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LATRINA commentaires

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HORTVS

CVBICVLVM

Vendredi 19 janvier 2007

Vous l’avez entendu comme moi tout à l’heure, de nombreux garçons souffrent plus ou moins d’une relation qu’on a la pudeur d’appeler « libérée ». Ca vous étonne, vous ? Bon, puisque c’est comme ça, je vais vous faire part d’une de mes conceptions du couple qui n’engage que moi et qui va faire hurler certains qui m’accuseront de faire ma Ségolène (notez cependant que je suis loin de payer l’I.S.F.).

La fidélité n’est pas réservée aux réactionnaires, conservateurs et autres culs-bénis, c’est aussi un mode de fonctionnement qui permet de s’investir réellement dans son couple, d’entretenir une relation solide et durable.

Le plaisir sexuel, auquel nous aspirons tous, n’est pas une chose si simple. Au contraire, il peut nous conduire à des situations complexes, causes de grandes souffrance. Par exemple, il peut créer des tensions au sein d’un couple, lorsque chacun des deux partenaires s’autorise à aller voir ailleurs. Même si c’est le résultat d’un commun accord, cela ne peut entretenir une relation solide, sincère et durable. Pour éviter les déboires et les situations de crises, et ainsi accroître le plaisir du sexe, il faut étudier, maîtriser et respecter le désir, ce désir qui peut soulever des montagnes... à condition d’être canalisé intelligemment !

Le sexe est facilement accessible dans les milieux gay, pourvu que vous ayez la chance d’être jeune et de ne pas ressembler à Elephant Man (oui, c’est un minimum). On peut tirer son coup avec un minimum d’efforts, n’importe quand et presque n’importe où. Mais soulagement sexuel et épanouissement sexuel sont deux choses très différentes ! Allez, je lâche ces mots que beaucoup de gays considèrent comme un cliché et une hérésie : baiser, ce n’est pas la même chose que faire l’amour. Un orgasme sans conséquence affective à l’égard d’un partenaire plus ou moins anonyme apporte un soulagement immédiat, tout comme la branlette. Mais il y a peu de chance que cet orgasme soit une petite pierre qui s’ajoutera à l’édifice du bonheur de l’individu. Or, le bonheur n’est-il pas ce que nous recherchons en priorité ?

Une vie sexuelle débridée prive la plupart des hommes de l’expérience unique d’une véritable relation humaine avec leurs partenaires. Cela conduit bien souvent à développer le cynisme, le mépris de soi et de ceux qui ne se laissent pas facilement séduire (mais qui, avec de la patience, pourraient à terme procurer une relation enrichissante). Même s’ils vivent une relation qui pourrait être épanouissante avec un partenaire, certains garçons continuent même à rechercher ce genre de contact fortuit, précipité et sans engagement... pour le plaisir du changement ! Or, si ces rencontres superficielles peuvent être excitantes, c’est tout ce qu’elles sont. Etre obsédé par le sexe « clandestin » conduit presque toujours à l’accablement et à un sentiment profond de solitude, d’isolement affectif. Cet isolement ne fait alors que croître avec l’avancement en âge qui amène une crise majeure quand les inévitables modifications morphologiques limitent le nombre de possibilité de rencontres.

C’est cette prise de conscience qui a poussé nos Anciens (que l’on néglige un peu trop il me semble) à se battre pour leurs droits et, donc, pour nos droits en tant qu’héritiers. Selon moi, si les homosexuels, depuis les années 60, ont lutté pour se faire une place dans la société, c’est notamment pour se libérer du carcan de leur propre sexualité, parce qu’ils étaient fatigués du sexe qu’il fallait cacher dans des endroits sordides et dangereux. C’est ça la libération gay ! Et renoncer à l’épanouissement d’une vraie relation humaine au profit de relations qui ne s’apparentent au final qu’à de la masturbation à deux (ou plus), c’est en partie renoncer aux progrès des mouvements gay, renier notre Héritage et oublier notre Histoire, avec des grands H.

Mais je m’éloigne de mon sujet et vais recentrer tout cela en me montrant un poil prosaïque.

D’abord, lorsqu’on est en couple, ce que l’on donne à un autre que notre conjoint, on en prive ce dernier : je parle aussi bien de quelques gouttes de sperme que des émotions que l’on éprouve avant, pendant et après l’acte sexuel.

Ensuite, renoncer à ces instincts primaires (ne me dites pas que c’est impossible à cause des hormones, sinon considérons le viol comme pardonnable !), ce n’est pas seulement donner une preuve d’amour à l’autre en faisant passer son bonheur avant sa propre jouissance, c’est aussi le protéger. Pas seulement du SIDA et des autres IST (Infections Sexuellement Transmissibles, pour mes plus jeunes lecteurs), mais aussi de ce qui s’attrape avec ou sans capote : hépatite B, morpions, maladies de peau contagieuses (pas toujours visibles), etc.

J’insiste en faisant remarquer que je ne dis pas que c’est « mal » dans l’absolu de coucher avec quelqu’un d’autre que son conjoint, quand le conjoint est d’accord (je ne suis pas un moralisateur et ne me revendique d’aucune religion), mais le message que je veux faire passer, en espérant qu’il évitera peut-être à certains d’entre vous des souffrances inutiles, c’est qu’il ne faut pas s’attendre à connaître une relation durable et épanouissante quand au sein du couple on ne considère pas la fidélité comme allant de soi. C’est autant valable pour les hétéro que pour les homo, bien sûr ! Pour les bisexuels, c'est différent, puisque par essence ils ne peuvent choisir entre l'un et l'autre sexe ; le papillonnage semble alors inévitable. Mais c'est un autre sujet.

En conclusion, je dirai que lorsque les hommes accroissent leur respect d’eux-mêmes et des autres (en commençant par leur partenaire, pour ceux qui en ont un), leur chance de connaître le vrai bonheur, d’améliorer leur qualité de vie, s’accroît par la même occasion. Mon plus grand rêve est de passer ma vie entière avec mon homme. Je peux comprendre que ce ne soit pas votre rêve à vous, mais cependant je vous souhaite de connaître au moins une histoire d’amour sérieuse et durable dans votre vie : c’est une expérience passionnante et valorisante à laquelle tous les êtres humains devraient avoir droit. Alors, vous qui avez la chance d’accéder à cette expérience, ne gâchez pas tout pour quelques éjaculations supplémentaires...

Vive l’amour et le sexe !

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The Bath, peinture de Paul Cadmus (Etats-Unis, 1951)

par Antinoüs publié dans : Sexe
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