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HORTVS

CVBICVLVM

Dimanche 20 mai 2007

Je ne cherchais pas à fuir pour survivre, mais seulement à fuir la douleur devenue insupportable malgré le Lexomil. 

A la demande de Marie, je venais une fois de plus d’intercéder en sa faveur auprès de Mathieu afin qu’ils se réconcilient une fois de plus. Et, une fois de plus, leur réconciliation me brisa. Mais, je ne pouvais dévoiler ma souffrance à qui que ce fût ; je m’étais fait la promesse de ne rien faire qui puisse trahir les sentiments que j’éprouvais pour Mathieu. Jamais tout cela ne sortirait de ma tête. Au lycée, des camarades purent me trouver taciturne, fatigué, mais Mathieu ne sembla rien remarquer et m’invitait régulièrement à « faire une pause » pendant laquelle nous nous masturbions. 

Mes parents ne remarquèrent rien, mon père était trop souvent ivre. Quant à ma mère, mon air abattu n’était pour elle que sujet d’agacement, la manifestation du fait que je lui échappais. Elle ne s’en montrait que plus dure, la pression psychologique avec laquelle elle m’écrasait ne faisait que s’accroître et, chaque jour, mes forces s’épuisaient un peu plus, m’interdisant toute résistance. Sa fureur était sans borne quand je refusais de m’alimenter. S’il elle l’avait osé, elle se serait enfermée dans la salle de bains avec moi, comme lorsque j’étais petit et incapable de me défendre, pour me faire manger de force jusqu’à ce que j’en vomisse, et pour me faire manger ce que j’avais régurgité, frappant la cuillère contre mes dents serrées, jusqu’à ce que le goût du sang de mon estomac irrité envahisse ma bouche et que je manque de m’évanouir. 

Un jour, c’était au début du printemps, il me sembla au-dessus de mes forces de venir à table pour déjeuner avec mes parents. Poser quoi que ce fût sur ma langue, endurer les élucubrations éthyliques de mon père et ses disputes injurieuses avec ma mère qui ne cessait de jeter de l’huile sur le feu, tout cela je ne pouvais plus le supporter. 

– Je ne mange pas là, je vais faire un tour, déclarai-je tout en me chaussant. 

– Bah, voyons ! Je me suis usée la santé toute la matinée à préparer à manger, et tu vas aller déjeuner ailleurs ! Tu vaux pas mieux que ton père qui était déjà soul à dix heures. On me traite vraiment comme une chienne dans cette maison, je vais finir par me balancer par la fenêtre, tu viendras me ramasser en bas. Vivement que je sois morte ! 

Je n’écoutai pas la fin de ses jérémiades que je connaissais par cœur depuis des années et partis sans dire un mot de plus. J’avais glissé les quelques billets que je possédais dans ma poche de jean et m’élançai vers la sortie de la ville. Ce n’est qu’arrivé à l’entrée de l’autoroute, une demi-heure plus tard, que je réalisais que je savais depuis le début ce que je voulais faire. Marcher jusqu’à épuisement, traverser des forêts, des champs, peut-être même parvenir en bord de mer si j’en avais la force. Ne plus revenir en arrière. Jamais. De quoi vivrais-je ? La question ne me préoccupait guère. Avais-je vraiment envie de vivre ? Vivre, c’est espérer un avenir, quel qu’il soit. Le mien ne me paraissait constitué que de souffrances insupportables, vouloir vivre encore était un contre-sens, un acharnement masochiste. 

Je marchais dans les fossés, m’y accroupissant lorsqu’il me semblait apercevoir une voiture de police. J’imaginais déjà mon portrait affiché dans les commissariats. Encore un jeune de vingt ans qui disparaît. Fugue d’enfant ingrat penserait la plupart des gens, victime d’un trafic d’organes ou d’un psychopathe songeraient les esprits les plus anxieux, enlèvement extraterrestre imagineraient les plus accrocs au sensationnalisme. 

Quand j’eus l’occasion de rejoindre les petits chemins qui sillonnaient autour des champs, ma fuite devint promenade. Dans mon désespoir, j’arrivais à apprécier les chants d’oiseaux, le spectacle des abeilles butinant des coquelicots et le jeu de cache-cache des petits lézards qui s’échappaient sous des pierres en me sentant trop près d’eux. J’aperçus au loin un ensemble de caravanes. Une femme, enveloppée d’étoffes bariolées étendait du linge entre deux voitures, ses larges boucles d’oreilles qui dansaient au rythme de son activité réfractaient les rayons du soleil vers moi. Immobile, je fronçais les yeux, j’avais envie de m’asseoir sur le chemin, de dormir là. Combien de kilomètre avais-je parcouru ? Quelle heure pouvait-il être ? Seize ou dix-sept heures, estimai-je. J’avais pleuré une bonne partie du trajet, ce qui avait contribué à un certain épuisement nerveux. 

Je me sentais comme hypnotisé par les anneaux de la ménagère qui finissait d’accrocher un drap lorsque, soudain, trois garçons surgirent d’un petit bois attenant. L’un d’eux me révéla explicitement leurs intentions en dégainant un couteau à cran d’arrêt. Tous les trois m’entourèrent, menaçants. Le garçon armé était âgé d’une quinzaine d’années, le deuxième ne devait guère avoir plus de treize ou quatorze ans, je supposais que le dernier avait mon âge. 

– Qu’est-ce que tu fous là ? me demanda celui qui me promenait sa lame sous le nez. 

– Un gosse de riches égaré ! s’exclama le plus âgé. 

– Je ne suis pas un gosse de riches, dis-je en prenant l’air aussi dur qu’eux. 

– Avec tes fringues, ça m’étonnerait. 

Le plus jeune, qui me disait cela, portait un t-shirt déchiré à l’épaule. Le plus âgé était vêtu d’une chemise usée jusqu’à la corde, ouverte sur un torse ocre, imberbe et puissant. Le garçon au cran d’arrêt portait un short taillé à la hussarde dans un vieux jean. C’est vrai que pour une fois j’avais l’air plus classe que d’autres jeunes. Qu’auraient-ils pensé s’ils avaient vu Mathieu, Cédric ou Damien avec leurs vêtements Chevignon ou Nike ? 

– J’ai bien envie de m’amuser avec toi, gosse de riches, dit le garçon de mon âge. Je crois que je vais te violer, précisa-t-il en commençant à déboutonner son pantalon. 

Les deux autres s’esclaffèrent. 

– Laissez-moi partir, dis-je d’une voix chevrotante. 

– Ouais, montre-nous comment tu baises, dit l’adolescent au cran d’arrêt au plus âgé qui sortait déjà une verge qui, quoi qu’encore molle, était impressionnante, après ce sera à moi ! 

– Laissez-moi partir, répétai-je d’une voix toujours aussi tremblante, mais plus ferme. 

Cette fois, le plus grand, tout en rengainant son engin, me répondit. 

– Sinon, quoi ? Tu vas pleurer pour que ta maman et ton papa viennent te défendre ? 

– Si je veux, je te coupe les couilles dit l’adolescent approchant son couteau de mon entrejambe, et c’est pas tes parents qui vont te les recoudre. 

– Je n’ai pas te parents ! m’exclamai-je, en proie à l’inspiration. Ils sont morts ! 

Les trois garçons parurent stupéfaits, la lame rentra dans le manche du couteau. Le grand rattacha sa braguette. 

– Ah bon ? s’étonna celui-ci d’une voix douce dont je l’aurais cru incapable quelques instants auparavant. Nous non plus, on n’a plus de parents, on vit avec notre oncle et notre tante dans la caravane bleue, là-bas. 

– Pourquoi tu es ici ? me demanda le plus jeune, y a personne qui s’occupe de toi ? 

– J’aurai bientôt vingt ans, faut que je me débrouille tout seul. 

– Et tu vas où ? 

– J’en sais rien. Je marche, c’est tout. 

– Tu es fou, on peut pas vivre comme ça, vient chez nous, dit le plus grand. 

– Non, non ! refusai-je un peu trop brusquement. 

– C’est pas assez bien pour toi un camp gitan, c’est ça, sale bougeois ? 

– Non, c’est pas ça, mais je ne vous connais pas, je ne veux gêner personne. 

C’est alors que, profitant qu’ils se soient tous les trois mis devant moi, je tournai les talons et m’enfuis sans prévenir. Je m’attendais à ce qu’ils me poursuivent, mais ils restèrent sur place et j’entendis le plus grand crier : « Reviens ! Tu ne nous gêneras pas, on peut être amis ! » Ces mots avaient sans doute quelque peu ralenti ma course, me faisant douter de ma résolution. N’étais-je pas en train de faire en courant le chemin inverse que j’avais emprunté jusque là ? Je ne m’arrêtai que lorsque mes poumons menacèrent d’éclater. 

Puis, je repartis d’un pas incertain en direction de chez mes parents. Qu’est-ce qui me faisait changer d’avis ? La peur que j’avais ressenti en me faisant agresser ? La faim qui commençait à me tenailler l’estomac ? Le désir de revoir Mathieu, malgré la souffrance que cela impliquait ? Non, ce qui me faisait revenir, c’était ma mère qui tirait sur l’autre bout de la laisse qui m’étranglait, une laisse tressée dans le sentiment de culpabilité qu’elle savait susciter en moi, une laisse renforcée par l’habitude de la pression maternelle devenue comme une drogue pour moi. Je n’avais pas encore conscience que j’étais comme ces prisonniers qui, incarcérés depuis trop longtemps, sont effrayés par la liberté. Je rentrais, c’est tout. 

Les reproches de ma mère lorsque j’arrivais à la nuit tombée me firent sentir combien ma tentative de fuir avait été vaine. Mais quelques semaines plus tard, ce mardi 2 mai 1995, en fin d’après-midi, j’étais convaincu d’avoir trouvé la solution qui m’épargnerait enfin cette souffrance morale bien plus insupportable que toutes les douleurs physiques que j’avais pu connaître. Une fuite irréversible. 

« Non, non, tu ne t’endors pas, gamin ! Regarde-moi, regarde-moi, gamin. Combien j’ai de doigts ? »

par Antinoüs publié dans : Autobiographie
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Commentaires

Je crois comprendre le chapitre XVII...perso j'ai eu a peu près cette meme phrase a entendre....un jour de 95..mais c'était quinze jours avant...!!! Enorme biz ....
commentaire n° : 1 posté par : lance (site web) le: 20/05/2007 21:08:19
C’est une coïncidence... sinistre ;-)
réponse de : Antinoüs (site web) le: 24/05/2007 13:31:29

On ressort de ce texte au bord de l'asphyxie, avec, à chaque ligne, l'envie de se dire que tout n'est qu'un cauchemar, que l'on finira bien par s'en sortir, (parce qu'on finit toujours par s'en sortir, d'une manière ou d'une autre)... jusqu'au dernier paragraphe, jusqu'à la dernière phrase (cette fameuse voix obsédante...)... 
et là... (ah oui, d'une autre manière, alors...)

Ikkar, with love

commentaire n° : 2 posté par : Ikkar (site web) le: 21/05/2007 15:27:18
Le titre du prochain chapitre risque de te surprendre !
réponse de : Antinoüs (site web) le: 24/05/2007 13:33:30
Euh ce texte est très éprouvant je dois dire. J'aime à quel point tu sais donner à la foi de la douceur mais aussi de la violence à tes mots. Très bon passage.
PS: Je suis très triste, je n'ai rien eu de toi pour mon concours.
BOuhhhhh
commentaire n° : 3 posté par : PMTF (site web) le: 22/05/2007 16:34:55
Pour le concours, à l’heure où j’écris ces lignes, c’est arrangé. 

Merci pour tes compliments. J’espère encore t’éprouver longtemps ;-p
réponse de : Antinoüs (site web) le: 24/05/2007 13:35:19
Wow, je viens de finir de tout lire (dsl, j'avais jamais pensé à le faire), et ça me laisse sans voix. T'as eu une enfance plus que difficile. Plus jamais je me plaindrai de ma mère possessive et de mon père distant. Je suis sur maintenant qu'ils m'aiment, même s'ils ne me le montrent pas comme je le souhaiterais.
Je me suis aussi reconnu dans cet enfant craintif, timide et taciturne, plein d'amies, mais sans réels amis, préférant les jeux de filles à ceux de garçons, amoureux du premier garçon qui voulait être mon ami. Enfin, je vais pas raconter toute ma vie maintenant, ça serait trop long, mais c'est étrange, ça m'a rappelé des épisodes de ma vie, que j'avais oubliés depuis longtemps.

Voilà, je te dis à bientôt pour la suite de tes aventures autobiographiques, je les lirai avec assiduité et intérêt.

Biz
commentaire n° : 4 posté par : Mimi (site web) le: 28/05/2007 21:45:02

Je suis ravi d’avoir gagné un nouvau lecteur, qui plus est un lecteur de qualité J 

L’écriture de mon autobiographie est l’une des rubriques les plus importantes de mon Sanctuaire, à mes yeux.

réponse de : Antinoüs (site web) le: 01/06/2007 09:18:52

Bonjour,

Au travers de divers blogs je suis arrivé sur le tien il y a 2 jours et je ne le regrette pas. Tu as de réels dons d'écriture - j'écris et j'ai été publié (*) mais aucune importance et tu es en mesure de publier à cela près, c'est que tu t'exposes à te faire copier sans pouvoir te "défendre" ensuite si tu ne déposes pas ton manuscrit (SACD par ex)/ Il ne suffit pas de m'être un copyright en bas car qui prouve que tu n'aies pas un copieur toi-même... Tu comprends ? Donc, comme dans les rapports sexe : protège-toi. J'imagine que tu le sais. Etre un "bon lecteur" ce n'est pas être un béni oui-oui parce que l'histoire ressemble à la sienne, mais tenter d'aider celui qui écrit. On peut écrire les plus beaux romans du monde, mais si ils ne se vendent pas, c'est qu'on a raté quelque chose. C'est toujours le lecteur qui s'approprie le livre. Une fois écrit ce dernier n'appartient plus à son auteur. Comme j'ai lu en deux fois les différents chapitres, je voulais te dire - moi qui lit  et corrige le roman qu'on veut bien me soumettre pour leur apporter des corrections, c'est une autre manière d'aider - que je n'ai pas du tout ressenti quoique ce soit à ton dernier chapitre. Il fait cow-boy, ajouté ou surajouté. Soit tu as vécu la scène et alors c'est très mal écrit car je n'ai absolument pas été pris par les faits comme dans les épisodes précédents, soit tu as voulu "romancé" un peu loin ce qui aurait pu faire un chapitre un peu court et tu t'es "viandé". Ce qui me fait dire cela (excuse-moi, j'ai oublié de relire ton chapitre avant d'écrire ce mot et j'y reviendrai ensuite donc, prends cette remarque avec des "pincettes" c'est que tu dis que le garçon de 15 ans avait ton âge ... Où sont donc les 20 ans annoncés précédemment ? D'autre part, qu'un groupe de garçons qui sont là à la limite pour faire preuve de leur violence, qu'ils te bousculent, qu'ils te piquent tes fringues, qu'ils te menaces, certes ... mais qu'ils soient immédiatement intéressés par ta braguette, et ce qu'il y a dessous ... ça fait un peu tache. En plus que ces garçons soient émus par le fait que tu aies perdu tes parents ... alors là, c'est trop... A mon avis, tu devrais réécrire ce passage car s'il manque autant de vérité, c'est qu'il manque forcément du vécu ou alors un vécu porté à son paroxysme pour combler en fait un événement qui en soit, tu avais de la peine à développer : ta fugue et le retour de l'enfant prodigue.

Voilà, bonne continuation et reste proche de la réalité, ne t'égare pas car un être sensible qui part dans autre chose que les sentiments qu'il a ressentis se "dénature". C'est ton rôle d'auteur de trouver ensuite les mots qui doivent faire tilt. Si tu n'as pas trouvé la force du mot, alors tu seras tenté par embellir ou noicir des événements pour cacher la faiblesse du verbe.

Bon courage bello.

NB : je ne trouve pas que ce soit une bonne idée ton imagier de toi au moins jusqu'à la fin de ta publication. Il faut laisser les lecteurs imaginer qui tu es ou étais car c'est cela la lecture : le pouvoir de faire rêver sur les mots des autres même si c'est sur des maux aussi.



(*) je reste souhaiter anonyme car je n'ai pas d'objectif à me servir d'un blog pour attirer des lecteurs.

commentaire n° : 5 posté par : Erickson le: 04/06/2007 08:28:50
Bonjour Erickson. Je te remercie de me lire et de me laisser un commentaire si exhaustif. Je dois dire que tu as vu juste concernant le dernier chapitre et tu ne fais que formuler ce que j’en pense moi-même. Je vais essayer de te répondre point par point. 

D’abord, oui, j’ai vécu la scène et j’ai voulu romancer afin de développer un événement qui, au final ne méritait peut-être pas d’être relaté. En tous cas, pas de cette façon. Pour la référence au garçon de 15 ans qui aurait mon âge, il ne s’agit que d’un problème de reprise pronominale maladroite, le genre de faute que je souligne dans des copies de collégiens. Ce n’est donc pas lié à un manque de sincérité. 

Ensuite, le fait que ces trois garçons s’intéressent à ma braguette, comme tu dis, n’est absolument pas inventé, puisqu’ils m’ont effectivement menacé de me violer (pour me faire peur, je présume). En revanche, j’ai beaucoup exagéré la scène (aucun d’eux n’a déballé sa marchandise !). 

Enfin, que je réussisse à les émouvoir n’est pas non plus une invention (comme on dit, la réalité dépasse parfois la fiction), mais il ne s’en est pas suivi une discussion comme celle que je rapporte, ils m’ont simplement laissé filer. Là encore, j’ai dramatisé à souhait, au point de tomber dans la mièvrerie, je te l’accorde. Au final, je dois admettre que tu as raison : il est impossible de biaiser avec le lecteur sans que cela ne se ressente. Je tâcherai de ne pas l’oublier à l’avenir. 

N.B. Pour ce qui est de la protection de mes textes, je n’ai pas de souci à me faire. Je sais que mon © est bidon, en revanche j’ai fait les démarches nécessaires pour protéger mes arrières. Je ne t’en dis pas plus, sache seulement que je peux dormir sur mes deux oreilles ;-)
réponse de : Antinoüs (site web) le: 06/06/2007 10:36:21

Erickson, ta critique est très pertinente et même fort poussée (un peu trop d'exigences et l'artiste meurt). 

Antinoüs te le diras de ses propres mots, mais je ne pense pas me tromper en disant qu'il est justement très proche de la réalité. Il pourrait difficilement l'être plus. Alors trop romancé ? Peut-être. Mais est-ce que la vie ne se grime pas naturellement en romance outrancière parfois (n'est-ce pas un brin romantique le fait que nous faisons tout pour que Monsieur S. retrouve Pink Martini ? pourtant c'est la réalité pure) ? Il pourrait réécrire le passage des trois garçons (l'âge d'Antinoüs à ce moment précis ne fait pas l'ombre d'un doute), l'adoucir ou le rendre plus subtil, mais ce serait y perdre en effet voulu : celui d'avoir un ton de plus en plus radical. C'est ultra soft par rapport à ce qui s'est passé après... Donc, on marche ou pas, mais il ne pouvait en aucun cas le raconter autrement sans tomber dans les excès du "littérarisme" qui a ce tort parfois de se décoller complètement de la réalité, chose qu'Antinoüs ne souhaite pas faire à ce moment précis de son Autobiographie Temporaire.

Pour les droits d'auteur, tu as raison... en partie... Il a les preuves de l'écriture (brouillons sauvegardés dans Word + papier). Pas besoin de générer une psychose et j'ai un excellent avocat en PI au cas (improbable) où. ;-)

commentaire n° : 6 posté par : Hadrien le: 04/06/2007 19:47:32

Le fait de lire et relire pas mal de livres (150 en moyenne par an) et parfois pour d'autres, m'a donné cette "sensibilité kinestésique" des mots utilisés surtout dans des situations difficiles. Tu dis : la situation était pire que ce qu'il décrit (ou qq chose comme ça), donc tu me donnes raison d'une certaine manière car en voulant peut être l'amoindrir pour des raisons qu'il connaît, il l'a peut être affadi. Il ne s'agit pas de retarder l'accouchement d'un tel texte de souvenirs, loin de ma pensée car tu auras remarqué que sur les autres chapitres je n'ai rien dit, mais j'ai "regretté" cette faiblesse du texte à ce moment précis. Je ne cherche pas non plus à lui faire faire du "littéraire" pur. Pour ce qui est de la protection, tu peux toujours apporter tes documents word, cela ne sert à RIEN, car moi je te trafique la date de création du document quand je veux. J'étais sérieux en faisant cette proposition. J'ai eu personnellement la surprise désagréable que des nouvelles que j'avais écrites et qui étaient soi disant protégées par l'hébergeur se sont vu diffusés sur de nombreux sites ... parfois douteux. J'ai donc arrêté de le faire et je me suis protégé après avoir longuement étudié la chose. Bonne continuation, mais si tu as compris le sens de mon message, la critique se veut constructive car les textes sont bien écrits... A la suite ...

commentaire n° : 7 posté par : Erickson le: 04/06/2007 21:19:24

Bjr Aninoüs,

Je suis heureux que tu aies compris le sens de mon intervention car il serait dommage que ce sujet plein de sincérité à maintes reprises puisse être "entaché" par une "envolée". Reprends et relate tel quel. Tes lecteurs te diront (et je te dirai si tu y consens) ce que j'en pense. D'ailleurs, je ne suis pas intervenu sur les autres paragraphes. En fait, la progression et l'attente du lecteur est dans la trés bonne mesure. Il faut que tu continues sur ce rythme. Tu n'as pas à plaire à qui que ce soit et en plus, on ne peut pas plaire à tout le monde. Quant à ton chéri qui t'a si bien défendu, il faut qu'il fasse la part entre celui qu'il aime et celui qui écrit de manière à ne pas mélanger les deux personnes. Ainsi, il rendra service à l'un sans cesser d'apprécier l'autre (:o)) : c'est ça l'amour. Cordialement à vous deux.

NB : lors de mes interventions, j'ai fait quelques étourderies ortho et gramma mais à vrai dire ces petites fenêtres ne permettent pas de relire dans les meilleures conditions.

commentaire n° : 8 posté par : Erickson le: 06/06/2007 12:14:25
Pour ce qui est de ce que tu penses de mes écrits, je serai ravi de te lire. En revanche, concernant notre conception de l’amour et la façon dont Hadrien me perçoit, permets-moi de te dire, sans agressivité aucune, mais fermement, que cela ne regarde que nous. 

Question étourderie orthographique ou grammaticale, je ne crains personne, alors ne complexe pas ;-)
réponse de : Antinoüs (site web) le: 06/06/2007 15:50:08
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