Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère :
l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Occupation préférée : la lecture. Rêve de bonheur : passer ma vie
auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le
bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
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Il y a actuellement 1 curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
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Quoi qu'il en soit, soyez les bienvenus, je vous souhaite un doux moment en ma compagnie.
Antinoüs
Si vous aimez ce Sanctuaire, visitez aussi Le Temple d'Hadrien, mon empereur bien-aimé.
Dans son commentaire à mon article Les Dievx dv Stade 2008 : essai manqué, Christophe rebondit
sur la proposition de Jerem qui consisterait à élaborer un calendrier avec les membres de notre
blogosphère : « [...] au moins un calendrier avec des mecs au physique ‘normal’ représentatif de la population. » Même si Chris a fait preuve de subtilité en écrivant
normal entre guillemets, il me donne là l’occasion de m’exprimer sur le sujet de la marginalisation des personnes considérées comme belles par le plus grand nombre. Une fois de plus, je
vais ruer dans les brancards, aller à l’encontre de la majorité bien pensante et me faire tirer les oreilles. Mais, tant pis, j’y vais.
Depuis la fin des années 90 est né un courant de pensée en réaction aux médias de la mode (mais aussi du cinéma et de la télévision) qui nous abreuvent de photos d’hommes et de femmes que la
plupart d’entre nous considèreront comme superbes. Cette pensée qui, selon moi, à trop tendance à tourner à la pensée unique communiste, se résume ainsi : « Ces gens dans les magazines
représentent une minorité négligeable de la population. De plus, ils ne sont pas « réels » mais le fruit de trucages photographiques. » De là à considérer qu’ils n’existent même
pas, il n’y a qu’un pas. Quand ce genre de propos est tenu à l’égard des gay (« quantité négligeable »), des transsexuels ou d’une minorité ethnique, nous crions – à juste titre – au
scandale. Mais dire que des mannequins, acteurs ou sportifs ne sont pas « normaux », ça ne semble choquer personne !
Certes, vous pensez : « Ces propos ne peuvent les faire souffrir, ils sont tellement gâtés par la nature. Tandis que moi, affreux laideron, rebut de la nature, ça me soulage un peu de
penser ça. » C’est là que vous raisonnez mal ! Les mannequins, pour ne prendre qu’eux en exemple et ainsi simplifier mon exposé, ne sont pas des merveilles créées spontanément par la
nature. Ils sont comme ils sont à force d’efforts, de privations et de sacrifices en tout genre dont chacun d’entre nous serait capable. Pour ma part, je sais que jamais je n’aurais pu avoir un
physique de papier glacé, parce que je suis trop bon vivant pour me priver totalement de manger et boire ce que j’aime, et trop paresseux pour consacrer beaucoup de temps au sport après ma
journée de boulot (temps que je préfère consacrer aux nourritures de l’esprit, d’ailleurs), mais j’ai conscience que c’est mon choix et je ne me considère pas davantage normal qu’un beau gosse
posant pour un pub Calvin Klein.
J’ai remarqué également que les plus farouches partisans du « Ils ne sont pas normaux, ils sont anorexiques, ils ne sont pas comme ça quand ils se lèvent le matin, ils prennent des hormones,
etc. » sont souvent des gens qui prennent très peu soin d’eux et jouent les fatalistes devant leur miroir. Bougez vos fesses, bon sang ! Faites quelque chose avec vos cheveux (que vous
soyez Samson ou Gérard Jugnot), occupez-vous de votre peau (régime alimentaire, cosmétiques, maquillage...), renouvelez votre garde-robe, allez soulever un peu de fonte ne serait-ce qu’une heure
par semaine, etc. Cela ne suffira pas à vous faire embaucher chez Elite (car ceux qui y travaillent font tous ces efforts à la puissance 10), mais au moins cela vous permettra d’avoir une
meilleure image de vous-même. Je vous assure, c’est une façon d’appréhender la vie nettement plus productive que de déverser votre bile sur le dernier mannequin ou acteur américain en vogue, ou
seulement de l’envier.
Pour ma part, vous le savez si vous me suivez depuis l’ouverture du Sanctuaire, je n’ai pas aimé mon corps ni mon visage pendant des années. Je faisais justement partie de ces gens qui pensaient
qu’on ne pouvait lutter contre la nature, et je me consolais en me disant que les types comme Brad Pitt étaient si rares que leur existence restait même encore à prouver. Jusqu’au jour où j’ai
compris combien l’aspect physique est superficiel. Superficiel au point que chacun de nous, en remontant ses manches, peut le modeler et le remodeler. On peut choisir de ne pas le faire (il y a
des choses sans doute plus essentielles dans la vie que l’apparence), mais dans ce cas, il faut être honnête envers soi-même, arrêter de se lamenter et de dénigrer les gens qui ont choisi de
faire passer leur corps avant le reste.
Bien évidemment, mon propos ne peut s’appliquer aux quelques rares personnes souffrant de malformations congénitales ou victimes d'accidents qui les ont défigurées. Celles-ci devront s’attacher à
développer une forme de beauté qui dépasse de loin le simple arrondi d’un biceps ou la fraîcheur d’un visage : la beauté morale, intellectuelle, voire artistique.
Je conclurai en me tournant vers le Pays du Soleil Levant. Au Japon, « beau » et « belle » se disent « kirei ». C’est ce même mot qui signifie aussi « propre ».
Dans la culture nippone, il suffit donc de soigner sa toilette, de choisir soigneusement ses vêtements, de sentir bon, d’être bien coiffé, de prendre soin de sa peau... pour paraître
irrévocablement beau. Dans l’esprit nippon, il n’y a donc pas de gens « normaux » et de gens « pas représentatifs de la population tellement ils sont beaux », mais seulement
des gens propres et des gens sales. Voilà qui rend la beauté accessible à tous ! A méditer...
LATRINA commentaires