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Je suis né en 1975. Mon principal trait de caractère : l'hypersensibilité. Qualité que j'apprécie chez autrui : l'honnêteté. Mon occupation préférée : la lecture. Mon rêve de bonheur : passer ma vie auprès d'Hadrien. Couleur que je préfère : lavande. Mon animal préféré : le chat. Ce que je déteste par-dessus tout : le bruit. Don que je voudrais avoir : celui de me rendre invisible.
***
Il y a actuellement  2  curieux errant dans mon Sanctuaire. Faut vraiment n'avoir que ça à faire !
***
Quoi qu'il en soit, je vous souhaite un agréable moment en ma compagnie.
Antinoüs

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sans oublier Le Temple d'Hadrien, mon empereur bien-aimé.templehadrien.JPG

Samedi 3 mai 2008

Aujourd'hui, j'ai 33 ans. L'âge de Jésus lorsqu'il fut crucifié. Mais aussi l'âge de Victor Hugo en 1935, de Jules César en 67 av. JC, du général de Gaulle en 1923, d'Alexandre le Grand en 323 av. JC, de Voltaire en 1727, de Charlemagne en 780, de Benjamin Castaldi en 2003, de Molière en 1655, et d'Albert Einstein en 1912.

(Joue avec moi ! Un intrus tout caca s'est glissé dans la liste des grands hommes. Retrouve-le !)

par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Samedi 21 juillet 2007

 

 

Plus bleu que le bleu de tes yeux
(Charles Aznavour)
 
Lorsque je lève les yeux,
Je rencontre le ciel
Et je me dis : "Mon Dieu,
Mais c'est sensationnel,
Tant de bleu."
Lorsque je lève les yeux,
Je rencontre tes yeux
Et je me dis : "Mon Dieu,
C'est vraiment merveilleux,
Tant de bleu."

Plus bleu que le bleu de tes yeux,
Je ne vois rien de mieux,
Même le bleu des cieux.
Plus blond que tes cheveux dorés
Ne peut s'imaginer,
Même le blond des blés.
Plus pur que ton souffle si doux,
Le vent, même au mois d'août,
Ne peut être plus doux.
Plus fort que mon amour pour toi,
La mer, même en furie,
Ne s'en approche pas.
Plus bleu que le bleu de tes yeux,
Je ne vois rien de mieux,
Même le bleu des cieux.

Si un jour tu devais t'en aller
Et me quitter,
Mon destin changerait tout-à-coup
Du tout au tout.

Plus gris que le gris de ma vie,
Rien ne serait plus gris,
Pas même un ciel de pluie.
Plus noir que le noir de mon cœur,
La terre en profondeur
N'aurait pas sa noirceur.
Plus vide que mes jours sans toi,
Aucun gouffre sans fond
Ne s'en approchera.
Plus long que mon chagrin d'amour,
Même l'éternité
Près de lui serait court.
Plus gris que le gris de ma vie,
Rien ne serait plus gris,
Pas même un ciel de pluie.

On a tort de penser, je sais bien,
Aux lendemains.
A quoi bon se compliquer la vie
Puisqu'aujourd'hui...

Plus bleu que le bleu de tes yeux,
Je ne vois rien de mieux,
Même le bleu des cieux.
Plus blond que tes cheveux dorés
Ne peut s'imaginer,
Même le blond des blés.
Plus pur que ton souffle si doux,
Le vent, même au mois d'août,
Ne peut être plus doux.
Plus fort que mon amour pour toi
La mer, même en furie,
Ne s'en approche pas.
Plus bleu que le bleu de tes yeux,
Je ne vois que les rêves
Que m'apportent tes yeux...
par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Vendredi 9 mars 2007

Si, ce matin, je me suis levé du pied gauche, c’est que je n’ai pas fermé l’œil (ni l’autre) de la nuit. « La fortune vient en dormant », paraît-il... Moi, j’ai perdu une fortune en achetant le week-end dernier un oreiller à mémoire de forme, pour une somme à dormir debout. L’oreiller qui ne se déforme pas et qui maintient parfaitement votre colonne vertébrale. Un parpaing, oui ! Seul un fakir peut dormir là-dessus ! Ils utilisent les mêmes à l’aérospatiale et à la NASA, y avait écrit sur la boîte. Moi qui rêvais d’aller sur la Lune, je vais y réfléchir à deux fois ; les astronautes doivent très mal dormir ! Si ce soir, j’ai envie de m’casser la voix de dormir du sommeil du juste, dans ma position préférée, à moitié sur le ventre, j’ai plutôt intérêt à me procurer un oreiller qui autorise ma nuque à prendre voluptueusement la forme d’un « S »... bref, un oreiller à mémoire difforme !

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Je profite de cet article, dont la portée va révolutionner la face du monde, pour lancer un sondage édifiant. Si vous avez un âge mental (ou réel) inférieur à 18 ans, vous pouvez participer.

QUE PORTEZ-VOUS POUR DORMIR ?

A vos commentaires !

par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Jeudi 1 mars 2007

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Je dis facilement « je », mais les verbes qui suivent ce pronom sont souvent conjugués au passé. Je peine à parler de moi au présent. Si bien que la rubrique « Au fil des jours, je... », qui devrait être quotidiennement agrémentée d’un nouvel article, se retrouve parfois délaissée pendant plusieurs jours (voire plusieurs semaines). Pourtant, un blog, à l’origine, c’est bien un journal intime en ligne, hein ? Je ne remplis pas mon contrat, je prends la tangente en vous parlant du moi d’autrefois, en partageant avec vous mes textes, mes dessins, mon humour, en évoquant Dorothée (ça y est, je l’ai encore casée, j’adore écrire son nom). Manifestement, ce n’est pas pour vous déplaire, comme l’attestent vos touchants commentaires, mais peut-être vous demandez-vous parfois : « Mais, il fait quoi de ses journées, Antinoüs, depuis deux semaines, quand il ne nous offre pas un nouveau chapitre de son autobiographie ou qu’il ne nous parle pas de Croque Vacances ? »

Oh ! Oh ! Vous voyez ce que je viens d’écrire ? N’est-ce pas une des plus parfaites manifestations d’égocentrisme ? Je m’imagine être suffisamment intéressant pour que des gens que je n’ai jamais rencontrés « en vrai » se posent une telle question ! Je pourrais concevoir que vous vous la posassiez (désolé, mais moi ça me fait marrer, le subjonctif imparfait) si j’étais médecin légiste, profiler, vedette du petit écran, acteur, chanteur pop, premier ministre ou serial killer. Mais je ne suis qu’un petit prof (1m72) de banlieue qui rêve de se recycler afin de pouvoir passer ses journées à concevoir et à écrire des bêtises qui vous apporteraient distraction, émotions et gaîté.

Pondre des scénarii de séries télé, écrire des romans et des recueils de nouvelles, concevoir des émissions pour enfants distrayantes et éducatives (comme le faisaient si bien Jacqueline Joubert, Christophe Izard et Claude Pierrard), voilà à quoi j’aspire. Telle est ma vraie vocation. Mais, je suis lâche : j’ai une profession correctement rémunérée (je vais me faire lyncher à écrire un truc pareil) et la sécurité de l’emploi. Ma conscience et mon estomac m’interdisent de tout lâcher. Alors, avec Hadrien, nous nous sommes mis à jouer au Loto. Tiens, quand on parle du loup, je n’en vois pas encore la queue mais il vient de rentrer, et la pizza est au four.

Donc, j’arrête abruptement cet article qui, de toute façon, n’a pas de ligne directrice.

Ah, oui, au fait, aujourd’hui j’ai pris le thé avec Mina, une copine de lycée que j’ai retrouvée sur le site « Copains d’avant » : elle est aussi géniale que dans mes souvenirs. Nous nous reverrons. La pizza est chaude : point final.

par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Mardi 6 février 2007

Ce matin, Maxime, élève de 6è, vient me parler à la fin du cours, l'air grave.

Max : Monsieur, c’est quoi l’animal qui mesure trois mètres, qui a de longues griffes et 87 dents ?

Moi : Ca n’existe pas, Maxime !

Max : Si, si, ça existe !

Moi : Bah, alors, je ne sais pas ce que c’est...

Max : Moi non plus, mais... COUREZ !!!

Sur ce, il s’enfuit dans la cours en rigolant.

***

Cet après-midi, Kevin, autre élève de 6è, m’interrompt en plein cours.

Kevin : Monsieur, c’est un diamant que vous portez ?

Moi : De cette taille ?! Non, c’est du cristal de roche, ça ne vaut rien. Tu crois que les profs sont riches ?

Je reprends le cours en main.

Kevin : Monsieur !

Moi : Quoi, Kevin ?

Kevin : Et la chaîne, elle est en or ?

Moi : Non, c’est du toc, je n’ai pas les moyens de me payer de l’or. Et si tu faisais davantage attention à ce que je dis qu’à ce que je porte, mmh ?

Je poursuis là où j’en étais.

Kevin : Monsieur !

Moi : Quoi encore, Kevin ?! Si tu veux savoir, mon pull, ce n’est pas du cachemire !

Kevin : C’est pas ça, mais pourquoi vous êtes prof alors que ça rapporte rien ?

Jeudi, je fais grève.

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par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Mardi 30 janvier 2007

Aujourd’hui, Samir, élève de 5è, vient me voir à la fin du cours, le sourire en coin :

Samir : Monsieur, vous devez avoir 21 ans, c’est ça ?

Moi : C’est gentil de le croire !

Samir : ...?

Moi : Tu en rajoutes dix de plus, et tu connais mon âge.

Samir : Vous avez 31 ans ?! Mais, alors, vous avez connu Hélène et les garçons !

***

Ce même jour, une autre classe de 5è s’installe dans ma salle. Benoît, vient me trouver très vite pour me dire qu’il a découvert sur sa table une inscription me concernant. Aussitôt, je me rappelle les tags sur les murs du collège, l’an dernier, traînant dans la boue plusieurs de mes collègues, le principal et son adjoint. Ca devait finir par m’arriver. En suivant Benoît jusqu’à sa place, je me demande quelle horreur concernant ma personne je vais découvrir. Il me montre du doigt le délit, une écriture maladroite d’élève de 6è ou de 5è : « Monsieur [Antinoüs] est un ange. »

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par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Mercredi 10 janvier 2007

Je me sens léger, léger, léger... à l’instar du Professeur tournesol vantant les mérites de l’huile Lesieur. Parce que j’ai franchi la ligne d’arrivée après quatre mois de traversée du désert. J

Les élèves sont contents de me revoir, je dois m'en rendre à l’évidence bien que j’en sois surpris. D’ailleurs, lundi, certains sont venus à mon bureau en fin d’heure pour me le dire (les fayots !). Même les gros caïds de 3è me mangent dans la main (mais faut quand même faire gaffe à ses doigts avec eux).

Et surtout... j’assure ! Je n’ai plus peur d’être face à eux ! Désormais, je me sens capable de faire trembler des montagnes comme si j’avais ouvert le Livre des secrets, et le gentil Antinoüs qui s’écrase quand on l’embête, c’est fini ! Si quelqu’un me cherche, il va moucher tout rouge !!

Je vous écrirais bien plus longuement, mais je vais plutôt me consacrer au chapitre IX de mon autobiographie, ainsi qu’à la publication de la suite du manga dans Le Temple d’Eros (ça va devenir cochon), car je pense que c’est ce que vous attendez, non ? Et j’ai envie de vous faire plaisir pour vous remercier de votre soutien...

Avant de finir, j’ai tout de même envie de vous avouer que, libéré de ce poids, je ressens avec encore plus d’intensité l’amour que je porte à l’homme de ma vie et, depuis trois jours, je ne cesse de fredonner en pensant à lui :

Il a mis dans ma tête un tout petit vent léger

Deux jolies sauterelles à chacune de mes pensées

Trois ballons rouges et bleus à chacun de mes poignets

Et des ailes, et des ailes... et des ailes à mes souliers.

Il va falloir que je m’applique à découvrir comment on met des petites « barrettes » de MP3 sur un blog : mon sanctuaire n’en sera que plus vivant !

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par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Samedi 6 janvier 2007

Eh, bien, voilà ! Nous y sommes : après-demain, je retourne au collège.

Pour les nouveaux qui débarquent dans mon sanctuaire (bienvenue), je résume la situation. Je sors d’une grosse dépression qui a été provoquée par une phobie sociale qui consiste à avoir peur de... l’attention d’autrui ! D’une certaine façon, c’est comme de la timidité, mais puissance 1000 (chiffre arbitraire). Etant enseignant depuis sept ans et prenant sur moi depuis autant de temps (car je n’étais pas conscient de mon mal), j’ai fini par craquer en septembre dernier, ne supportant plus la pression que constituait trente paires d’yeux et d’oreilles braqués sur moi vingt heures par semaines. Grosso modo, pour comprendre l’aberration et le comble de ma situation, imaginez un type arachnophobe dont le métier serait de s’occuper d’un vivarium rempli d’arachnéens. Voilà donc, ce que je dois affronter lundi.

Vous pensez peut-être : « Mais alors, ta thérapie est un échec, Antinoüs ? »

Pas du tout ! Au mois d’octobre, j’en étais à ne plus pouvoir sortir de chez moi de peur de devoir dire bonjour à un voisin, ni répondre au téléphone. Aujourd’hui, j’arrive à avoir l’air (parfois même à me sentir) à l’aise avec une, deux ou trois personnes à la fois, à faire de l’humour et à ne pas trembler comme une feuille. Au-delà de trois, j’ai le vertige et n’ouvre plus la bouche, y a encore du boulot.

Là, vous me dites : « Mais, tu es fou ! Ne retourne pas travailler lundi ! Ca va être un massacre ! »

Ce à quoi je vous répondrai : « Merci pour ces encouragements, je me sens mieux. »

Non, pour vous répondre sérieusement : si j’y retourne, bien que mon problème ne soit pas complètement résolu, c’est parce que j’ai besoin de me prouver que je suis à nouveau capable d’affronter mes démons intérieurs. Je ne supporte pas le sentiment d’impuissance ou d’échec. Autrement dit, j’ai en horreur l’idée de retourner au collège et je préfèrerais n’importe quel emploi de bureau (un bureau dans lequel je serais seul et où personne n’entrerait, bien sûr). Mais je veux POUVOIR y aller : je ne renoncerai à ma profession que lorsque ce sera par choix et non par peur. Je ne supporterais pas de partir vaincu...

Bon, ceci était censé être une introduction de quelques lignes et, là, on ne voit déjà plus le rapport avec le titre. Je reviens donc à mes ovidés laineux. J’aurai désormais moins de temps à consacrer à ce Sanctuaire mais, comme vous le savez peut-être déjà, je n’ai aucune envie de l’abandonner, ne serait-ce que parce que vous êtes nombreux à avoir la gentillesse, via vos commentaires ou courriels, de me demander de continuer.

Voici donc quelques recommandations en mon absence :

- Je vous laisse la clef du Sanctuaire sous le paillasson, vous penserez à bien refermer derrière vous.

- Il faudrait que vous vous occupiez un peu de mes articles afin qu’ils ne dépérissent pas ; pour cela laisser quelques commentaires au moins deux à trois fois par semaines, je suis sûr qu’il y a plein d’articles depuis le 10 octobre sur lesquels vous n’êtes pas intervenus, les pauvres ! Comme toujours, j’y répondrai.

- Abonnez-vous à ma lettre d’info (garantie sans pub) afin d’être prévenus immédiatement chaque fois que je serai de retour (ce qui arrivera aussi souvent que possible, promis).

Bon, il ne me reste plus qu’à préparer mon cartable et à remplir mon lecteur mp3 de chansons de Dorothée pour le trajet de lundi (notamment Bats-toi, Toutes les guitares du rock and roll, Dorothée rock et Toutes les chansons du monde... on se donne du courage comme on peut).

Merci sincèrement à tous ceux qui ne restent pas dans l’ombre et qui bavardent avec moi dans mon Sanctuaire ! A très vite !

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illustration de Kinu SEKIGUSHI

par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Mardi 26 décembre 2006

Mes plus grands fantasmes ne sont pas sexuels. Ca y est, je viens de perdre 50% de mes lecteurs. Néanmoins, comme un blog a pour caractéristique, entre autres, de montrer le blogueur tel qu'il est, je ne peux vous les dissimuler plus longtemps. Voici les principaux :

Hadrien me dit qu’il faut qu’on parle de quelque chose d’important.

- Ecoute Antinoüs, j’ai une bonne et une très bonne nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que je viens d’être augmenté : j’ai désormais un salaire de ministre.

- Et la très bonne ?

- Tu n’as donc plus besoin de travailler et tu pourras consacrer tes journées entières à t’occuper de notre maison, à me mitonner des petits plats (sans gras) et surtout à t’investir dans l’écriture afin de te faire publier. Mais avant tout, je vais appeler le S.A.M.U. pour te réanimer.

Je reçois un e-mail. « Cher Antinoüs. J’aime beaucoup votre blog et regrette que vous ne publiez plus qu’un article par semaine depuis que vous avez repris le chemin de l’école. Il se trouve que je suis millionnaire, vieux, veuf, sans enfants, et que je ne sais pas quoi faire de mon argent. Voudriez-vous que je fasse de vous mon héritier universel et que je devienne votre mécène afin que vous vous consacriez 50 heures par semaine à l’écriture ? »

Aveu de mes parents.

- Tu as sans doute remarqué que tu ne nous ressemblais pas beaucoup ? Sois fort. Nous t’avons trouvé dans la rue. En fait, nous venons d’apprendre que lorsque tu n'étais encore qu'un bébé, tu avais été enlevé à tes vrais parents et que tes ravisseurs t’avaient égarés pour d’obscures raisons que nous éclaircirons dans le prochain épisode. Ton vrai père a su que c’était toi, son fils unique, lorsqu’il a lu ton blog. Il nous a téléphoné pour tout nous raconter, et son histoire a été confirmée par les armoiries cousues sur tes langes. Ton père est l’émir Ben Aord’Hur, le roi du pétrole, le rival depuis toujours de J.R. Ewing. Tu es milliardaire, tu n'as plus besoin d'aller travailler, tu pourras te consacrer totalement à l'art. Ce n’est pas tout. Tu es noir.

- Bon, j’appelle le collège pour donner ma démission, dis-je, résigné devant la triste fatalité.

Rencontre au coin d’une rue.

- Antinoüs ! C’est bien vous ? J’adore votre blog ! Je suis Anthony Stark, le milliardaire, plus connu sous le nom d’Iron Man. J’ai créé la célèbre armure rouge et or, ai été un membre fondateur des Vengeurs, j’ai sombré dans l’alcoolisme, ai voyagé à l’époque du roi Arthur, ai vaincu Fatalis et le Mandarin, récemment j’ai été élu Premier Secrétaire de la Défense Américaine, j’ai même eu Mme Masque pour maîtresse. Mais voilà, malgré tout, il me manque quelque chose : je rêve de vous avoir pour amant !

- C’est impossible, Mr. Stark, dis-je, j’aime Hadrien, lui suis fidèle et suis comblé. Vous n’obtiendrez rien de moi, n’insistez pas.

- Je vous offre 10 millions de dollars, non imposables, si vous passez une nuit avec moi.

- Attendez un instant j’appelle le collège.

Une intense lumière m’éblouit soudain. J’entends une voix.

- Antinoüs, mon fils ! Mon élu ! Je t’ai choisi pour guider les hommes à l’aide des articles de ton blog, de tes scénarii, de tes pièces de théâtre, de tes nouvelles, de tes romans et de tes projets d’émissions télévisées pour France 5.

- Mais, Dieu, voyons, je ne peux pas : mon boulot de prof me prend tout mon temps et surtout toute l’énergie dont j’ai besoin pour pondre des conneries des textes littéraires.

- Donne ta démission. Ne t’inquiète pas pour l’argent. Je créditerai ton compte bancaire à volonté. Et puis, tu sais, les riches ont autant de chance de rentrer au paradis qu’un chameau de passer par le chas d’une aiguille.

- Bon, d’accord, dis-je, j’appelle le collège.

- C’est inutile, empoté ! Je te rappelle que je suis omnipotent.

Le téléphone sonne. « Allô, Antinoüs ? C’est Marguerite, la gardienne du collège. Je t’appelle pour que tu ne te déplaces pas inutilement : le collège à brûlé complètement. Tu es en congé exceptionnel à plein traitement. Les architectes ont des projets, mais le rectorat n’arrive pas à se décider. Il y en a bien pour quinze ou vingt ans avant que tu puisses retravailler. Tu n’es pas trop déçu ? »

Un commentaire de Lance sur mon blog : « Je t’écris au nom de tous tes visiteurs. Nous aimerions que tu te consacres totalement à ton blog, dont nous ne pouvons plus nous passer. Nous avons donc décidé de t’envoyer chacun 0,50 euros par mois pour que tu postes trois articles quotidiens six jours sur sept : nous sommes assez nombreux pour que tes revenus approchent la moitié du S.M.I.C. Je sais que ce n’est pas beaucoup, mais qu’en penses-tu ? » Ma réponse : « Bon, j’appelle le collège. »

Avez-vous remarqué le point commun à tous mes fantasmes ? Si oui, vous savez maintenant combien je suis ravi de retourner au collège dans moins de deux semaines (lire Sous le masque d’Antinoüs si vous êtes largués). Oh ! Ne vous méprenez pas : ce n’est pas l’effort qui me fait peur, je n’ai pas un poil dans la main ! Non, c’est seulement que, passé la trentaine, c’est les boules de se rendre compte qu’on passe à côté de sa vraie vocation lorsqu’on se rend au travail...

Je veux divertir les gens, les faire sourire, les faire rêver, leur raconter des histoires, les emmener avec moi dans mon imaginaire ! Mais, voilà, je fais travailler les propositions subordonnées à des ado que ça gonfle éperdument (comme je les comprends !).

Bon, si vous voulez que je vous envoie un R.I.B., pas de problème. Ensuite, j'appellerai le collège.

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Oui, oui, c’est moi !

par Antinoüs publié dans : Journal intime
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Mercredi 6 décembre 2006

Le mois de décembre est déjà bien entamé et, avec lui, est arrivé l’inévitable cortège des quémandeurs d’étrennes.

J’attends de pied ferme mon facteur. Celui qui ne monte jamais les recommandés et laisse un papier sur lequel est stipulé « absent » lorsque je suis chez moi, m’obligeant à me déplacer jusqu’à la Poste. Quand il passera, je laisserai un papier scotché sur ma porte : « absent, comme toujours » ; celui qui ne sait pas lire un nom et derrière lequel je suis obligé de refaire la distribution du courrier qui a échu indûment dans ma boîte, celui qui abandonne mon courrier dans les boîtes des voisins pour finir plus vite sa tournée ; mon facteur, qui est fonctionnaire, honorablement rémunéré et qui pourtant vient me refiler chaque année des calendriers hors de prix mettant en scène les sempiternels chatons dans des paniers en osier afin de pouvoir offrir des cadeaux de Noël à sa progéniture (excusez-moi, j’ai la larme à l’œil, je me ressaisis et je continue mon article).

Les pompiers, j’ouvre la porte. Ah, oui ! On ne déconne pas avec moi au sujet des pompiers ! Ce sont mes héros des temps modernes : mal payés compte tenu des risques qu’ils courent jour après jour, devant sacrifier leur vie privée à la moindre alerte, ils sacrifient aussi parfois leur vie tout court pour sauver celle des autres. J’ai eu deux fois affaire avec eux : la première pour un feu, la seconde pour ma voisine de 93 ans. Chaque fois, je suis resté béat d’admiration : ils foncent courageusement dans la fumée, enjambent des balcons vertigineusement haut, font preuve de flegme et même d’humour pour réconforter ceux qui sont effrayés ou qui ont mal. Ils me font penser à ces super-héros des comics Marvel : Spider-man, Captain America, Ben Grimm (la « Chose ») des Quatre Fantastiques. Désolé si la référence n’est pas hautement littéraire, mais venant de ma part, la comparaison est réellement un compliment.

Bref, le calendrier des pompiers, je le prends ! Bien qu’il soit moche. Bah si, il est laid le calendrier des pompiers, il ne met en scène que des drames (incendies, accidents de la route...) et/ou n’est composé que de photographies mal prises avec des yeux rouges (ah ? c’est à cause des flammes ?). Même pas bon à suspendre dans les toilettes. J’ai déjà essayé, la vision d’un enfant encastré dans une voiture retournée me constipe. Je suis sensible.

Les éboueurs, je ne sais pas s’ils ont un calendrier ou s’ils passent juste faire l’aumône, car je ne leur ouvre jamais. A cause de l’odeur.

Au final, le seul respectueux de mon intimité, parce qu’il ne vient pas sonner à ma porte, est mon gardien. Il se contente de mettre dans toutes les boîtes aux lettres le même carton impersonnel fraîchement sorti de son imprimante laser. Qu’il ne compte pas sur moi pour des étrennes qu’il irait ensuite dépenser en cartouches d’encres !

Vous, témoins de Jéhovah, vendeurs d’encyclopédies, sourds et muets, délinquants repentis, représentants du Secours Catholique et autres vampires de mon porte-monnaie qui me lisez, je vous préviens : j'ai piégé mon paillasson avec des mines anti-personnelles. Et parce qu’il est important de conserver l’esprit de Noël, je vous souhaite à tous par avance de joyeuses fêtes !

par Antinoüs publié dans : Journal intime
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