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Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère : l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Mon occupation préférée : la lecture. Mon rêve de bonheur : passer ma vie auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Mon animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
***
Il y a actuellement  2  curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
***
Quoi qu'il en soit, je vous souhaite un agréable moment en ma compagnie.
Antinoüs

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sans oublier Le Temple d'Hadrien, mon empereur bien-aimé.templehadrien.JPG

Jeudi 19 avril 2007

Si mon style graphique (que je cherche encore, soit dit en passant) fut très influencé par les shôjo manga (B.D. japonaises pour filles) et les dessins animés qui en étaient issus (Candy, Gigi, Lady Oscar ou encore Jeanne et Serge), les personnages féminins longilignes de Leiji MATSUMOTO (Albator, Galaxy Express 999) me séduisirent également : de ces visages allongés à la Modigliani, des ces corps si frêles qu’ils paraissent aisément cassables, de ces cheveux dans le style de Mucha, émane un sentiment de mélancolie que je trouve très touchant.

Voici un dessin que je réalisai en 2001, imaginant une princesse de l’espace que Captain Harlock (Capitaine Albator) pourrait rencontrer au cours d’un de ses voyages interstellaires...

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par Antinoüs publié dans : Gribouillages
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Lundi 16 avril 2007

Avertissement : ce chapitre comporte des scènes dans lesquelles la sexualité est explicitement exprimée. Sa lecture est réservée à un public adulte et, de préférence, masculin.

« Tu es en terminale, tu dis ? Alors, tu vas passer ton bac, gamin. Mais tu ne dois pas dormir. »

Dans l’échelle de mes priorités, le bac n’occupait que la deuxième place, derrière Mathieu. Cette ultime année lycéenne fut marquée par la passion démentielle que je vouais à ce dernier. Il faut dire qu’il ne ménageait pas ses efforts pour me plonger dans un état permanent d’excitation. De l’intimité câline qu’il entretenait avec moi en classe de première, il se laissa glisser sensiblement, sans que je l’en empêchasse, vers une intimité d’ordre essentiellement sexuel.

Il semblait devenu incapable de s’adresser à moi sans passer la main sous son t-shirt qu’il soulevait négligemment pour dévoiler ses abdominaux. Dans la discrétion de ma chambre ou de la sienne c’est dans son pantalon qu’il laissait se promener ses doigts tandis que nous devisions de choses et d’autres. Quand il finissait, rapidement, par bander, il ne manquait pas une occasion d’interrompre notre conversation pour me montrer, à travers son jean ou son short de sport, ce que j’avais déjà remarqué sans son intervention. Même en classe, assez souvent, il me donnait des petits coups de coude à l’insu du prof, ce qui, par habitude, me faisait tourner les yeux vers son entrejambe ; alors, sous son pantalon, il remuer son pénis en érection contre sa cuisse, me lançant des regards complices qui me rendaient écarlate. Si bien que, cette année-là, la vigueur de mes 19 ans aidant, je ne pensais plus qu’au sexe et ne débandais que rarement.

Un jour, avant le début des cours, Mathieu vint chez moi, profitant de l’absence de ma mère pour la matinée. Prétextant qu’il faisait chaud, il déboutonna largement sa chemise, puis se lamenta du peu de relief de ses pectoraux, pour mieux pêcher mes compliments.

– Arrête, tu as un super corps, dis-je.

– C’est vrai ? J’ai l’impression qu’il te plaît plus qu’à Marie.

– Marie est folle de toi, répliquais-je en laissant courir mon index sur son sein gauche. Celui-ci durcit instantanément, je crus défaillir de plaisir en constatant ce qu’un seul de mes doigts pouvait faire.

Mathieu ricana et se leva précipitamment pour prendre quelque chose dans son sac à dos. Il me tendit une cassette VHS.

– Regarde, ce que j’apporte : un bon film de cul qu’un copain m’a prêté !

– « L’Empire des chattes » ? C’est ridicule comme titre !!

– Oui, mais dedans, il y a plusieurs scènes dans lesquelles deux potes s’occupent ensemble d’une fille. En voyant ça, j’ai imaginé que ça pourrait être nous deux. On a le temps d’en regarder un bout avant d’aller en maths...

Si j’avais déjà regardé, en cachette de mes parents, les films X de Canal + cryptés (en plissant les yeux jusqu’à en avoir mal aux sourcils), ce serait la première fois que j’aurais l’occasion d’en découvrir un avec une image contrastée décemment. Et aussi la première fois que je regarderais ce genre de film en compagnie de quelqu’un. Je n’hésitai pas davantage à étrenner l’antique télé et le magnétoscope toussotant, que j’avais la chance de posséder dans ma chambre, en y engouffrant la cassette qui démarra aussitôt. Mathieu et moi nous allongeâmes sur mon lit, côte à côte.

Il ne s’écoula que quelques images avant qu’il me confie : « J’ai un gourdin pas possible ! » Comme il m’y avait tacitement autorisé, j’observais la protubérance qui soulevait son jean. Que je regarde avec les yeux ne lui suffit pas, il prit ma main et la guida dans son pantalon. A travers le caleçon, je serrai son sexe entre mes doigts, comme pour m’assurer de sa dureté. « En effet, admis-je en retirant ma main, tu es très excité ! » C’était la première fois que je le touchais ainsi, si bien que je me sentis obligé de ne pas garder ma pensée pour moi : « Tu ne m’avais pas menti, tu es drôlement bien équipé ! » A son tour, il moula mon entrejambe avec sa main que je n’osai faire entrer sous mon pantalon. « Toi aussi, tu es gâté par la nature, s’exclama-t-il en riant ! » Peu sûr de moi, je ne savais comment interpréter son rire.

Sur l’écran, deux mecs entouraient un fille ultra-maquillée qui s’abandonnait à eux. L’un avait un sexe nettement plus long que celui de l’autre.

– De nous deux, c’est moi qui te bats, déclara Mathieu.

– Qu’est-ce que tu en sais ?

Pour toute réponse, il fit descendre sa braguette, dégagea son pénis et se mit sur le côté, tourné vers moi. Son gland pourpre fit battre mon sang contre mes tempes. Je me tournai moi aussi vers lui, après avoir fait glisser mon pantalon sous mes testicules. Nos sexes auraient pu se toucher tant ils étaient près l’un de l’autre.

– Tu vois, la mienne est plus longue que la tienne, triompha-t-il.

– De quelques millimètres seulement. Et puis, je crois que la mienne est un peu plus grosse, non ?

– Mouais, peut-être.

Le mec qui avait la plus longue, après un long va-et-vient dans le vagin de la blonde vulgaire, éjacula à l’air libre, un jet si puissant qu’il toucha son copain qui se tenait à un mètre de lui.

– Un jour, je proposerai à Marie qu’on fasse ça tous les trois, et je t’arroserai pareil.

– Pas besoin de Marie, hasardai-je.

– Pédé ! s’esclaffa Mathieu.

Maintenant, la fille échevelée prenait les deux hommes simultanément en bouche. « J’en peux plus, râla Mathieu. Dommage que tu sois pas une nana, dit-il en s’emparant brutalement de mon paquet. Mais, tu as ce truc en trop. Si tu n’étais pas mon pote, je crois que je te couperais tout ça pour que tu deviennes ma meuf de secours. » Ces propos me faisant défaillir, j’ouvris largement les cuisses et lui dis : « OK. Fais ce que tu veux de moi. » Alors, il se coucha soudain sur moi et simula un mouvement de coït, ses hanches entre mes cuisses, écrasant mes bourses avec son bas-ventre. « Aïeuh ! Tu me fais mal, t’es con ! criais-je en le repoussant. » Nous rîmes de bon cœur. Pour cacher notre gêne.

Sans transition, il se cala contre mon oreiller, bien serré contre moi et se masturba frénétiquement, recouvrant sa queue de sa chemise à moitié ouverte. Rendu fou par son coude droit qui battait avec régularité mon flanc gauche, je fis de même. Il jouit enfin, en se soulageant un long gémissement viril. Il essuya son ventre et sa chemise avec quelques mouchoirs en papier, tandis que moi je continuais à me masturber. Sans accorder beaucoup d’importance à mon propre plaisir, il me dit : « Grouille-toi, on va être en retard en maths, et ta vieille pourrait rentrer ! » Il quitta ma chambre pour aller mettre ses chaussures.

Si je n’avais pas encore joui, ce n’était pas faute d’être excité, loin de là, mais je ne parvenais pas à m’abandonner à l’orgasme. Jamais auparavant je n’avais partagé une telle intimité avec quelqu’un, et je me sentais terriblement gêné. Pour la première fois, je pressentais combien j’étais coincé et à quel point, malgré ce que je voulais bien croire, les choses du sexe me mettaient mal à l’aise.

C’est alors, qu’instinctivement, je trouvai comment déclencher mon éjaculation. Entendant Mathieu dans l’entrée de l’appartement téléphoner à Marie pour lui dire qu’il l’aimait, je me sentis assuré qu’il ne reviendrait pas dans la chambre dans l’immédiat. Je m’emparai des kleenex usagés qu’il avait laissés derrière lui, tout autour de mon lit, et me mis à sentir leur odeur âcre, puis à les porter à ma bouche. Mon orgasme soudain et violent me secoua tant et si bien que je ne pus ensuite me relever qu’avec difficulté, sous la pression de Mathieu qui, du couloir, faisait le compte à rebours avant le lancement du cours de mathématiques.

Nous arrivâmes en retard, transpirant à grosses gouttes, et les équations du second degrés nous passèrent au-dessus de la tête, tandis que nous échangions des regards qui n’avaient jamais été aussi complices. Dès lors, nous masturber devant un film X, souvent le même, devint un rite chaque fois que nous nous retrouvions dans l’intimité de ma chambre. Nous appelions cela « la pause ». Lorsque Mathieu, assis à mon bureau, posais son crayon et détournais mon attention de mon livre de géographie en me proposant « On fait une pause ? », nos braguettes ne tardaient pas à s’ouvrir.

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Répétition de la leçon, de Mihaly Zichy (Hongrie, XIXè siècle)

Une autre de nos occupations préférées, encore dans ma chambre, avec le risque qu’un jour l’un de mes parents ne nous surprenne, était de mesurer notre force et de prouver à l’autre qu’il le dominait physiquement. Nous luttions farouchement, l’objectif, fixé par Mathieu, étant d’attraper les bourses de l’adversaire. Le vaincu devait alors admettre la supériorité de celui qui tenait le source de sa virilité au creux de sa main, sous peine que ce dernier ne serra de plus en plus fort les testicules jusqu’à obtenir la plus parfaite soumission. La plupart du temps, je laissais volontairement l’avantage à Mathieu. Il m’ordonnait de ne plus bouger. Je faisais exprès de lui désobéir pour mieux sentir ses doigts presser cette partie si sensible de mon anatomie. Quand il commençait à me faire mal, je ne bougeais plus et il se déclarait vainqueur. Un jour, il poussa même son attitude dominatrice jusqu’à signer son prénom avec un feutre juste au-dessus de mes poils pubiens.

Mes sens, ainsi aiguisés jusqu’à leur paroxysme, tranchaient les fils de ma raison. Je ne concevais plus Mathieu qu’à travers cette passion illimitée et démente dont seul un adolescent est capable. Je ne vivais plus que dans l’attente des moments d’extases que nous partagions dans le secret de ma chambre. J’en devenais chaque jour un peu plus possessif et odieux, reprochant à mon compagnon de luxure de ne pas passer assez de temps avec moi, le boudant au moindre mot qu’il ne pesait pas suffisamment. J’étais terrifié à l’idée que la jolie Marie prenne l’avantage sur moi, je ne pouvais rivaliser avec quelqu’un qui avait des attributs qui ne seraient jamais miens. Et puis, il me paraissait « normal » qu’en tant que fille, ce soit elle, à long terme, qui passe davantage de temps avec Mathieu.

Pourtant, étonnamment, malgré tout ça, je me refusais à envisager que j’étais homosexuel, je parvenais à me persuader que ce que j’éprouvais pour Mathieu découlais naturellement d’une profonde amitié que personne ne pouvait comprendre. Agacé par mon comportement exclusif, Mathieu m’évita de plus en plus, sinon pour venir se masturber, le mercredi après-midi, à son retour de chez Marie, devant un porno.

Peu à peu la passion céda le pas à la souffrance. Une souffrance qui ne pouvait trouver d’apaisement dans le milieu familial toujours plus malsain : mes parents s’insultaient à longueur de temps ; mon père fêtait chaque jour sa rémission en se saoulant au vin rouge de supermarché ; ma mère ne manquait pas une occasion de me rappeler que, tant que je vivrais sous son toit, majeur ou non, je devais lui rendre compte de mes moindres faits et gestes et ne pas rentrer au-delà de 19 heures.

La seule façon de fuir, de ne plus entendre mes parents hurler de l’autre côté de la porte de ma chambre, c’était de subtiliser toujours plus de Lexomil dans la pharmacie de ma mère. Il y avait les quarts de comprimé que je prenais quand la pression se faisait trop forte, et la réserve que je constituais dans ma chambre avec les quarts que je réussissais à ne pas avaler à force de volonté. Cette réserve, c’était « au cas où » l’armoire à pharmacie se tarirait. Je ne savais plus depuis quand j’en reprenais, mais je savais que je ne pouvais plus m’en passer pour affronter mes parents, mes pulsions contre-nature, la désaffection progressive de Mathieu et le bac qui approchait sans que je me sente capable de le préparer, tant mon cerveau s’essoufflait sous l’effet de la souffrance et du cercle-vicieux des anxiolytiques. Quand je me retrouvais seul dans ma chambre, après les cours, c’était invariablement pour pleurer, pleurer jusqu’à enflammer mes paupières. Je pressentais que je devrais mettre un terme, d’une façon ou d’une autre, à cette insupportable douleur.

Mardi 2 mai 1995, la veille de mes vingt ans. Je savais qu’un gâteau préparé par ma mère m’attendait à l’appartement, je le lui avais demandé dans la perspective d’en manger au goûter avec Mathieu. Passer un peu de temps avec lui, sans avoir à attendre le lendemain après-midi son retour de chez Marie, c’est tout ce que je désirais pour mon anniversaire. Ce que je ne réussissais pas à obtenir de lui d’ordinaire – « Non, je viendrai chez toi mercredi, quand je rentrerai de chez Marie, promis. » – j’avais l’espoir de le lui soutirer à cette occasion. Comment aurait-il pu me refuser une heure ou deux de son temps, à quelques heures d’une journée aussi historique ? Il refusa.

– Non, je préfère aller faire un basket. Je viendrai chez toi demain, quand je rentrerai de chez Marie. On se fera « une pause ».

– Ah. Vous avez besoin d’un joueur pour le basket ?

– Tu sais que je t’adore, mais tu joues comme une brelle ! On se verra demain. Au fait, tu m’en voudras si j’ai pas de cadeau ? J’ai pas un rond. Je t’offrirai quelque chose plus tard.

– Non, ce n’est pas important.

– Sûr ! Tu es mon meilleur copain, je t’aime, alors pas de manières entre nous, ce n’est pas important une date.

Il me quitta en me faisant son clin d’œil irrésistible. Je me sentis terriblement bien, serein comme je ne l’avais pas été depuis une éternité. L’avais-je un jour été à ce point ? Le soleil me paraissait plus éblouissant que jamais. En traversant la cité pour rentrer chez mes parents, j’avais conscience de la brise printanière sur mon visage, je sentais s’échapper d’une fenêtre une odeur de viennoiseries réchauffées au four pour le goûter, je passais devant mon école primaire en repensant à Adrian, mais aussi à Samira que je ne voyais plus que rarement. Je saluais avec ma coutumière bonne humeur polie les voisins qui, régulièrement, congratulaient ma mère en lui disant que j’étais « un jeune homme gentil et bien élevé ». Il feraient une drôle de tête, ces prochains jours, en s’apercevant que je n’étais plus là. Ce serait autre chose que cette fugue passée inaperçue, que j’avais faite quelques semaines auparavant.

« Tu cherches à fuir, gamin ? Tes problèmes ne vont pas se résoudre comme ça. Combien j’ai de doigts ? »

par Antinoüs publié dans : Autobiographie
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Dimanche 15 avril 2007

Une réunion, au collège, présidée par le chef d’établissement, c’est comme chez le dentiste : on y va que lorsqu’on s’y sent obligé, on s’assied et on ouvre la bouche pour ne rien dire.

par Antinoüs publié dans : Enfin bref...
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Samedi 14 avril 2007

Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à pousser des coups de gueule, je suis un garçon plutôt lisse. Généralement, je tends même l’autre joue. Mais, là... Y EN A MARRE ! Marre d’être pris pour un pigeon par les Vincent Poursan de tout poil, sous prétexte que je suis gay ! Pour les inconscients qui ne lisent toujours pas Achille Talon, sachez que Vincent Poursan est l’archétype du commerçant sans scrupule et âpre aux gains.

Récemment a ouvert un magasin qui est le prolongement d’un autre relativement célèbre qui tire son nom de sa proximité avec l’Hôtel de ville de Paris. Tous les vêtements et accessoires pour homme qui se trouvaient initialement dans ce dernier ont été déplacés dans ce nouveau temple de la fringue, dont l’entrée se situe... aux portes du Marais. Pour les privilégiés qui ne le fréquentent pas, sachez que le Marais parisien est aux gays ce que Disneyland est à Mickey : on y porte des habits très voyants pour faire sourire les gens ; la seule différence étant que, dans le Marais, les personnages ont cinq doigts. Bref, je digresse.

Pour en revenir à nos fripes qui ont traversé la rue, ce qui me met en rogne, c’est qu’en se déplaçant de quelques mètres vers le quartier gay, leur prix ont approximativement doublé ! On ne m'avait pas prévenu. J'ignorais que le Marais n’était pas passé à l’euro en même temps que les autres pays de la communauté européenne. Les gays et lesbiennes ont dit « non » aux accords de Maastrich ? Toujours est-il que d’un trottoir à l’autre, le change monétaire nous conduit à des tarifs hallucinants. Quelques exemples constatés : pas une veste (toute simple, en tissu, sans fioriture) à moins de 190 euros, pas une chemise à moins de 100 euros, pas un pyjama à moins de 75 euros, la première paire de chaussette coûte 10 euros !

Pourquoi de tels tarifs ? Parce qu’il s’agit de marques exceptionnelles et rarissimes ? Non : vous trouvez les mêmes aux Galeries Lafayette. Parce que c’est fabriqué en France (il est vrai que si l’on contribue à la survie de l’industrie textile française, je suis prêt à payer plus cher) ? Pas du tout : « made in India », « made in Turkey » sont les origines que vous lirez sur les étiquettes. Rappel : pour les pays d’Asie, lisez en filigrane « made by children ».

Voici la seule explication, dans une retranscription fidèle, n’en doutez pas, de la pensée du P.D.G. du magasin que j’incrimine : « C’est bien connu, les homos ont un pouvoir d’achat sensiblement supérieur à celui des hétéros ; c’est aberrant que nous soyons implantés si près du ghetto gay et que nous n’en profitions pas davantage. Nous allons déporter nos rayons homme vers le Marais, les mettre à part, pour que les gays aient l’illusion de ne pas sortir de leur ghetto et y soient un peu plus attirés. Bien sûr, les prix vont flamber, nous allons nous aligner sur toutes les petites boutiques de vêtements du quartier. Après tout, ils ne se gênent pas eux-mêmes pour pratiquer des prix exorbitants. Alors, pourquoi pas nous ? »

Là où je rejoins M. le Président Directeur Général du bazar, c’est sur les prix hallucinants et, surtout, injustifiés pratiqués dans les boutiques de fringues du Marais. Meilleure qualité ? Non. Fabriqués en France (on y revient) ? Toujours non. S.A.V. efficace (genre pull garanti 1 an sans bouloches) ? Ne rêvons pas.

Le « truc » le voici : dans des magazines qui se veulent les « Elle » des gays, on nous assomme de pages de mode que les rédacteurs ont « omis » d’estampiller « publicité », nous laissant croire qu’elles sont le fruit d’un long travail de journalisme d’investigation. Une fois que les Vincent Poursan ont assuré la pub de leurs produits dans ces revues-attrappe-couillons (ne vous méprenez pas, je fais périodiquement partie des dits couillons), ils peuvent vendre ceux-ci (les produits, pas les couillons) à n’importe quel prix, ou presque. Nous, pauvres cons, achetons des vêtements « made in Taïwan » à prix d’or, simplement parce qu’on les a vus portés par des mecs hyper-bandants dans les pages d’ « Entêté ». Alors, faites comme moi, préférez Science et vie, Le Canard enchaîné ou National Geographic... Je vous assure que, aussi pédé que nous le soyons, notre cerveau s’alimente de la même façon que celui d’un hétéro.

En résumé, malgré des digressions qui m’ont fait passer d’un « nouveau » magasin pour homonaïfs aux boutiques du Marais pour ceux qui ne savent pas quoi faire de leur pognon, en passant par les « préf » bêtifiantes en matière de lecture, vous aurez compris mon message : ce n’est pas parce que nous aimons nous faire traire qu’il faut nous prendre pour des vaches à lait !

par Antinoüs publié dans : Cogitations et billevesées
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Lundi 9 avril 2007

« J’ai un fils de ton âge, gamin, me dit-il avec un grand sourire clair qui fendait sa peau sombre. Tu sais que je ne serais pas content de le savoir à ta place. Que diable viens-tu faire dans cette galère ? »

Mathieu. Mathieu.

« C’est pas vrai ? Tu l’as fait ! m’exclamai-je avec un enthousiasme feint. » Le fait que Marie soit sa petite amie ne m’avait, jusqu’alors, pas gêné. Après tout, Mathieu et moi goûtions parfois une intimité telle que je n’avais rien à envier à sa relation avec elle. Mais, ce qu’il m’annonçait là me retourna l’estomac. D’autant plus que je demeurais incapable de m’avouer l’origine de mon bouleversement. Un besoin de rationaliser me permit de trouver une réponse qui n’était pas la bonne : aîné de Mathieu, de presque deux ans, j’étais toujours vierge, alors que lui me décrivait les détails de sa première expérience. Explication satisfaisante. Je n’en désirais pas d’autre.

A quelques temps de là, tandis que notre classe somnolait devant Paris-Texas en V.O. sous-titrée, pendant un cours d’anglais, Mathieu, angoissé, me confia à l’oreille : « J’ai des petits boutons sur le gland. Je ne sais pas comment, je crois que Marie m’a refilé une M.S.T. » Il posait sur moi un regard si empreint de détresse, ce regard de Caliméro auquel personne ne savait résister, que je ne pouvais que fondre et incarner avec plaisir et compassion mon rôle de « grand frère protecteur ». Je lui expliquai qu’il pouvait consulter gratuitement un médecin, dans un dispensaire, qu’ainsi il n’aurait pas à raconter à ses parents qu’il avait eu des rapports sexuels avec Marie. « Mon père me tuerait ! »

S’en remettant complètement à moi, incapable de gérer seul son problème, il demanda à la prof d’anglais, en tant que d"élégué, s'il pouvait m’accompagner à l’infirmerie, car je souffrais de l’estomac. Ce n’était qu’un demi-mensonge, puisqu’à l’époque je souffrais d’une gastrite. Il fallait faire vite. A l’insu du gardien, nous sortîmes du lycée et pénétrâmes dans la cabine téléphonique qui se situait juste devant. Le 12 me fournit les coordonnées du dispensaire le plus proche dans notre département. Je pris rendez-vous pour lui, puis nous filâmes rapidement à l’infirmerie dans laquelle Mathieu me fit entrer, alors que je me tenais l’estomac des deux mains. Un sachet de pansement gastrique plus tard, nous étions de retour devant ce film dont nous n’avions pas l’impression d’avoir manqué la moindre scène, tant sa lenteur et son absence d’action lui donnait une allure aussi figée qu’une peinture. Nous continuâmes à dialoguer, mais cette fois, sur une feuille de classeur, afin de nous faire plus discret.

– J’ai si peur... J’ai peut-être le SIDA ?

– Ne dis pas n’importe quoi. Ca ne se manifeste pas comme ça. Si ça se trouve, c’est même pas une M.S.T. De toute façon, mercredi, nous serons fixés.

– Promets-moi quelque chose.

– Tout ce que tu veux.

– D’être mon ami... éternellement... quoi qu’il arrive.

– Je te le promets, mais arrête, la prof de français dirait que tu fais dans le pathos, là.

– T’es con.

– Je peux attendre la même promesse de ta part ?

– Puisque c’est moi qui te le demande...

– Tu ne promets pas, tu réponds à côté.

– T’es con. L’important, c’est que personne ne le sache, que tout ça reste dans notre cœur.

– Je peux conserver cette feuille ? 

– Pour le jour où tu écriras ton autobiographie, comme Jean-Jacques Rousseau ?

– Là, c’est toi qui es con !

Est-il nécessaire de préciser que ce débordement d’affection à mon égard me transporta d’allégresse ? Je ne cessais d’étouffer cette petit voix dans ma tête qui me faisait remarquer que Mathieu n’était jamais aussi gentil avec moi que lorsqu’il avait besoin d’aide. Je ne voulais que profiter de l’instant présent. Or, jusqu’au jour de la consultation, à laquelle il tenait absolument que je l’accompagne, Mathieu déborda de tendresse pour ma personne, et mes pieds ne touchaient plus terre.

Le jour venu, mon ami sembla se décomposer d’angoisse : « J’ai trop honte de devoir montrer ma bite à quelqu’un que je ne connais pas ! J’aurais dû te la montrer, à toi, si ça se trouve tu m’aurais dit que ce n’était rien. » Je lui fit remarquer que n’ayant pas « encore » mes diplômes de médecine, nous avions pris la bonne décision.

– N’empêche, quand mon gland sera redevenu normal, je te montrerai ma queue, tu me diras comment tu la trouves. Et toi, tu voudras bien me montrer la tienne ?

– Bah, pour quoi faire ?

– Ben, nous sommes les meilleurs amis du monde, nous pouvons faire ce genre de truc. Je te la mesurerai, par exemple.

Cette discussion me mit dans un état dont je ne réussis plus à me défaire et, dans la salle d’attente, mon sang frappait encore mes tempes tandis que mon jean me comprimait douloureusement. Mathieu me demanda de venir avec lui dans le cabinet, pendant la consultation : « Me laisse pas... » Un docteur en blouse blanche vint nous chercher. C’était une femme. Curieusement, à aucun moment, nous n’avions songé que le gynécologue du dispensaire pouvait être une gynécologue. Mathieu pâlit visiblement. Il dut lui expliquer ce qui l’amenait, je demeurai en retrait, debout, scrutait les murs, le plafond, l’air de rien. Le médecin lui demanda de lui montrer ce dont il parlait.

Mathieu baissa son pantalon et, du coin de l’œil, j’aperçus des fesses dont le rose, la rondeur parfaite et la fermeté évidente dépassaient de loin tout ce que j’avais pu imaginer dans mes fantasmes les plus débridés. Egoïstement, je me sentais aussi éperdument excité que Mathieu était mortellement gêné tandis que la gynécologue s’attardait sur son membre. Les petits boutons s’avérèrent être des mycoses. Le médecin donna à Mathieu une pommade à appliquer pendant quinze jours et lui recommanda d’expliquer à sa petite amie qu’elle devait se montrer davantage scrupuleuse quant à son hygiène intime. Si je n’avais pas déjà eu des penchants homosexuels, il est fort probable que l’idée du vagin de Marie tapissé de champignons m’aurait détourné des filles instantanément. Mathieu parut un peu dégoûté aussi, mais il ne se détourna pas de Marie. Pas tout de suite, du moins.

« Mathieu ? C’est qui Mathieu ? Un copain à toi ? Tu es né quand, gamin, tu as quel âge ? Du fais du sport ? De la musique ? Mon fils joue de la guitare. Et toi ? »

Mathieu jouait de la flûte traversière. Il me flattait d’exhibitions privées. Et quand je dis « exhibitions », c’est à double sens ! En février, le chauffage poussé à fond dans sa chambre, il profita de l’absence de ses parents et de sa petite sœur pour ôter sa chemise et me jouer, torse nu, les trois mouvements du concerto n°1 de Quantz. Des gouttes de sueurs perlaient sur son torse imberbe et cuivré, glissaient jusqu’à son nombril souligné d’un duvet blond. Les notes s’enchaînaient délicieusement. C’était une symphonie tant pour les yeux que pour les oreilles. Impossible, aujourd’hui encore, d’entendre le son d’une flûte traversière sans l’associer à des images voluptueuses de beaux corps dévêtus.

« Tu aimes le cinéma ? Tu regardes quoi comme films, gamin ? Tu vas dans les musées ? Mon fils est passionné par l’Egypte. »

En mars 1994, Mathieu et moi nous associâmes pour réaliser, sur une proposition du professeur d’histoire, un dossier concernant l’agrandissement du Louvre, alors en cours. En réalité, c’était une idée de nous deux ; la prof, Mme Roucad, avait demandé aux différents groupes d’élèves d'étudier un aspect de l’Île de France. Minaudant face à un dame cinquantenaire et rougissante, Mathieu lui expliqua que nous avions terriblement envie de mieux connaître le Louvre, que la Région participait au financement des travaux, et que nous complèterions ainsi nos connaissances en histoire. Comme tous les autres profs, hommes ou femmes, Mme Roucad ne put dire non à Mathieu.

Ainsi, nous passâmes beaucoup de temps dans les bibliothèques et, bien sûr, au Musée du Louvre. Nous fûmes émerveillés par les massives portes de pierre sculptée mésopotamiennes et par les luxueux appartements d’or et de velours vert de Napoléon III. Mathieu réitéra sans se lasser et sans me lasser, des remarques déplacées concernant la taille des appareils génitaux des statues, des chevaux de Marly tout autant que des dieux greco-romains. « Je suis sûr que, sans problème, tu en as une plus grande qu’Héraclès. Quand est-ce que tu vas te décider à me la montrer ? »

Il prit aussi l’habitude d’écrire sur mon dos pour prendre des notes. Il me demandait toujours de me pencher un peu plus, afin de pouvoir écrire davantage à l’horizontal. En mon esprit, notre position se traduisait par une simulation de coït anal, ce que Mathieu avait induit en me répétant qu’il en profiterait s’il n’y avait pas tant de monde. Et, avec la pression de sa main et les vibrations de sa plume sur ma colonne vertébrale, je jouissais d’instants voluptueux qui rendaient les œuvres d’art qui nous entouraient bien plus belles et bien plus précieuses encore.

L’été me parut long et fade sans Mathieu. Seules mes notes du bac français, 16 à l’écrit, 18 à l’oral, vinrent l’égayer un peu. Lui et moi échangeâmes quelques lettres puis, fin août, pour nos retrouvailles, Mathieu m’invita au restaurant chinois qui venait d’ouvrir dans notre ville. C’était la première fois qu’il m’offrait quelque chose. Je pris ce geste comme une façon de me dédommager de l’argent que je lui avait prêté pour offrir des cadeaux à Marie, argent dont je ne revis jamais la couleur.

Ma surprise fut aussi agréable qu’immense lorsque je rencontrai devant le restaurant un Mathieu à la musculature développée, faisant une demi-tête de plus que moi - fini le « p’tit doigt » - et bronzé comme un surfer californien. Je n'en revenais pas, je n'eusse pas cru que sa beauté pût encore s'accroître.  Nous étions si heureux de nous revoir que nous évoquâmes ardemment la possibilité de nous retrouver dans la même classe de terminale. Nous fûmes exaucés, pour ma plus grande joie, mais aussi, j'en étais inconscient, pour mon plus grand malheur. Cette année-là, ma passion pour Mathieu allait prendre des proportions démesurées.

« Tu es en quelle classe ? Mon fils va passer son bac le mois prochain. Et toi, gamin ? »

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Faune endormi, par Bouchardon (France, vers 1726-1730)

© Antinoüs. Ce texte ne peut être reproduit sur aucun support autre que ce présent blog sans mon autorisation explicite. Merci.

par Antinoüs publié dans : Autobiographie
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Dimanche 8 avril 2007

Si on a interdit de fumer dans les trains, c’est peut-être parce que c’est pénible pour les agents chargés de l’entretien de retourner les wagons, pour vider les cendriers. Non ?

par Antinoüs publié dans : Enfin bref...
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