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HORTVS

CVBICVLVM

Lundi 16 avril 2007

Avertissement : ce chapitre comporte des scènes dans lesquelles la sexualité est explicitement exprimée. Sa lecture est réservée à un public adulte et, de préférence, masculin.

« Tu es en terminale, tu dis ? Alors, tu vas passer ton bac, gamin. Mais tu ne dois pas dormir. »

Dans l’échelle de mes priorités, le bac n’occupait que la deuxième place, derrière Mathieu. Cette ultime année lycéenne fut marquée par la passion démentielle que je vouais à ce dernier. Il faut dire qu’il ne ménageait pas ses efforts pour me plonger dans un état permanent d’excitation. De l’intimité câline qu’il entretenait avec moi en classe de première, il se laissa glisser sensiblement, sans que je l’en empêchasse, vers une intimité d’ordre essentiellement sexuel.

Il semblait devenu incapable de s’adresser à moi sans passer la main sous son t-shirt qu’il soulevait négligemment pour dévoiler ses abdominaux. Dans la discrétion de ma chambre ou de la sienne c’est dans son pantalon qu’il laissait se promener ses doigts tandis que nous devisions de choses et d’autres. Quand il finissait, rapidement, par bander, il ne manquait pas une occasion d’interrompre notre conversation pour me montrer, à travers son jean ou son short de sport, ce que j’avais déjà remarqué sans son intervention. Même en classe, assez souvent, il me donnait des petits coups de coude à l’insu du prof, ce qui, par habitude, me faisait tourner les yeux vers son entrejambe ; alors, sous son pantalon, il remuer son pénis en érection contre sa cuisse, me lançant des regards complices qui me rendaient écarlate. Si bien que, cette année-là, la vigueur de mes 19 ans aidant, je ne pensais plus qu’au sexe et ne débandais que rarement.

Un jour, avant le début des cours, Mathieu vint chez moi, profitant de l’absence de ma mère pour la matinée. Prétextant qu’il faisait chaud, il déboutonna largement sa chemise, puis se lamenta du peu de relief de ses pectoraux, pour mieux pêcher mes compliments.

– Arrête, tu as un super corps, dis-je.

– C’est vrai ? J’ai l’impression qu’il te plaît plus qu’à Marie.

– Marie est folle de toi, répliquais-je en laissant courir mon index sur son sein gauche. Celui-ci durcit instantanément, je crus défaillir de plaisir en constatant ce qu’un seul de mes doigts pouvait faire.

Mathieu ricana et se leva précipitamment pour prendre quelque chose dans son sac à dos. Il me tendit une cassette VHS.

– Regarde, ce que j’apporte : un bon film de cul qu’un copain m’a prêté !

– « L’Empire des chattes » ? C’est ridicule comme titre !!

– Oui, mais dedans, il y a plusieurs scènes dans lesquelles deux potes s’occupent ensemble d’une fille. En voyant ça, j’ai imaginé que ça pourrait être nous deux. On a le temps d’en regarder un bout avant d’aller en maths...

Si j’avais déjà regardé, en cachette de mes parents, les films X de Canal + cryptés (en plissant les yeux jusqu’à en avoir mal aux sourcils), ce serait la première fois que j’aurais l’occasion d’en découvrir un avec une image contrastée décemment. Et aussi la première fois que je regarderais ce genre de film en compagnie de quelqu’un. Je n’hésitai pas davantage à étrenner l’antique télé et le magnétoscope toussotant, que j’avais la chance de posséder dans ma chambre, en y engouffrant la cassette qui démarra aussitôt. Mathieu et moi nous allongeâmes sur mon lit, côte à côte.

Il ne s’écoula que quelques images avant qu’il me confie : « J’ai un gourdin pas possible ! » Comme il m’y avait tacitement autorisé, j’observais la protubérance qui soulevait son jean. Que je regarde avec les yeux ne lui suffit pas, il prit ma main et la guida dans son pantalon. A travers le caleçon, je serrai son sexe entre mes doigts, comme pour m’assurer de sa dureté. « En effet, admis-je en retirant ma main, tu es très excité ! » C’était la première fois que je le touchais ainsi, si bien que je me sentis obligé de ne pas garder ma pensée pour moi : « Tu ne m’avais pas menti, tu es drôlement bien équipé ! » A son tour, il moula mon entrejambe avec sa main que je n’osai faire entrer sous mon pantalon. « Toi aussi, tu es gâté par la nature, s’exclama-t-il en riant ! » Peu sûr de moi, je ne savais comment interpréter son rire.

Sur l’écran, deux mecs entouraient un fille ultra-maquillée qui s’abandonnait à eux. L’un avait un sexe nettement plus long que celui de l’autre.

– De nous deux, c’est moi qui te bats, déclara Mathieu.

– Qu’est-ce que tu en sais ?

Pour toute réponse, il fit descendre sa braguette, dégagea son pénis et se mit sur le côté, tourné vers moi. Son gland pourpre fit battre mon sang contre mes tempes. Je me tournai moi aussi vers lui, après avoir fait glisser mon pantalon sous mes testicules. Nos sexes auraient pu se toucher tant ils étaient près l’un de l’autre.

– Tu vois, la mienne est plus longue que la tienne, triompha-t-il.

– De quelques millimètres seulement. Et puis, je crois que la mienne est un peu plus grosse, non ?

– Mouais, peut-être.

Le mec qui avait la plus longue, après un long va-et-vient dans le vagin de la blonde vulgaire, éjacula à l’air libre, un jet si puissant qu’il toucha son copain qui se tenait à un mètre de lui.

– Un jour, je proposerai à Marie qu’on fasse ça tous les trois, et je t’arroserai pareil.

– Pas besoin de Marie, hasardai-je.

– Pédé ! s’esclaffa Mathieu.

Maintenant, la fille échevelée prenait les deux hommes simultanément en bouche. « J’en peux plus, râla Mathieu. Dommage que tu sois pas une nana, dit-il en s’emparant brutalement de mon paquet. Mais, tu as ce truc en trop. Si tu n’étais pas mon pote, je crois que je te couperais tout ça pour que tu deviennes ma meuf de secours. » Ces propos me faisant défaillir, j’ouvris largement les cuisses et lui dis : « OK. Fais ce que tu veux de moi. » Alors, il se coucha soudain sur moi et simula un mouvement de coït, ses hanches entre mes cuisses, écrasant mes bourses avec son bas-ventre. « Aïeuh ! Tu me fais mal, t’es con ! criais-je en le repoussant. » Nous rîmes de bon cœur. Pour cacher notre gêne.

Sans transition, il se cala contre mon oreiller, bien serré contre moi et se masturba frénétiquement, recouvrant sa queue de sa chemise à moitié ouverte. Rendu fou par son coude droit qui battait avec régularité mon flanc gauche, je fis de même. Il jouit enfin, en se soulageant un long gémissement viril. Il essuya son ventre et sa chemise avec quelques mouchoirs en papier, tandis que moi je continuais à me masturber. Sans accorder beaucoup d’importance à mon propre plaisir, il me dit : « Grouille-toi, on va être en retard en maths, et ta vieille pourrait rentrer ! » Il quitta ma chambre pour aller mettre ses chaussures.

Si je n’avais pas encore joui, ce n’était pas faute d’être excité, loin de là, mais je ne parvenais pas à m’abandonner à l’orgasme. Jamais auparavant je n’avais partagé une telle intimité avec quelqu’un, et je me sentais terriblement gêné. Pour la première fois, je pressentais combien j’étais coincé et à quel point, malgré ce que je voulais bien croire, les choses du sexe me mettaient mal à l’aise.

C’est alors, qu’instinctivement, je trouvai comment déclencher mon éjaculation. Entendant Mathieu dans l’entrée de l’appartement téléphoner à Marie pour lui dire qu’il l’aimait, je me sentis assuré qu’il ne reviendrait pas dans la chambre dans l’immédiat. Je m’emparai des kleenex usagés qu’il avait laissés derrière lui, tout autour de mon lit, et me mis à sentir leur odeur âcre, puis à les porter à ma bouche. Mon orgasme soudain et violent me secoua tant et si bien que je ne pus ensuite me relever qu’avec difficulté, sous la pression de Mathieu qui, du couloir, faisait le compte à rebours avant le lancement du cours de mathématiques.

Nous arrivâmes en retard, transpirant à grosses gouttes, et les équations du second degrés nous passèrent au-dessus de la tête, tandis que nous échangions des regards qui n’avaient jamais été aussi complices. Dès lors, nous masturber devant un film X, souvent le même, devint un rite chaque fois que nous nous retrouvions dans l’intimité de ma chambre. Nous appelions cela « la pause ». Lorsque Mathieu, assis à mon bureau, posais son crayon et détournais mon attention de mon livre de géographie en me proposant « On fait une pause ? », nos braguettes ne tardaient pas à s’ouvrir.

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Répétition de la leçon, de Mihaly Zichy (Hongrie, XIXè siècle)

Une autre de nos occupations préférées, encore dans ma chambre, avec le risque qu’un jour l’un de mes parents ne nous surprenne, était de mesurer notre force et de prouver à l’autre qu’il le dominait physiquement. Nous luttions farouchement, l’objectif, fixé par Mathieu, étant d’attraper les bourses de l’adversaire. Le vaincu devait alors admettre la supériorité de celui qui tenait le source de sa virilité au creux de sa main, sous peine que ce dernier ne serra de plus en plus fort les testicules jusqu’à obtenir la plus parfaite soumission. La plupart du temps, je laissais volontairement l’avantage à Mathieu. Il m’ordonnait de ne plus bouger. Je faisais exprès de lui désobéir pour mieux sentir ses doigts presser cette partie si sensible de mon anatomie. Quand il commençait à me faire mal, je ne bougeais plus et il se déclarait vainqueur. Un jour, il poussa même son attitude dominatrice jusqu’à signer son prénom avec un feutre juste au-dessus de mes poils pubiens.

Mes sens, ainsi aiguisés jusqu’à leur paroxysme, tranchaient les fils de ma raison. Je ne concevais plus Mathieu qu’à travers cette passion illimitée et démente dont seul un adolescent est capable. Je ne vivais plus que dans l’attente des moments d’extases que nous partagions dans le secret de ma chambre. J’en devenais chaque jour un peu plus possessif et odieux, reprochant à mon compagnon de luxure de ne pas passer assez de temps avec moi, le boudant au moindre mot qu’il ne pesait pas suffisamment. J’étais terrifié à l’idée que la jolie Marie prenne l’avantage sur moi, je ne pouvais rivaliser avec quelqu’un qui avait des attributs qui ne seraient jamais miens. Et puis, il me paraissait « normal » qu’en tant que fille, ce soit elle, à long terme, qui passe davantage de temps avec Mathieu.

Pourtant, étonnamment, malgré tout ça, je me refusais à envisager que j’étais homosexuel, je parvenais à me persuader que ce que j’éprouvais pour Mathieu découlais naturellement d’une profonde amitié que personne ne pouvait comprendre. Agacé par mon comportement exclusif, Mathieu m’évita de plus en plus, sinon pour venir se masturber, le mercredi après-midi, à son retour de chez Marie, devant un porno.

Peu à peu la passion céda le pas à la souffrance. Une souffrance qui ne pouvait trouver d’apaisement dans le milieu familial toujours plus malsain : mes parents s’insultaient à longueur de temps ; mon père fêtait chaque jour sa rémission en se saoulant au vin rouge de supermarché ; ma mère ne manquait pas une occasion de me rappeler que, tant que je vivrais sous son toit, majeur ou non, je devais lui rendre compte de mes moindres faits et gestes et ne pas rentrer au-delà de 19 heures.

La seule façon de fuir, de ne plus entendre mes parents hurler de l’autre côté de la porte de ma chambre, c’était de subtiliser toujours plus de Lexomil dans la pharmacie de ma mère. Il y avait les quarts de comprimé que je prenais quand la pression se faisait trop forte, et la réserve que je constituais dans ma chambre avec les quarts que je réussissais à ne pas avaler à force de volonté. Cette réserve, c’était « au cas où » l’armoire à pharmacie se tarirait. Je ne savais plus depuis quand j’en reprenais, mais je savais que je ne pouvais plus m’en passer pour affronter mes parents, mes pulsions contre-nature, la désaffection progressive de Mathieu et le bac qui approchait sans que je me sente capable de le préparer, tant mon cerveau s’essoufflait sous l’effet de la souffrance et du cercle-vicieux des anxiolytiques. Quand je me retrouvais seul dans ma chambre, après les cours, c’était invariablement pour pleurer, pleurer jusqu’à enflammer mes paupières. Je pressentais que je devrais mettre un terme, d’une façon ou d’une autre, à cette insupportable douleur.

Mardi 2 mai 1995, la veille de mes vingt ans. Je savais qu’un gâteau préparé par ma mère m’attendait à l’appartement, je le lui avais demandé dans la perspective d’en manger au goûter avec Mathieu. Passer un peu de temps avec lui, sans avoir à attendre le lendemain après-midi son retour de chez Marie, c’est tout ce que je désirais pour mon anniversaire. Ce que je ne réussissais pas à obtenir de lui d’ordinaire – « Non, je viendrai chez toi mercredi, quand je rentrerai de chez Marie, promis. » – j’avais l’espoir de le lui soutirer à cette occasion. Comment aurait-il pu me refuser une heure ou deux de son temps, à quelques heures d’une journée aussi historique ? Il refusa.

– Non, je préfère aller faire un basket. Je viendrai chez toi demain, quand je rentrerai de chez Marie. On se fera « une pause ».

– Ah. Vous avez besoin d’un joueur pour le basket ?

– Tu sais que je t’adore, mais tu joues comme une brelle ! On se verra demain. Au fait, tu m’en voudras si j’ai pas de cadeau ? J’ai pas un rond. Je t’offrirai quelque chose plus tard.

– Non, ce n’est pas important.

– Sûr ! Tu es mon meilleur copain, je t’aime, alors pas de manières entre nous, ce n’est pas important une date.

Il me quitta en me faisant son clin d’œil irrésistible. Je me sentis terriblement bien, serein comme je ne l’avais pas été depuis une éternité. L’avais-je un jour été à ce point ? Le soleil me paraissait plus éblouissant que jamais. En traversant la cité pour rentrer chez mes parents, j’avais conscience de la brise printanière sur mon visage, je sentais s’échapper d’une fenêtre une odeur de viennoiseries réchauffées au four pour le goûter, je passais devant mon école primaire en repensant à Adrian, mais aussi à Samira que je ne voyais plus que rarement. Je saluais avec ma coutumière bonne humeur polie les voisins qui, régulièrement, congratulaient ma mère en lui disant que j’étais « un jeune homme gentil et bien élevé ». Il feraient une drôle de tête, ces prochains jours, en s’apercevant que je n’étais plus là. Ce serait autre chose que cette fugue passée inaperçue, que j’avais faite quelques semaines auparavant.

« Tu cherches à fuir, gamin ? Tes problèmes ne vont pas se résoudre comme ça. Combien j’ai de doigts ? »

par Antinoüs publié dans : Autobiographie
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Commentaires

J'attends la suite en retenant mon souffle!
commentaire n° : 1 posté par : jerem (site web) le: 16/04/2007 14:28:57
Fais gaffe, Jerem, tu es bleu, là !!!!!!!
réponse de : AntinoÌs (site web) le: 17/04/2007 16:20:11
Quel chapitre ! J'avais trouvé le dernier un peu court et celui-ci est tout simplement captivant ! Ce Mathieu...Peut-on croire qu'il soit purement un calculateur et un manipulateur ? Je ne crois pas, j'ai l'impression que c'était aussi quelqu'un qui se cherchait, mal à l'aise avec ses propres découvertes...peu sûr de lui en fin de compte.
commentaire n° : 2 posté par : Mina le: 16/04/2007 15:39:25
Plus égoïste que réellement manipulateur, je le crois aussi.
réponse de : AntinoÌs (site web) le: 17/04/2007 16:20:41
J'aimerais bien savoir ce qu'il est devenu depuis le temps... enfin bon, maintenant, Antinoüs Junior commence à laper, il se lâche! Toujours bravo pour ton adresse à manier la plume.
commentaire n° : 3 posté par : martin (site web) le: 17/04/2007 09:50:27
Merci, Martin. Tu sauras ce qu’il est devenu dans... l’épilogue de mon autobiographie !
réponse de : AntinoÌs (site web) le: 17/04/2007 16:21:10
Toujours aussi passionnant de suivre ton autobiographie.On attend toujours la suite avec délectation.Oui pas très clair dans ses attitudes ce garçon, parce que à 19ans, je pense qu'il savait ce dont il avait envie mais ne voulait pas aller trop loin quand même.
commentaire n° : 4 posté par : Christophe (site web) le: 18/04/2007 11:02:38
Eh oui, ne pas s’impliquer pour pouvoir fuir à la première occasion. Si ça, ce n’est pas de l’égoïsme à l’état pur...
réponse de : AntinoÌs (site web) le: 19/04/2007 12:03:20

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Merci.

commentaire n° : 5 posté par : Pierrot le: 21/04/2007 20:38:42

Ah là là là. C'est malin maintenant j'attends la suite avec impatience. Je suis d'accord, il me donne plus l'air d'un paumé qui prend petit à petit conscience de son potentiel de séduction qu'un véritable connard.


Il me tarde de lire la suite :D

commentaire n° : 6 posté par : Monsieur S. le: 22/04/2007 15:02:25
Eh, Pierrot m'a volé le seul et unique mot qui me venait à l'esprit  pendant cette lecture... C'est malin, je sais plus quoi dire maintenant... Etrange etat second que celui dans lequel me plonge encore et toujours ton autobiographie... Bravo alors peut etre ? Felicitations ? Courage ? Non, non, non... C'est quand même beaucoup plus approprié, un merci...
commentaire n° : 7 posté par : Ana le: 24/04/2007 19:25:39
Pierrot, Monsieur S. et Ana, vous contribuez à me donner ce petit élan qui me fait déjà réfléchir au chapitre XVI... Merci à vous ! J
réponse de : AntinoÌs (site web) le: 24/04/2007 19:34:19
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