CHALCIDICVM

Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère : l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Occupation préférée : la lecture. Rêve de bonheur : passer ma vie auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
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Il y a actuellement  1  curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
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Quoi qu'il en soit, soyez les bienvenus, je vous souhaite un doux moment en ma compagnie.
Antinoüs

LATRINA commentaires

ANDRON

HORTVS

Si vous aimez ce Sanctuaire, visitez aussi Le Temple d'Hadrien, mon empereur bien-aimé.templehadrien.JPG

Lundi 16 octobre 2006

Je forme une entreprise qui eut de nombreux exemples et dont l’exécution aura encore beaucoup d’imitateurs. Je vais m’appliquer à faire le portrait d’un homme à travers son parcours sentimental, un homme pour qui je ne ferai aucune concession, de qui je ne cacherai rien : je dirai tout ce que je sais de lui, tout ce qu’il fut, tout ce qu’il est, tout ce qu’il deviendra peut-être. Si cet homme fit preuve de bonté, de générosité, d’honnêteté, je vous le dirai. Si cet homme se montra cruel, égoïste, machiavélique, je vous le dirai également. Et cet homme, ce sera moi.

A l’heure où je commence cette autobiographie, je suis jeune encore. Mes trente ans ne sont pas très loin, à quelques mois de distance seulement. Pourquoi me lancer dans un tel travail d’écriture, alors que j’ai si peu de recul par rapport à ce que j’ai vécu ? Est-ce parce que je suis un vedette du petit ou du grand écran, et que lorsqu’un jeune chanteur de vingt ans publie un tel livre, cela se transforme en succès de librairie grâce aux groupies adolescentes aveuglées par le fanatisme et par l’aveuglement de la jeunesse ? Non. Je suis un homme parfaitement inconnu de ce qu’on appelle le grand public. Ce qui me motive peut se résumer en trois points principaux.

Le premier point : je suis amoureux. Vraiment amoureux. J’ai eu la chance - provoquée par mes soins - de rencontrer ma moitié, mon alter ego, mon âme sœur. Pardonnez du peu ! Je vis depuis trois ans avec un homme qui, à mes yeux, est le plus précieux que porte notre petite planète. Nous sommes tout l’un pour l’autre et ne nous cachons rien. Cette autobiographie est un gage d’amour que je lui remets : je t’aime, Hadrien, toi seul sais qui se cache derrière Antinoüs, toi seul sera le détenteur de tous mes secrets passés.

Le deuxième point : je suis prétentieux et, de ce fait, convaincu que les trente premières années de ma vie, aussi banales fussent-elles peuvent servir de référent à de nombreux hommes qui me liront. A travers cette œuvre, les plus jeunes apprendront de mes erreurs, de mes échecs et de mes réussites. Les plus âgés se sentiront moins seuls, découvrant que ce qu’ils ont vécu n’a finalement rien d’exceptionnel, qu’il ne furent pas l’élu du sort qui s’acharna contre eux. Quant au curieux qui aiment regarder par les trous des serrures, mon autobiographie satisfera leur manie.

Le troisième point est commun - avec plus ou moins de lucidité - à tous les humains : j’ai peur de la mort. D’abord, peur de celle des gens que j’aime. Ensuite peur, de la mienne. Pour être exact, ma mort proprement dite ne m’effraie pas ; ce qui m’angoisse, c’est l’effacement total de ma vie. Que restera-t-il derrière moi lorsque les asticots et autres nettoyeurs microscopiques m’auront fait totalement disparaître ?  Pour les hétérosexuels, cette crainte égocentrique est atténuée, en partie du moins, par l’enfantement. Même si la plupart des gens n’en ont pas conscience, c’est un instinct primaire qui les poussent à faire des enfants, afin de « survivre » à travers eux. Certains homosexuels partagent cet instinct. Hadrien et moi, non. Nous ne ressentons ni le besoin, ni le désir d’avoir des enfants : aimer ceux de nos proches nous suffit. Nous « sentons » qu’être homosexuels nous confère un rôle autre sur la Terre que celui de reproducteurs. Le plus difficile à trouver, au cours d’une vie, est justement le rôle que chacun d’entre nous, petit grain de poussière dans cet univers infini, doit jouer ; ce que Monsieur Night Shyamalan expose avec une sensibilité admirable dans son film-parabole La Jeune fille de l’eau. Moi, je n’ai pas encore trouver le mien, ou bien je l’ai trouvé mais n’en ai pas encore pris conscience.

Quoi qu’il en soit, mon autobiographie, dite « temporaire », car j’espère bien faire de vieux os et avoir l’occasion de la compléter lorsque mon arthrite me laissera en paix, mon autobiographie, dis-je, sera écrite. Et quel que soit la raison, les raisons, ou l’absence de raison de ma venue au monde, elle restera. Si vous vous sentez prêts à me suivre dans mon intimité, à vous engouffrer dans une œuvre qui n’a aucune prétention littéraire, alors suivez-moi, nous commençons par le premier chapitre...

© Antinoüs. Ce texte ne peut être reproduit sur aucun support autre que ce présent blog sans mon autorisation explicite. Merci.

par Antinoüs publié dans : Autobiographie
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