma, des concerts et du music-hall, mais n’y allez pas, restez plutôt sur Antenne 2.

13h20 – Après le journal de midi qui commence à 12h45, nous retrouverons Croyable mais faux. Aujourd’hui, encore, nous assisterons au train-train quotidien de personnages ordinaires campés par des comédiens.

14h20 – Magnum, série américaine (rediffusion). Inutile d’aller voir ce qui se passe chez les concurrents, ce n’est pas mieux : sur TF1, c’est Starsky et Hutch, série américaine (rediffusion) ; sur FR3, D’Un Soleil à l’autre reçoit M. Ledru, président de l’inter-profession laitière qui, à l’occasion de la semaine internationale de l’agriculture sédentaire, viendra présenter une sélection de trente-huit courts-métrages de clubs-vidéo ruraux.

15h10 – L’Ecole des ânes. Des marmots viendront braire des chansons de Gérard Lenormand. Accompagnement musical : Bob Quibel et Pino Lattuca (ça ne s’invente pas).

15h55 – Les Voyageurs de l’histoire. Avec mes jeunes amis, nous nous rendrons à Paris le 18 brumaire de l’an VIII pour assister au renversement du Directoire. Vous pourrez en profiter pour aller faire pipi, goûter ou sortir le chien.

16h25 – Thé dansant. L’émission réservée aux aînés des spectateurs de La Chance aux chansons. Notre invitée d’honneur sera Nelly Gustin (ou plutôt ce qu’il en reste) qui viendra nous interpréter Sur les quais du vieux Paris. Accord grand-parental souhaitable.

16h55 – Nous nous dirons au revoir. Vous pourrez aller préparer vos affaires pour demain.

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par Antinoüs-qui-pète-les-plombs-la-veille-de-la-rentrée publié dans : Griffonnages
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Jeudi 1 mars 2007

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Je dis facilement « je », mais les verbes qui suivent ce pronom sont souvent conjugués au passé. Je peine à parler de moi au présent. Si bien que la rubrique « Au fil des jours, je... », qui devrait être quotidiennement agrémentée d’un nouvel article, se retrouve parfois délaissée pendant plusieurs jours (voire plusieurs semaines). Pourtant, un blog, à l’origine, c’est bien un journal intime en ligne, hein ? Je ne remplis pas mon contrat, je prends la tangente en vous parlant du moi d’autrefois, en partageant avec vous mes textes, mes dessins, mon humour, en évoquant Dorothée (ça y est, je l’ai encore casée, j’adore écrire son nom). Manifestement, ce n’est pas pour vous déplaire, comme l’attestent vos touchants commentaires, mais peut-être vous demandez-vous parfois : « Mais, il fait quoi de ses journées, Antinoüs, depuis deux semaines, quand il ne nous offre pas un nouveau chapitre de son autobiographie ou qu’il ne nous parle pas de Croque Vacances ? »

Oh ! Oh ! Vous voyez ce que je viens d’écrire ? N’est-ce pas une des plus parfaites manifestations d’égocentrisme ? Je m’imagine être suffisamment intéressant pour que des gens que je n’ai jamais rencontrés « en vrai » se posent une telle question ! Je pourrais concevoir que vous vous la posassiez (désolé, mais moi ça me fait marrer, le subjonctif imparfait) si j’étais médecin légiste, profiler, vedette du petit écran, acteur, chanteur pop, premier ministre ou serial killer. Mais je ne suis qu’un petit prof (1m72) de banlieue qui rêve de se recycler afin de pouvoir passer ses journées à concevoir et à écrire des bêtises qui vous apporteraient distraction, émotions et gaîté.

Pondre des scénarii de séries télé, écrire des romans et des recueils de nouvelles, concevoir des émissions pour enfants distrayantes et éducatives (comme le faisaient si bien Jacqueline Joubert, Christophe Izard et Claude Pierrard), voilà à quoi j’aspire. Telle est ma vraie vocation. Mais, je suis lâche : j’ai une profession correctement rémunérée (je vais me faire lyncher à écrire un truc pareil) et la sécurité de l’emploi. Ma conscience et mon estomac m’interdisent de tout lâcher. Alors, avec Hadrien, nous nous sommes mis à jouer au Loto. Tiens, quand on parle du loup, je n’en vois pas encore la queue mais il vient de rentrer, et la pizza est au four.

Donc, j’arrête abruptement cet article qui, de toute façon, n’a pas de ligne directrice.

Ah, oui, au fait, aujourd’hui j’ai pris le thé avec Mina, une copine de lycée que j’ai retrouvée sur le site « Copains d’avant » : elle est aussi géniale que dans mes souvenirs. Nous nous reverrons. La pizza est chaude : point final.

par Antinoüs publié dans : Journal intime
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