Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère :
l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Occupation préférée : la lecture. Rêve de bonheur : passer ma vie
auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le
bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
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Il y a actuellement 1 curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
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Quoi qu'il en soit, soyez les bienvenus, je vous souhaite un doux moment en ma compagnie.
Antinoüs
Si vous aimez ce Sanctuaire, visitez aussi Le Temple d'Hadrien, mon empereur bien-aimé.
Damien m'expliqua que la concierge de l'école privée de notre ville était une amie d'enfance de sa mère et qu'il lui arrivait de lui prêter les clefs de l'établissement pour que lui et ses copains puissent jouer dans le gymnase pendant les vacances. « On ira avec Franck et Frédéric, on va s'éclater, me proposa-t-il avec entrain ».
Cette fois, je ne demandai pas l'autorisation à ma mère, mais je l'informais que, le surlendemain, je n'irais pas à l'hôpital et que je verrais Damien. Il est inutile de m'étendre sur le chantage à l'affectif que je subis en guise de réprimande.
Le jour venu, la mère de Damien nous recommanda :
- Vous n'allez que dans le gymnase. Vous n'avez pas le droit d'accéder au reste de l'établissement. Tu le diras bien à Franck et à Frédéric, Damien.
- Oui, oui, je sais. On peut prendre des pains au chocolat pour le goûter ? répondit le fils du boulanger.
Je n'étais pas mécontent de retrouver « les deux F ». Ils étaient dans la même classe que nous en 4è et, même si je ne leur avais pas parlé davantage qu'à Damien, ils me paraissaient plutôt sympathiques, ce que me confirma cet après-midi mémorable.
A peine étions-nous arrivés dans le gymnase que Damien nous proposa de faire une partie de cache-cache. Incrédule, je regardai la salle de sport d'un coin à l'autre.
- Où veux-tu que nous nous cachions ? lui demandai-je.
- Ce n'est pas la place qui manque avec tous ces couloirs et ces salles, fit remarquer Franck.
- Nous n'avons pas le droit d'aller ailleurs que dans le gymnase, crus-je l'informer.
- On fait toujours nos parties de cache-cache dans tout l'établissement, me confirma Damien. Comment veux-tu que la gardienne ou ma mère le sachent ?
Ce fut d'abord Frédéric qui dut rester dans le gymnase pour compter jusqu'à cent, tandis que nous nous cachions. Dans notre précipitation, nous faisions des dérapages contrôlés sur le linoléum des couloirs. Le parfum de l'encaustique à l'huile de lin m'évoquait le temps de l'école primaire. Un lieu de torture autrefois, un paradis du jeu alors. L'école est bien agréable quand on y est maître comme chez soi. Sans doute l'idée me traversa-t-elle l'esprit de devenir professeur : ça pouvait être cool comme boulot, les profs avaient sûrement le droit de jouer à cache-cache quand les élèves n'étaient pas là !
Une odeur m'en rappelant une autre, tandis que je me cachai sous un pupitre d'une salle de classe, je me souvins de celle de la colle « Cléopâtre » que j'avais complètement oubliée : laiteuse dans son petit pot de colle en plastique blanc, avec son couvercle orange auquel était fixée la spatule. En esprit, je vis alors, posée à côté du petit pot, pêle-mêle, une gomme « Charlotte aux fraises » qui sentait le bonbon, un cahier d'écolier dont la couverture était illustrée par Sarah Kay, une figurine de Schtroumpf, un taille-crayon en forme de poubelle, un dessin de « Blondine au pays de l'arc-en-ciel » réalisé par Samera. Sans doute était-ce la première fois que j'éprouvais un tel sentiment de nostalgie et que je comprenais, bien avant d'avoir lu Proust, le rôle que jouaient les sensations olfactives dans le réveil de la mémoire.
Nous étions en nage à force de courir partout pour trouver de nouvelles cachettes.
Tandis que c'était à Franck de s'y coller, Damien me suggéra de nous cacher tous les deux ensemble. Il n'avait aucun argument à l'appui pour justifier cette proposition. Au contraire, cela permettrait à Franck de faire d'une pierre deux coups quand il nous trouverait. Mais, je commençais à ma plaire de plus en plus auprès de Damien, et je trouvais l'idée tentante sans vraiment savoir pourquoi.
Il m'emmena dans la cuisine à côté du réfectoire : « J'ai une planque imparable, jamais Franck ne pensera à venir nous y chercher ». Il ouvrit une gigantesque porte de placard en aluminium. Loin d'être plein, il y avait là une place suffisante pour y tenir à deux. Nous nous serrâmes l'un contre l'autre, et Damien referma la porte. Une odeur de purée Mousline et de compote de pommes persistait et m'entêtait, bien que la cuisine fût désertée depuis fin juin. A cette odeur se mêla bien vite le parfum de Damien. Etait-ce son déodorant ? Son eau de toilette ? L'odeur de sa peau, de sa transpiration ? Un mélange de tout cela ? Je me sentais enivré, apaisé, avec l'envie de m'endormir. Il chuchotait à mon oreille, de crainte que notre chasseur ne nous trouve. Je frémissais en sentant son souffle et son haleine sur mon cou. Il déplaça son pied qu'il cala négligemment sous mon périnée sans brutaliser mes parties sensibles à la douleur. Mon pénis, durci par le plaisir, était inconfortablement écrasé contre mon ventre, mais j'aurais voulu que nous restions comme ça très longtemps.
Mon voeu était presque exaucé.
- Il ne nous trouvera jamais, murmura Damien près de mon oreille.
- Alors, on va être obligés de sortir nous-mêmes d-ici, ou on risque de manquer d'air, fis-je remarquer, le nez sur sa tempe.
- Non, attends, on n'est pas pressés, on va le laisser mijoter.
Combien de temps s'écoula-t-il ? Je l'ignore, mais nous restâmes ainsi, sans bouger pendant ce qui me paraît aujourd'hui avoir été une bonne partie de l'après-midi. Enfin, nous sortîmes de notre cachette et allâmes retrouver Frédéric et Franck. Ce dernier était en colère, il nous accusa d'avoir quitté l'école, sinon il nous aurait forcément trouvé, c'était de la triche. Damien calma les esprit en sortant de son sac à dos les pains au chocolat, ce qui nous mit le sourire aux lèvres à tous.
Je revis Damien après un ou deux jours passés à l'hôpital durant lesquels je songeais que, grâce à lui, je vivais et ressentais des choses fantastiques qui m'avaient été interdites jusqu'à lors. La guerre froide entre ma mère et moi dégénéra en conflit ouvert. Elle m'accusa d'égoïsme, de délaisser mon père, de me mettre sous la mauvaise influence de Damien. Peu m'importait, le temps que je passais avec lui effaçait les crises de fureur de la mère-dragonne. Et les colères de sa mère à lui me paraissaient autrement moins violentes.
Pourtant, furieuse, elle le fut lorsqu'elle entra avec fracas dans la chambre, située au-dessus de la boutique.
- Damien ! Tu te fiches de moi ? Je t'avais dit de ne pas aller ailleurs que dans le gymnase, lorsque vous êtes allés à l?école !
- Bah, on n'a pas quitté le gymnase, m'man, répliqua le fils indigne en feintant l'étonnement...
- En plus, tu continues à mentir ! Elizabeth m'a appelé pour me dire qu'elle avait été faire un tour à l'école et qu'elle avait dû cirer à nouveau tous les lino, parce qu'il y avait des traces de pas et de dérapages partout dans les couloirs.
- Vous feriez de bien piètres voleurs tous les deux, s'amusa le père de Damien, toujours bon homme, tandis qu'il montait à l'étage en entendant son épouse crier.
- Je t'assure que nous deux, nous n'avons pas quittés le gymnase. Mais Franck et Frédéric n'ont pas voulu m'écouter et sont allés visiter le reste de l'école.
- C'est vrai, Madame, intervins-je effrontément, Damien leur a bien dit que vous nous aviez interdit l'accès au reste du bahut.
- Quoi qu'il en soit, Damien, tu es puni. Tu pourras venir le voir ici, si tu veux, me dit-elle gentiment, mais il n'a plus le droit de sortir avant la rentrée.
Les protestations de mon camarade et l'intervention de son père ne changèrent rien.
- Je suis trop dégoûté, je voulais t'apprendre à jouer au tennis, me dit-il. En tous cas, merci d'avoir menti.
- C'est normal, on est amis, non ?
- Ouais, sûr que t'es mon ami, le meilleur même ! Jamais un pote n'avait menti à mes parents pour me protéger.
En me confirmant son amitié, Damien me rendit fou de joie, j'avais sincèrement l'impression qu'il me donnait tout ce que je désirais. Je n'imaginais pas qu'un jour, ça ne suffirait plus. Les vacances se terminèrent en parties de Trivial Poursuit, en visionnage de films d'action, en jeux vidéo Atari, en bavardages passionnés sur tout ce qui intéressait les adolescents d'alors : les vêtements de marque Nike et Chevignon (que mes parents n'avaient pas les moyens de m'offrir, ce que comprenait Damien, conscient que tous les collégiens n'étaient pas fils de commerçants), le sexe (à propos de quoi nous nous étions avoués sous le sceau du secret que nous étions puceaux tous les deux), les groupes Genesis et Queen et bien d'autres choses que j'ai oubliées depuis. Notre entente était telle que nous évoquions sans arrêt le fait que ce serait génial que nous soyons dans la même classe de 3è.
Le jour de la rentrée arriva fatalement. Les élèves se bousculaient pour voir les panneaux d'affichage. Damien, qui avait réussi mieux que moi à s'approcher des listes de classes en jouant des coudes, revint vers moi pour me donner l'information que nous attendions tant depuis des jours. Etions-nous dans la même classe ? En voyant la mine déconfite de Damien, je ne me faisais plus beaucoup d'espoir...
© Antinoüs. Ce texte ne peut être reproduit sur aucun support autre que ce présent blog sans mon autorisation explicite. Merci.
Non, je ne suis pas sadique, mais je fais en sorte que le suspens soit insoutenable afin de fidéliser mon lectorat ;-)
Merci pour ton commentaire !
Une école vide:oui, je confirme, çà peut donner envie de devenir prof; par contre la colle cléopatra, çà ne me dit rien, même si les pots de colle ronds me disnte quelque chose; mais j'ai toujours préféré les bâtons de colle UHU!
Que d'émois!
On attend la suite avec impatience...
LATRINA commentaires