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Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère : l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Mon occupation préférée : la lecture. Mon rêve de bonheur : passer ma vie auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Mon animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
***
Il y a actuellement  4  curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
***
Quoi qu'il en soit, je vous souhaite un agréable moment en ma compagnie.
Antinoüs

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Vendredi 20 juillet 2007

stardouche-academy.JPGLe Château des nazes
(paroles : Antinoüs - musique : Michel Polnareff)


Ils seront vendus demain matin
A la FNAC, à Virgin
Pour les idiots.
Tout a commencé en 2001
On faisait un casting
Dans le château.

Dans le château des nazes
Le plus grand bruit du monde
Le Lay et Aliagas
Massacraient tout le monde
Nicoletta, Berger
Bécaud et Elton John.
Blotti sur mon divan
Moi je grinçais des dents
Je regardais chanter
Jenifer et Frégé.

Ils seront vendus demain au jour
C'est tant mieux pour la fille
De ce château.
Car je crois qu'elle aimait faire l'amour
Devant toute sa famille
Dans le château.

Dans le château des nazes
On filmait dans les chiottes
Le Lay et Aliagas
Piégeaient toutes les sottes
Caméras qui les toise
Micros même quand elles rotent.
Blotti dans mon divan
Je fermais les tympans
Je regardais chanter
Lemarchal et Vaé.

Ils seront vendus par TF1
C'est ainsi lorsqu'on signe
Les yeux mi-clos.
Voyeurisme, vacarme et Tintouin
C'est ça la vie indigne
De ce château.

Pour le château des nazes
Peut-être que Nolwenn
A l'heure où on l'écrase
Ressentira d'la haine.
Mais ma dernière phrase
Sera pour que l'on plaigne
Lucie, Michal, Emma
Lukas et Jérémy :
Le Lay va oublier 
Qu'il les a exploités.

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Mercredi 9 mai 2007

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Mercredi 21 mars 2007
Si je me suis permis ce petit pastiche innocent, c'est parce que j'aime la Bible, en temps que texte littéraire. Si elle peut paraître irrespectueuse, en réalité cette nouvelle  ne m'a été inspiré que par mon esprit fantaisiste, sans aucune arrière-pensée revancharde à l'égard d'une religion qui m'a rejeté uniquement parce que mon âme-soeur est un homme.
 
***
 
 
Traditionnellement, dans la Bible de Jérusalem, une semaine de six jours est nécessaire à Dieu pour créer le monde, à chaque jour correspondant un sixième de la Création. Plus schématiquement encore, on peut distinguer deux temps.
Le premier, qui s’étend sur les quatre jours initiaux, est consacré à une œuvre de séparation : Dieu sépare la lumière des ténèbres, le ciel de la mer, la mer de la terre, puis le jour de la nuit. Le second temps, qui s’étend sur les cinquième et sixième jours, est consacré à une œuvre de rassemblement : Dieu rassemble dans la mer tous les êtres vivants qui grouillent dans les eaux, dans le ciel tous les oiseaux qui volent contre le firmament, et sur la terre tous les bestiaux, les bestioles et les bêtes sauvages qui, comme les poissons et les oiseaux, seront dominés par l’ultime créature de Dieu, faite à son image, couronnement de la Création : l’homme.
Il convient ici de parler du jour suivant car, enfin, une semaine judéo-chrétienne ne comporte pas six jours, mais sept.
Ce septième jour est bien embarassant puisque, habituellement, on le justifie par la prétendue fatigue de Dieu? En effet,qui n’a jamais entendu dire que le créateur s’était reposé ce jour-là ? Quelle énormité ! Comment ? Dieu, qui est tout puissant, aurait eu besoin d’une journée pour récupérer ? Et pourquoi pas des congés payés ? Non. En se référant, dans un regain d’Humanisme, à la Bible-même, sans avoir recours au prisme déformant de l’institutrice ou de l’émission télévisée à but pédagogique, on lira, non pas que Dieu au septième jour se repose, mais qu’il chôme. Il chôme. Il glandouille, il ne branle rien, si vous préférez. Pas parce qu’il est épuisé, mais parce que le septième jour, il décide de ne rien faire. Tout simplement. Quel mal y a-t-il à cela ? Dieu ne peut-il s’autoriser quelque chose que l’homme ne se refuse jamais à la moindre occasion ?
Mais, justement, revenons à l’homme.
Dieu, qui se passionnait pour la poterie depuis qu’il avait vu le film Ghost (il connaissait tout de l’avenir, est-ce nécessaire de le préciser ?) dans lequel Patrick Swaze et Demi Moore s’en donnent à cœur joie avec une tour de potier, Dieu, dis-je, modela l’homme (Adam en hébreux) avec de la glaise du sol. Pour faire de lui un être vivant, il lui insuffla dans les narines son haleine ; heureusement, à cette époque, Dieu n’était pas encore alcoolique.
Ensuite, il créa un merveilleux parc pour y faire vivre Adam : il y avait des manèges, une grande roue, des animaux (des vrais, pas avec des gens sous-payés à l’intérieur) et, en son milieu, l’arbre de la connaissance du bien et du mal (c’est-à-dire un bête pommier).
Dieu dit à Adam : « Tu peux becter tous les fruits des arbres du parc. Mais t’as pas intérêt à toucher à mon pommier, sinon t’oir ta gueule ! »
Puis il pensa : « Je me ferais bien un barbecue, moi. » Alors il fit tomber une torpeur sur Adam, qui s’endormit – ce fut en quelque sorte la première anesthésie de l’histoire de l’humanité. Le Saigneur prit une des côtes du dormeur en salivant, et referma la chair. La côte lui sembla bien maigre, et il décida, faute de mieux, de se rabattre sur un cochon qui passait par là. Ne sachant plus que faire de la côte d’Adam, il la transforma en un second homme qui tiendrait lieu de compagnon à Adam – ce fut en quelque sorte le premier clone de l’histoire de l’humanité.
En le voyant, Adam s’écria : « Tu t’appelleras Evain, du verbe « haya » qui signifie « vivre », car je sens que tu es un bon vivant et qu’on va bien se marrer tous les deux ! » Dès lors les deux hommes, nus, passèrent leurs jours et leurs nuits à forniquer ensemble comme des cochons, au risque de se faire piquer leurs côtes par l’Autre.
Tout allait pour le mieux, c’était le paradis, lorsque le serpent, le plus rusé des animaux que Dieu avait créés, dit un jour à Evain : « Alors, comme ça Dieu a dit que vous ne deviez pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance ? Quel rat ! En fait, il veut tout garder pour lui. » Furieux d’entendre parler ainsi de son maître, Evain se jeta sur le serpent et lui arracha les pattes en criant : « Connard ! Je vais te faire marcher sur le ventre, tu vas bouffer de la terre ! »
Adam qui assistait à toute la scène entendit, avec terreur, le pas de Dieu qui se promenait dans le parc pour profiter de la brise matinale.
En voyant Evain, les pattes du serpent à la main, Dieu s’écria : « Tu quoque, fili ! » (Toi aussi, mon fils, pour les non-latinistes). Evain lui dit : « C’est le serpent qui a commencé ». Alors, Dieu trancha les parties d’Evain et lui dit : « Parce que tu m’as défié en faisant justice toi-même, je te condamne à être une femme, Eve ! Votre petite tranquillité, à Adam et à toi, est finie : vous ne pourrez plus faire l’amour sans engendrer d’autres humains ».
A Adam, Dieu dit : « Parce que tu as laissé Evain mutiler une de mes créatures, je te condamne au travail : pour trouver subsistance tu devras prendre le métro tous les jours et faire des heures supplémentaires pour ne pas être viré. Tu seras si stressé qu’à trente ans tu auras des pellicules, à quarante ans tu ne banderas qu'avec difficulté, et à cinquante ans tu crèveras d’un infarctus du myocarde » .
 
***
 
C’est ainsi que le pauvre Adam, ayant perdu son joyeux et luxurieux compagnon, fut chassé du parc d’attraction le plus chouette qui eût jamais existé, embarrassé d’une femme.

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Vendredi 16 mars 2007
Une explosion de rires retentit. Comme d’habitude.
Trois centimètres de neige, au moins, recouvraient le boulevard, si bien que les rares voitures qui le parcouraient ce jour-là roulaient avec une prodigieuse lenteur, à tel point qu’il aurait fallu s’arrêter de marcher pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’une illusion d’optique et que les véhicules avançaient bel et bien. Les passants, considérablement moins nombreux qu’à l’ordinaire, emmitouflés dans d’épais manteaux, marchaient, d’un pas incertain, baissant la tête et fronçant les yeux pour éviter d’être aveuglés par les flocons, un petit nuage limpide et fugitif au coin des lèvres, comme une bulle de bande-dessinée.
La blonde et jolie Cathy n’évita pas la plaque de verglas dissimulée sous la neige et, en un instant, se retrouva ridiculement assise sur le trottoir blanc et poudreux, une jambe de collant noir et un bras de fausse fourrure fauve suspendus dans les airs, le mascara écarquillé de stupeur, un O carmin dessiné sur les lèvres.
Elle ne fut pas surprise lorsqu’ éclatèrent ces rires multiples et lointains qui, elle le savait, n’appartenaient pas aux passants, inquiets, s’affairant autour d’elle.
Depuis maintenant six mois environ, ce phénomène se répétait sans cesse : chaque fois que Cathy avait le malheur de dire ou de faire quelque chose d’amusant ou de grotesque, des rires effroyables, qu’elle était seule à entendre, retentissaient, tantôt riant avec elle, tantôt riant d’elle. A qui appartenaient ces rires fantômes aux échos caverneux surgissant, semblait-il, d’outre-tombe ?
Elle avait confié son problème à Margaret, l’agent artistique de Monsieur Travis, qui était une femme lettrée.
Celle-ci lui apprit que Rabelais, dans le Quart Livre, racontait une aventure similaire. Tandis que Pantagruel et ses compagnons sont en haute mer, l’air résonne soudain de voix, de cris, de heurts guerriers. Le capitaine du navire explique que l’hiver précédent, lors d’une bataille navale, il a fait si froid que tous les sons ont gelés et que, maintenant, les rigueurs hivernales passées, ils fondent et peuvent être entendus. Margaret conclut qu’il suffisait d’attendre l’hiver pour que les rires gèlent de nouveau et redeviennent inaudibles.
Cathy ignorait qui était râblé et se demanda : « Pourquoi un car livre, alors qu’en général c’est une fourgonnette qui se charge des livraisons ? Et c’est quoi le rapport avec mon problème ? » Toutefois, elle remercia avec sincèrement Margaret qui, jalouse depuis que Cathy s’était installée chez Brian Travis, s’était évidemment moqué d’elle en lui donnant ce conseil.
Cathy avait patiemment attendu le début de l’hiver et la chute des températures mais, les rires ne cessant pas, elle décida de rencontrer un psychiatre. Elle se rendait à sa première consultation quand elle se retrouva dans la neige, les quatre fers en l’air.
 
 
Sur la porte, une plaque de cuivre gravée annonçait :
DOCTEUR SIGFRIED DUFER
PSYCHIATRE – PSYCHOTHÈRAPEUTE
PSYCHANALYSTE – PÈDOPSYCHIATRE
ZOOPSYCHIATRE – NECROPSYCHIATRE
PSCHOTIQUE PSYCHONEVROSÈ
PSYCHOPATHE PSYCHÈDÈLIQUE
Cathy, fronçant ses sourcils soigneusement dessinés, s’étonna à haute voix : « Mais, comment fait-il pour faire tenir tout ça sur sa carte de visite ? », ce qui eut pour effet de déclencher une nouvelle déferlante de rires.
Ce fut un homme chenu, à la barbe méticuleusement taillée, qui la reçut fort civilement dans son cabinet. Chacun prit place autour du bureau, Cathy hésitant à s’asseoir.
- Je vous en prie, installez-vous et dites-moi ce qui vous amène, je suis à votre écoute, dit le docteur Dufer en se calant confortablement dans son fauteuil, les genoux sous le menton, et enfournant son pouce dans sa bouche.
- Qu’est-ce que vous faîtes, là ? demanda Cathy d’un ton dubitatif, haussant un sourcil d’un air incrédule.
- N’y prêtez pas attention. Je me suis disputé avec ma mère avant-hier, et depuis j’ai régressé jusqu’au stade oral. Mais parlons un peu de vous. Que vous arrive-t-il ?
- Eh bien, voilà, docteur, commença Cathy d’une voix exagérément plaintive, depuis des mois j’entends des rires. Il y a sans arrêt, autour de mois, des gens qui rient à s’en décrocher la mâchoire, mais je ne les vois pas.
- Mmmmh ! Parlez-moi de vos situations familiale et professionnelle.
- Je suis célibataire. Mais je ne vis pas seule. Est-ce que vous connaissez Brian Travis ?
- L’acteur ?
- Oui ! Eh bien, j’habite chez lui. Il y a quatre ans, il m’a embauchée pour être la nanny de ses sept enfants. C’était une aubaine pour moi : je n’ai pas fait d’études, et jamais je n’aurais cru qu’un jour j’habiterais dans un quartier résidentiel ! En plus, les enfants sont adorables, je les aime comme si c’était les miens. Vous savez, leur mère est morte quand l’aîné avait douze ans, et je crois qu’ils me considèrent comme leur seconde maman – ceci dit, notez bien que je serais trop jeune pour avoir des gosses de leur âge, ajouta Cathy sur le ton de la confidence, d’un air entendu.
- Est-ce que vous êtes amoureuse de Mr. Travis ? interrogea le médecin, de butte en blanc.
- Quoi ! Amoureuse de mon patron ! s’indigna Cathy. Peut-être un peu, oui, finit-elle d’un ton plus doux, après un court moment de réflexion. Je ressens comme un manque quand il n’est pas là. Il va bientôt partir en tournée pour jouer Hamlet : ça me rend aussi triste que les enfants…
- Que voulez-vous, on ne fait pas Hamlet sans casser des œufs !
- Hein ?
- Non, rien. Ecoutez, ce qui vous arrive est très clair.
- Vous savez pourquoi j’entends ces rires ? s’exclama Cathy, pleine d’espoir.
- Bien sûr. C’est une pathologie assez récente dans l’histoire de la psychiatrie : vous souffrez de sitcomite aiguë. Je m’explique : votre vie est digne d’un scénario de sitcom, à un tel point que vous êtes persuadée d’entendre les rires du public.
- Et que dois-je faire pour que ça cesse ? Est-ce qu’il y a un espoir, docteur ?
- Ma foi, c’est assez simple : vous devez avouer vos sentiments à votre patron. C’est toujours comme ça que se termine une sitcom. Ainsi, les rires cesseront.
- C’est peut-être simple pour vous, répondit pensivement Cathy. Si vous croyez que c’est facile.
 
 
Quand Cathy revint d’accompagner les enfants à l’école, elle trouva Brian Travis seul, installé dans le canapé du salon. Tant mieux ! Elle était bien décidée à lui ouvrir son cœur !
- Je vous attendais, Cathy, dit Mr. Travis d’un air décidé.
- Vous m’attendiez ? s’inquiéta Cathy. Oh, écoutez, je suis vraiment navrée pour ce vase, je sais que vous y teniez beaucoup, mais je vous en achèterai un autre dès que j’irai dans une brocante.
- Vous ne faites pas allusion à mon Ming, j’espère ? Mais oui, au fait, où est-il ?
- Oups ! lâcha Cathy, comprenant sa gaffe.
Une cascade de rires ininterrompus se répandit autour de la jeune femme.
Sans aucune transition, Brian Travis saisit délicatement les mains de Cathy, et lui parla d’une voix douce :
- Avant mon départ en tournée, je voudrais mettre certaines choses au point avec vous. J’ai récemment pris conscience que j’éprouvais des sentiments tendres pour vous, et je crois avoir deviné qu’ils sont réciproques, n’est-ce pas ?
- Est-il possible que cela m’arrive à moi ? s’étonna Cathy. Une fois dans ma triste, ma pauvre enfance, j’ai fait sans doute une bonne action, puisqu’ aujourd’hui vous êtes là, près de moi, vous mon premier bonheur.
- Y a t-il quelqu’un à qui je devrais aller demander la permission de vous épouser ? s’enquit Brian.
- Pourquoi ne pas le demander aux enfants ? répondit Cathy, avant de lui donner un long baiser.
Pour la première fois, les rires cédèrent la place à des sifflements complices et des applaudissements de félicitations.
 
 
Tous étaient réunis pour la dernière : réalisateurs, scénaristes, cameramen, maquilleuses, coiffeuses et comédiens. Un long buffet recouvert de mets appétissants traversait de part en part le décor. L’ambiance était à la fête, mais aussi à la mélancolie.
- Et voilà, Judith, dit Brian Travis à Cathy, une coupe de champagne à la main, cette fois, c’est bel et bien fini. Le dernier épisode d’Une Nounou nommée Cathy sera diffusé dans deux mois.
- Je m’étais habituée à bosser avec toi, John, et avec les mômes, répondit Cathy. Quatre ans de tournage ensemble, ça représente quelque chose ! Je crois que j’ai un peu le cafard.
- Tu sais, peut-être serons-nous réunis dans un an : il est possible que ce ne soient que des bruits de couloir, mais j’ai entendu parler d’un téléfilm spécial qui relaterait le voyage de noces de Cathy et Brian. Ca te tenterait de le tourner ?
- Pourquoi pas ? Si je n’ai pas signé entre temps avec Coppola ou James Cameron… ajouta la jeune femme ironiquement en clignant de l’oeil.
Son sang se pétrifia alors dans ses veines tandis qu’un public fantôme vomissait de bon cœur un torrent épais et tonitruant de rires.

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Dimanche 4 mars 2007

Bon dimanche, sous vos applaudissements ! Bienvenue au Théâtre de l’Empire, vous êtes ici chez vous. Un programme exceptionnel vous attend :

11h20 – Entrez les artistes. Découvrez l’actualité de l’opéra, du cinéma, des concerts et du music-hall, mais n’y allez pas, restez plutôt sur Antenne 2.

13h20 – Après le journal de midi qui commence à 12h45, nous retrouverons Croyable mais faux. Aujourd’hui, encore, nous assisterons au train-train quotidien de personnages ordinaires campés par des comédiens.

14h20 – Magnum, série américaine (rediffusion). Inutile d’aller voir ce qui se passe chez les concurrents, ce n’est pas mieux : sur TF1, c’est Starsky et Hutch, série américaine (rediffusion) ; sur FR3, D’Un Soleil à l’autre reçoit M. Ledru, président de l’inter-profession laitière qui, à l’occasion de la semaine internationale de l’agriculture sédentaire, viendra présenter une sélection de trente-huit courts-métrages de clubs-vidéo ruraux.

15h10 – L’Ecole des ânes. Des marmots viendront braire des chansons de Gérard Lenormand. Accompagnement musical : Bob Quibel et Pino Lattuca (ça ne s’invente pas).

15h55 – Les Voyageurs de l’histoire. Avec mes jeunes amis, nous nous rendrons à Paris le 18 brumaire de l’an VIII pour assister au renversement du Directoire. Vous pourrez en profiter pour aller faire pipi, goûter ou sortir le chien.

16h25 – Thé dansant. L’émission réservée aux aînés des spectateurs de La Chance aux chansons. Notre invitée d’honneur sera Nelly Gustin (ou plutôt ce qu’il en reste) qui viendra nous interpréter Sur les quais du vieux Paris. Accord grand-parental souhaitable.

16h55 – Nous nous dirons au revoir. Vous pourrez aller préparer vos affaires pour demain.

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Mercredi 28 février 2007

Puisque Franck était décidé, Mathilde acquiesça. Cette décision de recourir à l’hypnose l’avait d’abord fort surprise ; elle associait d’emblée à cette pratique l’idée d’un type, aux cheveux gominés et à la fine moustache, persuadant un homme de son appartenance à la famille des gallinacés : « Quand je claquerai des doigts, vous serez un poulet ! »

Mais Franck avait su trouver les mots justes ; il lui parla d’un psychiatre très réputé qui parvenait, en quelques séances, à faire disparaître définitivement toutes sortes de phobies, comme la peur des araignées ou toutes sortes de vices, comme le tabagisme. Cependant ce qui intéressait Franck, c’était la possibilité de modifier, par la suggestion hypnotique, sa sexualité.

Mathilde était jolie, grande, avec de longs cheveux ondulés noirs comme la nuit ; son caractère était emprunt de douceur et de joie de vivre. Franck l’aimait depuis quelques années déjà, d’un amour sincère, mais d’un amour platonique car, sexuellement, seuls les hommes l’attiraient et le fascinaient. Mathilde, très éprise de lui, avait joué de tous ses charmes pour le détourner des mâles, en vain.

- Grâce à l’hypnose, nous allons enfin pouvoir nous marier, affirma Franck. Est-ce que tu veux toujours de moi, Mathilde chérie ?

- Quelle question ! s'amusa Mathilde.

Cela faisait maintenant six mois que Franck se faisait hypnotiser régulièrement. Lui et Mathilde partageaient un petit appartement parisien confortable et dormaient dans le même lit. Dormir était en effet tout ce qu’ils y faisaient. Les goûts et l’attitude de Franck apparemment ne se modifiaient en rien. Penaud, il s’en excusait presque chaque soir auprès de Mathilde qui, patiente, se blottissait dans ses bras pour y passer la nuit en l’assurant que c’était normal, que ça ne pouvait pas venir comme ça, du jour au lendemain.

Un jour où Mathilde se sentait fiévreuse, elle quitta son bureau à la mi-journée pour rentrer se reposer. A peine eut-elle entrouvert la porte d’entrée qu’elle entendit des rires et des gémissements de plaisir émanant de la chambre à coucher, qui en cet instant semblait porter son nom à la perfection. Un homme ! Il avait osé ramener un homme dans leur lit ! Mathilde, l’intention assassine, se précipita sur les lieux du délit où elle découvrit, stupéfaite, une longue chevelure dorée à cheval sur Franck.

L’hypnose l’avait bel et bien rendu hétérosexuel, mais, nul n’est parfait, il préférait les petites blondes.

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Lundi 26 février 2007

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Chers Visiteurs de mon Sanctuaire, j’ai un aveu à vous faire. J’ai honte. Parce que j’aime les chevaux. Sans selle. Je veux dire sans sel. Crus, comme ça, hachés, à même le papier d’emballage du boucher. Je sais que c’est mal, je n’en suis pas fier, mais je n’y peux rien : depuis longtemps le cheval, c’est mon dada.
Dans les milieux autorisés, on dit que je suis hippophage. Hippophage. Ca sonne comme une perversion, presque comme une insulte. Eh ! Va donc, hippophage ! Pourtant mes proches disent de moi : « C’est pas le mauvais cheval ».
J’ai honte, mais je ne puis m’en passer. Le steak de cheval est la plus belle conquête de mon assiette.
« N’as-tu donc aucune sensibilité, Antinoüs ? » essayait de me raisonner l’autre jour un ami médecin, grand chercheur en maladies neurologiques, qui passe ses journées à brancher des électrodes sur des petits cerveaux palpitants de singes et de chatons, après les avoir soigneusement trépanés.
« Tu d’vrais arrêter, franchement, c’est dégueulasse » tentait de me convaincre, hier encore, mon beau-frère, qui n’est pas du genre à couper les chevaux en quatre. J’aurais bien voulu lui promettre d’essayer, du moins d’y penser, mais je n’en ai pas eu le temps : il était impatient de partir à la chasse, ayant promis à son épouse de la biche au dîner pour leurs cinq ans de mariage.
Heather (prononcer « iseur », pour ceux qui ignorent la langue de Shakespeare - prononcer « checspir »), Iseur, donc, une amie mannequin m’a proposé de m’accompagner aux H.A. (Hippophages Anonymes). Iseur, c’est une crème. Et puis elle est belle, toujours bien mise, bien maquillée. Faut dire qu’elle ne met pas n’importe quoi comme maquillage : avant que son mascara n’allonge si harmonieusement ses cils, les cosmétologues ont dû en faire pourrir des paupières de lapin ! Enfin, Iseur le vaut bien.
Dimanche, j’ai rencontré mon boulanger à l’église. Il sait que j’achète du cheval, ça parle entre commerçants. Très à cheval sur les principes de notre curé de quartier, il m’a fait remarquer après le sermon : « Vous savez, je dis ça comme ça, mais les chevaux sont aussi des créatures du bon Dieu ». Son épouse, chaudement emmitouflée dans sa fourrure de renard des neiges appuya la remarque de son mari en opinant.
Mais tout le monde a beau monter sur ses grands chevaux pour me faire des remontrances, c’est plus fort que moi. Il me faudrait un remède de cheval, mais il n’en existe pas. Alors, aujourd’hui encore, je me suis rendu à la boucherie chevaline. Avez-vous remarqué que celles-ci sont de moins en moins nombreuses ? J’appréhende le jour où il n’y en aura plus une seule et où je devrai acheter ma viande de cheval chez un boucher spécialisé en viande bovine, qui aura la bonté de réserver dans sa chambre frigorifique une rayon chevalin pour les détraqués comme moi. Dès lors, il me sera impossible de me cacher : il me faudra commander ma bidoche préférée devant les regards réprobateurs des clientes fardées et outrées.
Ce matin, donc, malgré une très forte fièvre (non, je ne vais pas me laisser aller à un calembour facile et calamiteux, ce n’est pas mon genre), je me suis rendu à la boucherie chevaline où j’ai mes habitudes et dont le propriétaire est un ancien vétérinaire spécialisé en hippiatrie, reconverti en boucher après qu’un cheval alezan lui a fait un procès pour erreur médicale. En passant, j’en ai profité pour aller au bureau de tabac. Pour faire un tiercé. Bah, oui, je sais qu’il ne faut pas jouer avec la nourriture. J’ai honte. J’ai honte !

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Mercredi 21 février 2007

En décembre 1999, je comprenais déjà que trop réfléchir nuit gravement au bonheur. Ce que j'avais cru longtemps être des bénédictions de la nature, la lucidité et la réflexion, me sont apparues alors comme une croix à porter, la cause d'un gâchis de l'instant présent, un danger pour mon futur. C'est alors que j'ai essayé de l'exprimer à travers ce poème... naïf. Mais, la naïveté n'est-elle pas parfois un avantage ?

Une étoile est une larme de neige

Sur une joue d'ombre et d'asphalte.

Un astronome sur un manège

Chevauchait des nombres sans halte,

S'agrippait au cou du deux chevalin,

Se balançait sur l'échine du six,

Menotté par le huit vicieux et taquin,

Voltigeait entre zéro et dix.

Hélas ! l'étoile lasse s'est effondrée,

Géante rouge, naine blanche, morte déesse

Ennuyée de brûler et de soupirer

Pour un soupirant ne songeant sans cesse

Qu'à la distance qui les sépare :

« Combien ? Combien ? Combien ? »

Plus besoin de compter, l'étoile en a eu marre,

L'étoile n'est plus rien

Que des larmes de poussières.

L'astronome est tombé à genoux en prière.  

Ce poème auquel on pourrait trouver des accents pessimistes est en réalité un message d'espoir et un « conseil bien-être » : nul besoin de se torturer l'esprit pour jouir de l'instant présent... bien au contraire !

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Lundi 25 décembre 2006

Lire aussi Téléchat (1)

***

Groucha : Chalut ! Aujourd’hui, Lourdi 25, c’est la Saint Boule de sapin. Bonne fête à toutes les boules de sapin !

Lola : Bonne fête, les boules ! Dites, Groucha, en tant que Présidente de la S.P.O. je dois vous prévenir que j’ai reçu un courrier abondant de boules de sapin qui s’ennuient ferme, accrochées à leur branche. C’est inhumain, il faut faire quelque chose !

Groucha : Vous avez raison, ma chère Lola. Soyez charitables, il faut distraire vos boules ! Et pour cela, je vous propose de jouer à la pétanque avec elles.

Lola : Comment ?

Groucha : Rien de plus simple. Chaque concurrent prend des boules de couleurs différentes : par exemple, je prends les boules rouges et vous les boules vertes.

Lola : J’aurais préféré les jaunes avec les petites étoiles qui scintillent, là.

Groucha : Ah, je vous le déconseille, Lola : les paillettes vous empêcheront de pointer juste, vous ne pourrez que tirer...

Lola : Vous vous y connaissez drôlement en boules, Groucha !

Groucha : Que voulez-vous ? Pendant plus de vingt ans sans faire de télé, il fallait bien que je m’occupe ! Bon, maintenant vous installez sur le sol une guirlande qui marquera la limite depuis laquelle vous pourrez lancer vos boules. Et voilà ! Vous pouvez disputer une partie de pétanque comme vous savez le faire.

Lola : Mais, il manque le cochonnet !

Groucha : Non, Lola, le cochonnet, c’est le petit Jésus, dans la crèche.

Lola : Comme c’est astucieux !...

Groucha : Et tout de suite, rendez-vous au Frigo Palace pour un nouvel épisode de votre feuilleton débile favori : Léguman !

*** 

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Les jouets sont en danger !

Le Père Noël les a entassés !

Dans sa hotte les a écrasés !

Mais, qui pourra l’arrêter ??

Légumaaan ! Légumaaan !

T’es l’enfant de la Terre,

Le Soleil est ton père,

Tu fais mordre la poussière

A ceux qui veulent la guerre !

Léguman !

Léguman neutralise la vieille fripouille

En lui filant un coup de pied dans les côtes !

Le train électrique claustrophobe est sauvé !

Sauvée aussi, l’implorante et pisseuse poupée !

Bravo, Léguman !

*** 

Lola : Vingt ans après, ce feuilleton n’a rien perdu de sa débilité, c’est admirable !

Groucha :Eh, oui, ma chère Lola, c’est dans les vieux pots qu’on fait les plus gros cacas... L’émission touche à sa fin. Lola et moi vous souhaitons un joyeux Noël ! Mais avant de rendre l’antenne, l’équipe de Téléchat tiens à vous présenter ses meilleurs vœux.

Brossedur, le balai archiviste : Bigre-bigre, joyeux Noël !

Sophie Dure-à-Avaler du Tiroir de la cuisine, la cuillère : Merry Christmas !

Durallo, le téléphone : Allôôô ? Joyeux Noël !

Raymonde du Tiroir de la Salle à manger, la fourchette : Je vous souhaite un joyeux Noël, n’est-ce pas ?

MicMac, le micro : Eh ! Joyeux Noël à tous !

Maître Duramou, fer à repasser, huissier de justice : Ce Noël sera joyeux, ça fait pas un pli ! Pffff...

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par l'équipe de Téléchat publié dans : Griffonnages
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Jeudi 21 décembre 2006

Après des débuts dans l'ombre, en 1983, un complot politico-commercial dont ils ont été victime en 1984, et enfin un succès (malgré l'infortune) qui a suscité des jalousies au point de les faire disparaître du petit écran en 1985, Groucha, Lola et toute leur équipe reviennent aujourd'hui : c'est le retour de Téléchat ! Nos objets à poils et à plumes vont de nouveau pouvoir s'exprimer. N'oublions pas de remercier Roland Topor et Henri Xhonneux, sans qui rien de tout ceci ne serait possible...

Groucha, le chat : Chalut ! Aujourd’hui, Jourdi 21, c’est la Saint Retour. Bonne fête à tous les retours : retour de manivelle, retour de bâtons, retour à l’envoyeur, retour d’âge et les autres !
Eh ! oui, après 20 ans d’absence, Lola (fraîchement débarquée de l’avion qui la ramène d’Australie) et moi-même sommes de retour pour vous présenter Téléchat, grâce à la témérité d'Antinoüs qui n’hésite pas à nous laisser émettre depuis les locaux de son journal, pour vous entretenir de sujets brûlants concernant les objets à poils, à plumes ou à berbes...
 
Lola, l’autruche : Vous voulez dire « imberbes ».
 
Groucha : C’est cela, Lola, un poil de contradiction dans cette émission ne fera pas de mal. Et pour commencer, une interview exclusive du gluon du ballon de football qui va nous expliquer pourquoi il a cogné un joueur de l’équipe adverse à la tête. Passionnant, n’est-ce pas, Lola ?
 
Lola : Oh, moi, le foot, je m’en fiche, je préfère le patinage artistique sur crème glacée.
  
Groucha : Bon. Si vous êtes prêt aux archives, envoyez le magnéto, mon cher Brossedur !
  
***

Groucha
 :
Paré à reprendre du service, mon vieux MicMac ?
 
MicMac, le microphone : Moi, tu sais, je saisis la balle au bond !
 
Groucha : Gluon du ballon de foot, à l'occasion de notre rétrospective de fin d'année, pouvez-vous nous expliquer votre geste lors de la finale de la Coupe du Monde 2006 ?
 
Gluon, la plus petite particule du ballon de foot : D’habitude, on me donne toujours des coups de tête : c’est dur un crâne de footballeur, vous savez, ça fait mal. Pour une fois, c’est moi qui ai frappé le premier.
 
Groucha : Vous n’avez pas honte ? Vous êtes censé être un exemple pour toutes les petites balles qui souhaitent un jour devenir ballons de compétition ! Vous devriez vous montrer un peu plus maître de vos coutures !
 
Gluon : Mais, il a insulté ma mère !
 
Groucha : C’est sérieux ? Que vous a-t-il dit ?
 
Gluon : Il a dit que ma mère n’était qu’une vieille balle de ping-pong en plastique ! Or, tout le monde sait que ma mère a toujours été une belle balle de tennis bondissante ! C’est honteux de dire du mal de ma môman comme ça !
 
Groucha : Le joueur a dit que c’était vous qui aviez commencé. Vous ne faites que vous renvoyer la balle ! Quand même ! Alors que les journaux pendant un mois ne parlent que de vous, passant au second plan les grands événements de l’actualité, vous pourriez faire l’effort de donner une bonne image de vous-mêmes...
 
Gluon : Vous croyez que c’est drôle, vous, une vie de ballon de foot, à se ramasser des coups de pieds du matin au soir jusqu’à en avoir le cuir usé ?
 
Groucha : Chers téléchpectateurs, je vous laisse seuls juges de la situation : la balle est dans votre camp.
 
***

Lola
 :
C’est affreux ! Pauvre ballon ! En temps que présidente de la S.P.O. (Société Protectrice des Objets), je m’insurge !
 
Groucha : Eh bien ! insurgez-vous ma chère Lola. Quant à moi, je vous dis « Chalut ! A la prochaine fois si on veut bien » et vous invite d’ici-là à nous laisser quelques messages en cliquant sur le lien « Commentaire » ci-dessous, pour nous dire ce que vous pensez de notre retour !
 
Lola : Oaargk !
 
***
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par Antinoüs & l'équipe de Téléchat publié dans : Griffonnages
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