Je suis né en
1975. Mon principal trait de caractère : l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Mon occupation
préférée : la lecture. Mon rêve de bonheur : passer ma vie auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Mon animal
préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre
invisible.
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Il y a actuellement 3 curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
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Quoi qu'il en soit, je vous souhaite un agréable moment en ma compagnie.
Antinoüs
Si vous aimez ce Sanctuaire, pensez à visiter Le Grenier de la télé
sans oublier Le Temple d'Hadrien, mon empereur bien-aimé.
1933 fut l’année de l’arrivée d’Adolf Hitler au poste de Chancelier, de l’investiture de Franklin Roosevelt à la
Maison Blanche, de l’invention de la télévision... et de la création de Superman ! C’est cette année-là, en effet, que les Juifs Américains Jerry Siegel et
Joe Shuster, âgés tous deux de seulement 19 ans, imaginent ce personnage, l’homme le plus fort du monde. Siegel écrit l’équivalent à plusieurs semaines de publication sous forme
de comics strips (1) et Shuster les dessine. Mais aucune agence de presse n’est intéressée. Il leur faudra attendre d’avoir fait leur preuve chez l’éditeur
DC Comics pour que celui-ci accepte de publier leurs bandes (recomposées sous formes de planches) dans la toute nouvelle revue Action Comics. Nous
sommes en 1938.
Leur entourage professionnel ne croit pas en l'avenir de Superman, d’ailleurs celui-ci n’est qu’un personnage secondaire de la revue, destiné semble-t-il à jouer un rôle de
faire-valoir aux côtés de ses têtes d'affiche. Pourtant, l’engouement pour ce héros se répand rapidement à travers tout le pays, les jeunes lecteurs l’adorent et Superman fait désormais la
couverture d’Action Comics. Mieux : à partir de l’été 1939, Superman accède à son propre magazine éponyme. L’homme d’acier envahit tous les médias : il paraît en strip dans 300
journaux américains, George Lowther publie un roman, The Adventures of Superman, on peut écouter la voix du héros dans un feuilleton radiophonique qui lui est consacré et, bien sûr, les
studios Fleisher adaptent le comics en un cartoon qui restera célèbre dans de nombreux pays (« Qu’est-ce que c’est ? Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? C’est
Superman ! Plus rapide qu’une fusée, plus puissant qu’une locomotive, capable de sauter par-dessus le plus haut gratte-ciel, etc. »)
Dès lors, les super-héros costumés se multiplient, tant chez DC (Batman, Wonder Woman, Flash...) que chez la concurrence, au point que les
procès en plagiat vont devenir monnaie courante dans le monde des comics. Des procès, Siegel et Shuster sont eux-mêmes obligés d’en dresser, après 1947, se trouvant véritablement dépossédés de
leur personnage qui demeure la propriété de DC Comics. Peut-on imaginer que les créateurs du plus populaire des héros américains connurent leur période de vache maigre malgré la célébrité de
Superman ? C’est pourtant ce qui se produisit. Ils durent attendre 1975 pour bénéficier, notamment grâce à la pression des artistes de comics Carmine Infantino et Neal Adams, d’une rente à
vie allouée par DC.
Cependant, force est de reconnaître que même sans leurs « pères », le héros que deux adolescents juifs de Cleveland, enfants de la Grande dépression, avaient créé pour incarner une
image moderne du sauveur dans ce monde où s’étendait l’ombre de l’antisémitisme, ce héros, dis-je, dernier fils de la planète Krypton, verra ses aventures se développer de façon
passionnante, offrant au grand public une véritable mythologie moderne.
(1) Tandis que le terme « comics » désigne les bandes-dessinées
nord-américaines, les « comics strips » sont ces BD publiées dans les quotidiens sous forme d’une bande unique de quelques cases.
Les enfants admirent tellement Superman qu’on fait de lui un pédagogue de fortune. En voici deux exemples, publiés en 1939 :
LATRINA commentaires