Il y a actuellement 1 curieux errant dans mon Sanctuaire.
Je suis plongé dans l’Univers Marvel (1) depuis que je suis gamin. Ca a dû commencer avec les vieux dessins animés des Quatre Fantastiques et de L’Araignée (2) diffusés dans Croque Vacances. Je me souviens aussi avoir lu quelques B.D. de Thor, le dieu d’Asgard, et de Hulk dans le magazine Télé Junior. Et puis, évidemment, je me suis mis aux comics (3) Marvel via les éditions Lug, grâce aux pochettes promotionnelles (4) dans lesquelles on trouvait des Strange, des Spécial Strange, des Nova et des Titans. A ce stade de mon article, si vous ne comprenez pas une seule de mes références, vous êtes autorisés à arrêter là, je comprendrai.
La première chose qui m’a fasciné dans cet univers, c’est justement qu’il s’agit... d’un univers ! Il a beau comprendre des centaines de personnages, il n’y en a pas un qui lève le petit doigt sans que cela ait des répercutions plus ou moins importantes dans une autre série que la sienne. De plus, contrairement aux personnages des B.D. franco-belge (que j’apprécie beaucoup, au demeurant), ceux de l’univers Marvel vieillissent et évoluent, tirant leçon de leurs expériences auxquelles les scénaristes, qui se succèdent sur les séries, ne manquent pas de faire allusion pour assurer la continuité. Enfin, les personnages de Marvel ont une vie privée, souvent tout aussi importante pour les scénarii que leur carrière de héros aux super-pouvoirs. Bref, l’Univers Marvel est unique dans le monde de la bande-dessinée, car elle constitue une véritable mythologie moderne, avec des ramifications interminables, des liens de parenté improbables, des causes et des conséquences qui traversent les aventures des différents héros.
Après avoir découvert les éditions Lug dans les pochettes promotionnelles, je me suis fait offrir des abonnements à Strange et à Nova, goûtant un peu plus à chaque numéro les péripéties de Tony Stark (alias Iron Man) sombrant dans l’alcoolisme ; de Rom le chevalier de l’espace qui a renoncé à son humanité pour défendre l’univers contre les Spectres Noirs ; des X-Men, ces mutants affrontant les préjugés et les discriminations de la société, dans laquelle il essaient de trouver leur place, pour avoir les même droits que tout le monde (Tiens ! ça ne vous rappelle rien ?), etc.
Si j’ai décroché dans les années 90, c’est d’abord parce que , objectivement, les scénarii étaient en baisse de qualité. Ensuite, mes hormones me titillaient et j’étais déçu de m’apercevoir que la vie privée de Peter Parker s’arrêtait au seuil de sa chambre. Enfin, subtilement, j’ai fini par être agacé de voir tous ces beaux gosses musclés exclusivement attirés par des super-héroïnes aux gros seins.
Quelle ne fut pas ma surprise, au début des années 2000, en apprenant que Véga (5) venait de faire son coming out ! Oui, ce beau mutant ténébreux qui vole à le vitesse de la lumière, annonce devant les caméras, après avoir remporté un énième trophée de ski, qu’il est gay ! Depuis, les personnages gay (super-héros ou non) pleuvent dans l’univers Marvel. En fait, ils ont toujours été là, mais les scénaristes se gardaient bien d’être explicites à une époque où la chose aurait été mal vu par les médias. Me raccrochant au train à partir de 2003, je m’aperçois non seulement que les scénarii ont gagné en profondeur (6), mais aussi que les personnages ont gagné en crédibilité grâce au gommage de certains tabous. Bref, c’est « gagnant-gagnant », comme dirait une certaine dame pour qui il faudra peut-être voter afin de contrer un certain opportuniste assoiffé de pouvoir, mais ça n’a rien à voir avec mon sujet, désolé.
Oui, super-héros rime avec libido comme le prouve la planche suivante qui met en scène Jan van Dyne (alias la Guêpe) et son ex-époux Hank Pym (alias l’Homme-fourmi) ? Celui-ci utilise son pouvoir de modifier sa taille non pas pour combattre un ennemi, mais pour... donner du plaisir à sa chère et tendre !
Et, comme je vous le disais plus haut, les personnages gay ne sont pas en reste. Dans l’extrait suivant, Billy (alias Wiccan) et Teddy (alias Hulkling), couple d’adolescents, se demandent s’ils ne devraient pas avouer à leur parents qu’ils font partie de l’équipe des Jeunes Vengeurs avant que Captain America ne le fasse à leur place. Alors que Billy s’apprête à dire aux siens qu’il possède des super-pouvoirs, un quiproquo inattendu survient...
Magazines en kiosques que je vous conseille : Marvel Icons, Spider-Man (à ne pas
confondre avec Spider-Man magazine !), Marvel Heroes, Superman & Batman (ce dernier titre, c'est l'Univers DC et non Marvel), le tout édité chez Panini
Comics.
(1) univers constitué par l’ensemble des séries de super-héros éditées chez Marvel
(2) traduction de Spider-Man dans les années 70
(3) B.D. nord-américaines
(4) pochettes à 20 francs comprenant quatre ou cinq magazines invendus, dans les années 80
(5) alias de Jean-Paul Beaubier, membre de la Division Alpha (Alpha Flight), équipe de super-héros canadienne
(6) Par exemple, certains scénarii critiquent ouvertement le gouvernement Bush en faisant réfléchir le lecteur sur l’ingérence internationale !
Le jour où tu vides ta cave, si tu ne sais pas quoi en faire, tu penses à moi ;-)
(Je parle des images et non de la cave.)
Télé Junior a duré, sous diverses formules, de 1977 à environ 1982-1983. J’adorais ! J’en ai quelques uns dans ma bibliothèque enchantée.
C’est la première fois qu’on m’appelle « vieux », je croyais que ça m’en donnerait un coup, mais non, je trouve ça sympa ;-)
LATRINA commentaires